Bull traverse 2009 sans vraiment trembler, mais reste prudent pour 2010

Porté par la bonne performance de son activité matérielle, notamment dans le calcul hautes performances, mais également par la résistance de son activité de services, Bull signe un crû 2009 quasi-stable. Mais ne voit pas de reprise réelle avant la seconde moitié de 2010.

Longtemps résistant à la crise, Bull a été secoué au troisième trimestre (- 8 %), mais redresse la barre en fin d'année. A 330,1 M€, le chiffre d'affaires du quatrième trimestre recule de 3,3 % sur un an. Dans cet ensemble, les services affichent toutefois un repli plus marqué : à 136,4 M€, ils sont en décroissance de 4,8 % sur un an, contre une décélération de seulement 1,8 % au cours du trimestre précédent. Si la maintenance est relativement stable (à 50,2 M€) et si Bull poursuit son désengagement de l'activité de distribution, le trimestre est essentiellement porté par l'activité serveurs et solutions. A 121,3 M€, cette division progresse de 5,2 %. Joint au téléphone, Didier Lamouche, Pdg de Bull, explique également que les prises de commandes sont en hausse de 19 % au dernier trimestre, avec notamment des signatures dans le calcul hautes performances pour le secteur de la défense en France, mais aussi en Grande-Bretagne.

Cloud : Bull prêt à profiter du Grand Emprunt
700 M€ pour construire les "grandes centrales numériques du futur" (comprendre des datacenters). Dans le débat sur le Grand Emprunt, les idées de Bull, qui avait milité pour ce projet, ont été entendues. Reste que, pour l'heure, la répartition de cette enveloppe et les modalités d'investissement entre argent public et argent privé restent floues. Didier Lamouche, Pdg de Bull, espère une première vague d'allocation de budgets après l'été.
En propre, le groupe prévoit d'investir entre 150 et 200 M€ sur cinq ans pour développer une offre de cloud computing. Avec, notamment, la construction d'un nouveau datacenter en région parisienne, dont les travaux doivent commencer ce mois, selon Didier Lamouche. "Nous allons nous focaliser sur des offres de puissance et de calcul haute performance à la demande, sur des modèles de cloud privé", précise Didier Lamouche.
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Sur l'ensemble de l'année, le groupe a dégagé un chiffre d'affaires de 1,1 milliard d'euros, soit une baisse de 1,8 % par rapport à 2008 (- 0,9 % à taux de change constant), pour un résultat net de 1,4 million d'euros. Sur ce que Bull baptise ses "activités cœur", autrement dit hors revente de produits tiers (qui ne pèse plus que 7 %), le chiffre d'affaires progresse toutefois légèrement (+ 0,3 %). Une performance largement due à l'activité serveurs et solutions (357,7 M€), qui progresse de 5,8 % (mais de 0,8 % seulement à périmètre constant, du fait du rachat de l'Allemand science + computing). Bull fait notamment état de la signature de deux contrats majeurs dans le calcul haute performance. Le premier avec le pétrolier brésilien Petrobras, 250 Tflop. Le second avec l'institut de recherche allemand Forschungszentrum Jülich, 200 Tflop. Selon Didier Lamouche, le segment du calcul hautes performances (Extreme Computing en jargon Bull) a crû d'environ 50 % en 2009. Le Pdg ajoute que le groupe prévoit, sur ce segment, le lancement de deux nouveaux systèmes en 2010, qui vont positionner Bull sur le très haut de gamme.

Prudence pour le premier semestre

De leur côté, les services sont en léger recul (- 2 %), à 483,2 M€, mais cette décroissance résulte largement de la cession d'une activité aux Etats-Unis (Medicaid). Dans cette activité, Bull affiche sur l'année une marge opérationnelle de 14,9 % (- 0,5 point sur un an), qui reste largement au-dessus de la moyenne de la profession. "Ce qui soutient notre activité, ce sont avant tout les grands contrats d'infogérance, comme celui signé avec Paperlinx (un groupe néo-zélandais pour lequel Bull assure la gestion des infrastructures en Europe, NDLR), ou les grands contrats d'intégration complexe, comme celui de Chorus (progiciel comptable de l'état, dont la v4 est entrée en production début 2010, NDLR)", explique Didier Lamouche.

Le groupe n'anticipe toutefois pas de reprise économique avant le second semestre 2010. Dans un environnement qualifié de "difficile sur le court terme", l'objectif d'excédent brut d'exploitation sera compris entre 35 et 40 millions d'euros pour l'exercice 2010 (contre 27,6 M€ en 2009), y compris les apports d'Amesys.

2010 : priorité à l'intégration d'Amesys

Rappelons, en effet, qu'à compter du 1er janvier 2010, le périmètre du groupe évolue sensiblement, avec l'intégration d'Amesys (850 personnes env.), spécialiste des systèmes critiques sécurisés et propriété de Crescendo Industries. Ce rachat se traduit, sur le plan opérationnel, par la création d'une nouvelle division, baptisée Sécurité et systèmes critiques, "dirigée par l'équipe d'Amesys et dont les activités d'Amesys sont le socle", précise la société dans un communiqué. Rappelons qu'Amesys avoisinait les 100 millions de chiffre d'affaires en 2009, avec une marge opérationnelle voisine de 10 %. Sur le plan actionnarial, Crescendo Industries devient l'actionnaire de référence de Bull, avec une participation proche de 20 %.

Dans nos colonnes, Didier Lamouche, Pdg de Bull, expliquait, au moment de ce rachat : "les technologies d'Amesys ont, à la base, été développées pour la défense. Mais elles touchent désormais des secteurs comme les transports, les télécoms ou la sécurité intérieure des états (ou Homeland security, en jargon, NDLR). C'est cette convergence qui m'a intéressé. Bull opère aujourd'hui dans le traitement de l'information en différé et dans son analyse. On achète une entreprise positionnée sur la capture du signal en temps réel, donc sur l'amont. L'idée étant évidemment de bâtir des offres de bout en bout." L'objectif fixé par le groupe est de doubler le chiffre d'affaires actuellement réalisé par Amesys en 5 ans. "Notre priorité pour 2010 sera de réussir rapidement l'intégration comptable et commerciale d'Amesys. Ainsi que de fusionner nos offres", précise aujourd'hui Didier Lamouche.

En complément :

- Didier Lamouche, Bull : "construire des offres de bout en bout, du capteur au décisionnel"

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