SSII : le prix des prestations repart à la hausse

Difficile de prévoir jusqu'où ira la hausse. Mais selon les relevés de Pierre Audoin Consultants, les conditions sont réunies pour que le prix moyen de la journée de prestation soit réévalué cette année.

« Après une année 2010 où les prix des prestations ont été maintenus à un niveau stable mais bas, les utilisateurs sont conscients qu'il leur faudra faire des concessions en 2011 afin de préserver la qualité des projets », avance Simon Philibert, analyste senior de Pierre Audoin Consultants (PAC). Un constat qu'il fonde sur l'évolution du nombre des donneurs d'ordre qui pensent contribuer à cette hausse des tarifs.

Pour sa sixième édition (annuelle), l'Observatoire des prix de PAC qui compile les taux journaliers moyens (TJM) pratiqués sur le marché pour une trentaine de profils d'informaticiens de divers niveau d'expérience, reflète une nette progression de ceux qui les voient à la hausse (plus du tiers des réponses) et une régression de ceux qui les voient en baisse. Le «solde d'opinion» étant de 24% en 2011, là où en 2010, il n'y avait que 4% d'écart entre les opinions « à la hausse » et les opinions « à la baisse » (voir schéma ci-dessous).

Cette observation ne préjuge en rien de l'ampleur de l'augmentation, tant elle peut varier d'un profil à l'autre. Elle est forcément plus visible sur les profils les plus recherchés. Exemple? «Les développeurs d'applications mobiles dont le taux journalier moyen est de 5 à 10% supérieur à la moyenne», signale Simon Philibert. Et encore! «Cela dépend de qui achète, pour quel projet, et qui vend, les grandes SSII étant en meilleure position de négocier qu'un petit acteur sur ce marché».

A l'opposé, sur les profils plus banalisés, l'observation des prix tend à confirmer la prise en compte et «une meilleure appréciation» (selon PAC) des économies réalisables à l'offshore. « De leur côté, les SSII font face à la pression sur les prix en embauchant prioritairement des juniors, afin de préserver leurs marges», ajoute Simon Philibert.

Tout juste peut on constater que, d'un point de vue macro-économique, «ça remonte très doucement», comme le note l'analyste. Avec notamment, une atténuation du différentiel de prix entre Paris et la Province. Entre autres raisons à cette modération, l'implication des fonctions achats qui, avec la crise, s'est affirmée avec un pouvoir de décision prédominant y compris dans l'achat des prestations informatiques, jusque là pré-carré des DSI. Signe aussi, selon cet analyste, « d'une certaine maturité du marché, avec un début d'équilibrage entre ces deux types d'acteurs, aux intérêts souvent opposés ».

La notion de retour sur investissement devient prioritaire. «Tout au moins dans les discours », concède Simon Philibert. Et dans ce contexte, les prestataires ont tout intérêt, selon lui, à miser eux aussi sur la maturité du marché, en ne négociant plus seulement en termes des prix, mais en partant d'un engagement autour d'un projet, d'une amélioration des performances pour l'entreprise-cliente ou d'un processus. « Ce qui permet d'une part de vendre plus cher la prestation, d'autre part de motiver l'équipe en donnant du sens à leur implication». Idéaliste ? Ne serait-ce pas aussi l'évolution du business model des SSII qui est pressentie avec l'essor des offres « à la demande »? (voir l'article: Les prestataires doivent s'habituer à l'idée de ne plus vendre du jour-homme).


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