Spécial sécurité : Linux profite de la lenteur du boot de Windows

Tout au long du mois d’août, LeMagIT vous propose de découvrir en avant première des extraits de CNIS Mag, service d’informations en ligne sur la sécurité des systèmes d’information qui ouvrira en septembre. Au menu de cette édition : la mode (naissante) des systèmes Linux pour accéder rapidement aux fonctions de communication, le blog (embryonnaire) délivrant la bonne parole sur Windows 7. Et un exercice de prospective sur l'avenir de l'antivirus digéré par le cloud computing.

cnis logosnoirSommaire :

- Boot Windows, le meilleur ami de Linux 

- Windows 7, une seule voix, un seul regard

- Support Microsoft : un abonnement Premier dopĂ© 

- CheckPoint  : un firewall sans firewall

- FIPS, Hachage et signatures, le Nist planche 

- BientĂ´t du Mozilla sous Windows CE

- On achève bien les antivirus 

Boot Windows, le meilleur ami de Linux

PC World publie un article expliquant comment les nouvelles gĂ©nĂ©rations de machines pourront lancer des applications simples, sans nĂ©cessairement dĂ©marrer le système d’exploitation principal. C’est notamment, nous expliquent nos confrères, le cas du Dell Lattitude On, qui, outre l’architecture nĂ©cessaire Ă  l’exĂ©cution d’un Windows, intègre un processeur ARM et une mĂ©moire flash chargĂ©e avec un Linux Suse. Intel, pour sa part, invente le « remote wake Â», capable de sortir un ordinateur de son mode « veille Â» dès qu’un flux important est dĂ©tectĂ© sur l’un de ses ports Ethernet. Une sorte de Wake on Lan associĂ© Ă  un filtrage de protocole. Le but d’un tel perfectionnement est de faire rĂ©pondre prĂ©sent Ă  la machine en cas d’appel VoIP inopinĂ©.

On pourrait Ă©galement ajouter Ă  cette liste les projets d’Asus en ce domaine, projets qui consistent Ă  installer une sorte de « mini EEE » sur certaines cartes mères, afin que les fonctions de communication les plus courantes – VoIP, messagerie, I.M., navigation Web - soient accessibles sans qu’il soit nĂ©cessaire de lancer le système d’exploitation principal. Mieux encore, rappelons les travaux de Joanna Rutkowska pour le compte de Phoenix, laquelle, entre deux compromissions de machines virtuelles « for fun and profit Â», contribue au dĂ©veloppement d’une architecture matĂ©rielle et firmware capable d’exĂ©cuter deux noyaux concurrents : Hyperspace. Il s’agit d’un Linux allĂ©gĂ© (exĂ©cutant les mĂŞmes applications : email, VoIP, I.M., lecteur multimĂ©dia, prise de contrĂ´le Ă  distance…) exĂ©cutĂ© dans un contexte isolĂ©, parallèlement Ă  un Vista « toutes options confondues Â». Il est Ă©vident que le micro-noyau Linux dĂ©marre pratiquement instantanĂ©ment.

Vue sous un angle professionnel, cette arrivée d’un Linux gadget destiné à améliorer l’ergonomie des stations de travail n’est jamais qu’une sorte de come-back du terminal presque passif. Avec un navigateur, un téléphone IP, une ou deux applications bureautiques, une UA de messagerie et un mécanisme d’administration à distance, les fabricants d’ordinateurs ne font que commercialiser sous forme d’accessoire ce que Microsoft a tenté de vendre, il y a quelques années, sous le nom de poste allégé, Thin Client ou Terminal Intelligent.

Le marché grand-public, pour sa part, a nettement manifesté son intérêt pour des systèmes à démarrage rapide, capable d’exécuter les programmes les plus courants. Le succès de l’EEE et de ses clones le prouve chaque jour.

Discrètement, les Dell, Intel, Asus et autres Phoenix tentent de faire passer un message clair : on peut vivre sans Windows. Et très bien. Toute la question est de savoir si, et comment, Microsoft compte rĂ©agir. Rien n’interdit, si ce n’est un peu d’optimisation de code, de voir MS lancer un contre-feu Ă  coup de Windows CE intĂ©grĂ© dans les couches basses du matĂ©riel, voire Ă  l’intĂ©rieur d’une VM matĂ©rielle.

Windows 7, une seule voix, un seul regard 

Il fait parler de lui, le premier blog du msdn consacrĂ© Ă  Windows 7. AdministrĂ© et animĂ© par Jon DeVaan et Steven Sinofsky, ce fil d’information sera dupliquĂ© et traduit dans le monde entier, et devrait constituer la « seule source d’information fiable et officielle Â» relative au futur noyau Microsoft. La profusion de blogs plus ou moins indiscrets, plus ou moins contrĂ´lĂ©s, qui avait prĂ©sidĂ© au lancement de Vista est de l’histoire ancienne. VoilĂ  qui marque la fin des « fuites officielles Â».

Ceci n’est pas sans rappeler la mode des T-shirts. A une Ă©poque – il y a plus de 15 ans de cela -, il Ă©tait de tradition de voir fleurir sur le campus de Redmond des T-shirt arborant l’état d’avancement de tel ou tel projet. Cette folie vestimentaire Ă©tait telle qu’il se produisait parfois autant de chemisettes que de « builds intermĂ©diaires Â». Une simple visite dans une boĂ®te de nuit de Seattle renseignait les curieux avec une exactitude confondante qu’aurait pu envier n’importe quel espion industriel et qui rĂ©jouissait les journalistes.

Désormais – espère-t-on -, la seule voix de la vérité sera celle de Engineering Windows 7, dont la version française est d’ores et déjà opérationnelle.

Support Microsoft : un abonnement Premier dopĂ© 

A destination des grands clients MS pour qui le support Premier Plus ne suffirait pas, Microsoft propose dĂ©sormais un service « Premier Ultimate Â». MĂŞmes conditions d’assistance et d’accompagnement sur site et Ă  distance par un ingĂ©nieur dĂ©tachĂ©, mais avec une vision plus poussĂ©e de ce fameux accompagnement. DĂ©sormais, il sera possible de signer un contrat de service « proactif Â» pouvant s’étendre sur une durĂ©e de trois ans, et focaliser sur une catĂ©gorie de programmes adaptĂ©s Ă  l’entreprise cliente. Ce qui est franchement nouveau, avec cette offre, c’est que les appels Ă  l’assistance sont illimitĂ©s, Ă©liminant du coup les facturations horaires du service Premier.

CheckPoint  : un firewall sans firewall

Il s’appelle VPN-1 VE, pour Virtual Edition. C’est donc une demi-surprise que la sortie de cette version virtualisée du VPN de CheckPoint, devant servir à protéger les machines virtuelles sous ESX. Pour l’heure, cette édition se contente de sécuriser ce qu’il y a à l’intérieur de l’hyperviseur. La protection d’ESX dans son entier sera pour plus tard.

La disparition de la coquille Ă©lectronique ne signifie pas pour autant que les licences seront moins coĂ»teuses. Un « paquet Â» destinĂ© Ă  protĂ©ger 5 VM est vendu aux environs de 7500 $, et les licences actuelles de VPN-1 peuvent ĂŞtre converties en VPN-1 VE.

FIPS, hachage et signatures, le Nist planche 

Le Nist (National Institute of Standard and Technology amĂ©ricain) vient de publier les premiers brouillons des propositions de normalisation respectivement intitulĂ©s « Randomized Hashing for Digital Signatures Â» et « Recommendation for Applications Using Approved Hash Algorithms Â». Les documents sont consultables sur le site de l’Institut.

SimultanĂ©ment Ă  cette publication, le Nist signale l’approbation de FIPS 198-1 intitulĂ© « The Keyed-Hash Message Authentication Code Â» 

BientĂ´t du Mozilla sous Windows CE

Pour l’heure, Fennec, la version mobile du navigateur Mozilla, n’est disponible que sur les Nokia N8xx à l’état de préversion. Mais, nous promet Mark Finkle, une édition pour Windows Mobile est également en chantier.

On achève bien les antivirus

Passionnante prospective que celle que nous laisse entrevoir Laurent Picquepaille sur son blog techno-humaniste : les chercheurs de l’UniversitĂ© du Michigan travaillent sur une nouvelle approche de la chasse aux malwares, l’antivirus intĂ©grĂ© au Cloud Computing. Cette nouvelle gĂ©nĂ©ration de dĂ©sinfectant logiciel permettrait de conjuguer les efforts de plusieurs moteurs qui, accessibles par le truchement d’une liaison sur le rĂ©seau public, fourniraient une information plus solide Ă  l’usager.

Si l’on peut voir dans ce « nuage de sĂ©curitĂ© Â» une amĂ©lioration par union des compĂ©tences de chaque acteur de la protection pĂ©rimĂ©trique, il faut cependant rester prudent quant Ă  la mise en application d’une telle idĂ©e. Non seulement parce que prĂ©cisĂ©ment les outils de dĂ©fense sont situĂ©s en dehors du pĂ©rimètre Ă  protĂ©ger, mais en outre parce que cette procĂ©dure ajoute Ă  la fois une couche d’abstraction et une couche de communication qui, Ă  leur tour, peuvent apporter leurs lots de problèmes de sĂ©curitĂ©. S’ajoutent Ă  cette belle idĂ©e deux autres obstacles de taille : les questions de facturation d’un tel service d’une part, et les entraves psychologiques Ă  l’utilisation de ces outils. Car, comme dans le cadre de l’externalisation des ressources et des traitements au sein de datacenters, la dĂ©localisation des outils de sĂ©curitĂ© peut ĂŞtre ressentie par les DSI comme une dĂ©possession de certaines de ses prĂ©rogatives. Paradoxalement, les professionnels de la sĂ©curitĂ©, RSSI et CSO, pourraient bien y voir une manière de se dĂ©barrasser de l’une des plus ennuyeuses et des plus triviales fonctions de protection, ainsi qu’un moyen de formaliser contractuellement ce qui doit et ne doit pas dĂ©pendre d’une fonction antivirale.

Pour approfondir sur Gestion des accès (MFA, FIDO, SSO, SAML, IDaaS, CIAM)