Stuxnet : une attaque israëlo-américaine contre l'Iran, soupçonne le New York Times

Selon le New York Times de dimanche, l'attaque par le ver Stuxnet est le fruit des efforts conjoints d'Israël et des Etats-Unis pour freiner le programme nucléaire de l'Iran.

Selon le New York Times de dimanche, l'attaque par le ver Stuxnet est le fruit des efforts conjoints d'Israël et des Etats-Unis pour freiner le programme nucléaire de l'Iran. Citant des sources anonymes issues des services secrets et de l'armée, le quotidien explique que le virus a été testé dans le complexe ultra-secret de Dimona, situé dans le désert du Neguev (où Israël mène son propre programme nucléaire), pour vérifier sa capacité à contaminer des centrifugeuses du type de celles qu'exploite l'Iran pour enrichir son uranium dans le centre de Natanz. Le quotidien précise toutefois que le mode de développement de Stuxnet, ainsi que ses auteurs, restent inconnus à ce jour.

En novembre dernier, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait reconnu que Stuxnet avait créé des problèmes dans le programme national d'enrichissement d'uranium, tout en précisant que ces difficultés étaient alors résolues. Selon les sources interrogées par le New York Times, un cinquième des centrifugeuses aurait été mis hors service par Stuxnet. Le chef du Mossad, Meir Dagan, qui prend sa retraite ces jours-ci, a expliqué devant la Knesset qu'en raison de difficultés techniques, l'Iran ne serait certainement pas à même de construire sa bombe avant 2015. "Le plus important facteur expliquant ce rallongement des délais sur l'agenda nucléaire iranien semble être Stuxnet, la cyber-arme la plus sophistiquée déployée à ce jour", écrit le New York Times, qui explique que les experts en sécurité qui ont décortiqué le virus ont mis en exergue sa complexité et son ingéniosité, comme nous l'avions mentionné dans nos propres colonnes.

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Stuxnet constitue un «usage de la force» Les auteurs de Stuxnet, qui a temporairement miné les efforts iraniens en matière d’enrichissement de l’uranium, se sont-ils placés dans l’illégalité ? En tout cas, selon les auteurs du manuel de Tallinn, cela ne fait pas de doute : Stuxnet constitue un «usage de la force ». Ce récent document, sorte de premier code de la cyberguerre, définit en effet ainsi tout «acte qui tue ou blesse des personnes ou détruit ou endommage des objets ». Interrogé par nos confrères du Washington Times, Michael N. Schmitt, l’un des auteurs du manuel, relève que, «selon la charte des Nations Unies, le recours à la force est interdit, sauf en cas de légitime défense ». Mais lui et les autres auteurs du manuel ont divergé quant à savoir si les effets de Stuxnet étaient suffisamment sévères pour constituer «une attaque armée», légitimant justement le recours défensif à la force de la part de l’Iran.

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