L’OSI se modernise en s’ouvrant aux entreprises et aux institutions Open Source

L’Open Source Initiative a décidé de modifier sa participation dans l’éco-système Open Source en y jouant une pièce centrale. Ouverture aux entreprises, liens avec les autres institutions Open Source, gouvernance calquée sur le modèle Apache, l’OSI table sur la légitimité de sa marque pour devenir un interlocuteur privilégié de l’Open Source.

L’Open Source Initiative veut donner un nouveau sens à sa mission. L’institution, fondée dans les années 90 par Eric Raymond et qui était jusqu’alors le garant de l’identité et de la validité des licences Open Source, a décidé d’élargir son champ d’application et de s’ouvrir à d’autres membres. Des membres d’organisations Open Source d’abord, mais également d’entreprises, dites commerciales. Un grand chambardement interne en matière de gouvernance. Simon Phipps, patron de l’institution - et ancien patron de l’Open Source chez Sun - , a présenté son programme de modernisation lors de Open Source Business Conference, qui se tenait à San Francisco, la semaine dernière (lors d’une conférence intitulée “A New OSI for a New Decade: Rebooting the Open Source Initiative”).

Valoriser la marque OSI

Selon nos confrères de The Register, qui citent Simon Phipps, “la première partie de la mission de l’OSI est désormais terminée, l’Open Source est bien une affaire mondiale et occupe une position dominante sur le marché. Il est désormais temps de passer une autre forme de soutien”. Et justement, ce soutien à venir, qui doit venir “rebooter” l’OSI, passera inévitablement par l’ouverture aux membres. Pour Cédric Thomas, président du consortium Open OW2, il est évident que l’OSI a mené à bien sa mission et que la consolidation des licences est bien effective. Longtemps pointée du doigt pour la multiplication des licences, “l’OSI est parvenue à limiter le choix des développeurs à une dizaine, en dépit d’une centaine disponibles”, commente-t-il. Reste que, désormais, l’OSI doit capitaliser sur sa légitimité en la matière, explique-t-il : “cette consolidation change le contexte opérationnel de l'OSI. Le travail sur les licences Open Source est largement derrière nous.  Aujourd'hui, le principal actif de l'OSI, c'est la marque OSI, c'est une marque que le nouveau board essaie de valoriser.”

Dès juillet, l’OSI accueillera ainsi de nouveaux membres d’organisation Open Source, comme la Linux Foundation (citée par Phipps). Un rapprochement qui pourtant semblait déjà dans les lignes directrices du nouveau patron : en janvier dernier, l’OSI et la Free Software Foundation avaient décidé d’unir leurs forces pour porter l’affaire du rachat des brevets de Novell par CTPN Holdings (un consortium réunissant Microsoft, Apple, EMC et Oracle) devant la justice américaine. Une lettre commune avait été expédiée au DoJ pour lui demander d’enquêter sur le rachat, potentiellement nuisible, selon eux, à la concurrence et à l’Open Source. A l’époque, ce lien dans l’Open Source avait été qualifié de première. En ouvrant sa gouvernance à d’autres membres, l’OSI pourra ainsi intervenir “comme un porte-parole de l’Open Source et comme un point central auprès des agences gouvernementales”, explique encore Phipps.

“Parmi ces organisations tierces, il y a celles qui fournissent l'accastillage juridique comme la FSF, le SFLC et l'OSI. Le rôle de l'OSI comme arbitre des licences open source complète celui de la FSF (qui "gère" les licences GPL)”, commente Cédric Thomas.

Un soutien financier par les membres

L’ouverture aux entreprises, qui devrait être active lors de l’Open World Forum en octobre, quant à elle, viendra notamment extraire l’OSI d’une logique essentiellement basée sur le volontariat. “L'ouverture aux entreprises, qui paieront une cotisation, va permettre de mettre en place une structure permanente plus conséquente. Avec plus de moyens, l'OSI pourrait élargir son champ d'action et se faire plus influent”, souligne le patron d’OW2.

Surtout, cette ouverture devrait également donner un coup de jeune à l’organisation, en proie à un vieillissement certain. “Le logiciel n'est qu'un des domaines dans lesquels l'OSI peut intervenir. L'OSI est inaudible sur la problématique du libre dans les domaines des données et du cloud computing par exemple. L'OSI aurait aussi pu être plus présente le domaine du lobbying, notamment en direction des administrations et des grands groupes. Cela ne s'est pas fait ; par négligence stratégique ou par manque de moyens, un peu des deux sans doute”, explique-t-il.

Restera alors à l’OSI à mettre en place son nouveau modèle de gouvernance. Un modèle qui se veut calé sur celui de la fondation Apache et du consortium OW2 et qui devrait placer entre les mains des prochains nouveaux membres les futures orientations de l’institution.

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