Les entreprises françaises pas très TIC

« Seulement 15 % des entreprises emploient des personnels spécialisés en TIC ». C’est sans doute l’un des motifs qui expliquent la faiblesse de la pénétration des TIC dans les entreprises françaises mise en avant par un rapport de l’Insee.

L’institut d’études statistiques dresse un portrait peu technologique des entreprises de l’Hexagone qui utilisent plutôt moyennement l’informatique en back office et encore moins en front office, alors même que la plupart d’entre elles sont connectées à Internet en haut-débit. Comme il fallait s’y attendre, les progiciels de gestion intégrée demeurent l’apanage des grands comptes. Une pierre dans le jardin des éditeurs spécialisés qui s’emploient pourtant à séduire les PME avec des budgets marketing conséquents dédiés à cette cible. En vain semble-t-il. Si l’on adjoint aux grands comptes – tous pourvus - l’ensemble des entreprises de plus de 250 salariés, on se retrouve avec un taux de pénétration assez faible de 57%.

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Pas d’informaticiens dans 85% des entreprises

De fait, selon l’Insee, « s’équiper d’un progiciel de gestion intégré (PGI) relève pour une entreprise d’une décision stratégique importante. Le franchissement de cette étape pouvant se révéler complexe et coûteux, il signale une entreprise en passe d’utiliser pleinement le potentiel offert par les TIC. » Ce qui n’est pas vraiment le cas des entreprises de l’Hexagone.

Moins d’une entreprise sur six compte dans ses rangs un salarié spécialisé dans les technologies de l’information. Même en cas d’externalisation massive, c’est pourtant la clé d’une utilisation performante. Pire, si l’on excepte les secteurs directement concernés (les SSII et les télécoms avec respectivement plus de la moitié et 14% d’informaticiens dans leurs rangs), les effectifs dévolus à la gestion des TIC sont moins de 7% dans les entreprises qui en ont.

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La GRC peu employée

Dans la même veine, à peine une entreprise sur deux (45 %) dispose d’un système informatique de gestion de commandes pour les achats ou les ventes. Quant aux outils de gestion de la relation clients, 14% seulement des entreprises de plus de 10 salariés en disposent. Avec un niveau de pénétration de 63%, ils sont surtout l’apanage des institutions financières.

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De l’Internet… mais pas de présence web

Et ce retard au niveau du back office se retrouve en front office. Si pratiquement toutes les entreprises de plus de dix salariés sont reliées à l’Internet, essentiellement par haut débit, « les entreprises françaises s’affichent en moyenne moins sur le web que les autres entreprises européennes », selon l’Insee. Ainsi, du huitième rang continental en termes de connexion (devant notamment l’Allemagne, le Royaume-Uni et même la Suède), la France se place 19e en termes de dotation en site web d’entreprises ! Et encore il s’agit dans la plupart des cas de présenter la société, seuls 10% des entreprises proposant la possibilité d’acheter en ligne. Récemment nommé Secrétaire d’Etat en charge du développement de l’économie numérique, Eric Besson a du pain sur la planche…
Internet sert donc essentiellement à deux fonctions : répondre aux marchés publics et gérer ses comptes bancaires, et les extranets, permettant une relation informatisée avec ses partenaires, sont surtout le fait des grands comptes, notamment dans les secteurs financier et informatique.

La France ne produit déjà pas de champions technologiques nationaux ou se les fait racheter. Et on voit que les usages professionnels peinent toujours à se développer. De rapports en commissions tout ce que le pays compte comme oracles promet pourtant que l’avenir est aux échanges numériques, que le système d’information est au cœur de l’économie de la connaissance elle même au cœur de l’économie tout court.

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