La fiabilité de l’avionique mise en cause sur un Airbus A330 de Qantas

Selon l’édition néozélandais de Stuff, le bureau australien de la sécurité aérienne vient de mettre en cause l’informatique embarqué d’un Airbus A330 de la compagnie aérienne Qantas dans le cadre d’une enquête sur un incident qui s’est produit en vol le 7 octobre 2008, au-dessus de l’océan Indien. 110 passagers et 9 membres d’équipage avaient été blessés.

Nos confrères rappellent que l’incident s’est déroulé en pleine nuit, alors que l’appareil volait à 37 000 pieds d’altitude : «un capteur mesurant vitesse par rapport à l’air, altitude, pression de l’air, température et incidence [angle de l’avion par rapport au vent lui faisant face, NDLR] a fourni des données erronées aux calculateurs de vol », indiquent-ils, citant le travail des enquêteurs. L’un des trois tubes Pitot, qui mesure la vitesse de l’appareil par rapport à l’air - une donnée essentielle -, aurait notamment fourni des données incorrectes, par intermittence.

Le pilote automatique se serait ainsi déconnecté avant que ne retentissent toutes sortes d’alertes dans le poste de pilotage et que l’appareil ne commence à plonger. Une descente brutale de 690 pieds - 210 mètres - en 23 secondes, suivie d’une seconde, de 400 pieds - 121 mètres - en 15 secondes. Parmi les blessés, 39 personnes ont dû être conduites à l’hôpital, dont 12 grièvement blessées. 

Pour les enquêteurs, «le mode de repli [programme de secours en cas de perte des données de vol, NDLR] a probablement été déclenché par un événement unique, rare, combiné à une susceptibilité marginale à ce type d’événement au sein du matériel du module CPU ». Selon nos confrères, les enquêteurs ont notamment identifié un défaut dans l’algorithme, empêchant le calculateur de «faire face à aux données erronées provenant du tube Pitot défaillant ».

Un cas unique, selon les enquêteurs australiens qui précisent qu’Airbus a procédé à une mise à jour logicielle en novembre 2009 pour corriger ce défaut.

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