Plan social Oracle : les consultants ERP ciblés, le volontariat encouragé

250 postes. C’est l'amputation qu'Oracle entend faire subir à ses effectifs français, principalement dans le domaine du consulting ERP. Pour cela, l’éditeur mise largement sur le volontariat. Le processus est encadré par un accord de méthode conclu début septembre. Mais le projet partage les salariés entre opportunisme et déception à l'égard d'un éditeur qui continue à financièrement bien se porter.

Fin juin, sur son blog, la CFDT indiquait que « la situation économique ne fait l’objet d’aucune alerte en comité d’entreprise, ni mesures d’anticipation des emplois présentées en comité d’entreprise. » Quelques jours plus tard, le couperet tombait : Oracle se sépare de 250 personnes, en France, sur un effectif total de 1 600. Déjà, à l’époque, les activités applicatives autour des ERP étaient suspectées d’être majoritairement visées. Une perspective aujourd’hui confirmée.

Se recentrer sur son cœur de métier

Si le détail des populations de salariés concernés est encore confidentiel, il est aujourd’hui clair que l’activité de consulting autour des ERP sera la plus touchée. De source syndicale, on évoque le « ralentissement des cycles de projets ERP. » Et une activité de conseil qui « n’est pas le cœur de métier » d’Oracle ; cette activité n’étant finalement que « le bras armé » d’autres branches plus cruciales, la vente de licences et la maintenance. La direction d’Oracle France semble donc dans une logique consistant à laisser à des tiers, comme des SSII partenaires, le soin de développer des offres de service sur la base des logiciels de l’éditeur. Un point qui n’est néanmoins pas totalement clarifié : « ces questions [sur les orientations stratégiques] font partie de nos interrogations », confirme une source syndicale.

Encadrer les départs volontaires

Pour dégraisser ses effectifs, Oracle France semble avoir clairement misé sur le volontariat. Le blog de la CFDT Oracle détaille l’accord de méthode conclu entre trois syndicats et la direction le 4 septembre dernier. Au programme : 15 000 euros de soutien financier à la création ou à la reprise d’entreprise, sur 2 ans ; de 9 000 à 11 000 euros pour la formation d’adaptation ; 25 000 euros pour la formation de reconversion. Auxquels s’ajoute la possibilité d’un congé de reclassement de 8 mois, payé après le préavis à hauteur de 65 % du salaire brut de référence, ou encore celle d’un congé sabbatique – « une façon pour certains qui voudraient partir vite de ne pas démissionner et de postuler à un départ volontaire. »

Mais si Oracle semble ainsi vouloir clairement encourager les départs volontaires, l’éditeur veut en même temps s’assurer que les candidats ne seront pas trop nombreux. C’est un cabinet de conseil en outplacement qui se chargera de l’encadrement du processus. Il devra en particulier qualifier les projets présentés par les candidats au départ, avec notamment un critère portant sur la maturité des projets.

Le comité d’entreprise doit encore finaliser la négociation entamée avec la direction.

Premières déceptions

Sur le blog de la CFDT Oracle, les commentaires montrent un état d’esprit très divers, dont il est difficile de dégager un courant majoritaire. Néanmoins, une part importante de commentateurs exprime clairement un certain dépit. Notamment vis-à-vis du contexte dans lequel ces suppressions de poste sont programmées alors qu’Oracle continue de bien se porter. Les moyens proposés par l’éditeur sont également critiqués – notamment au regard des résultats financiers [bénéfice net de 1,12 Md$ eu dernier trimestre de l’exercice fiscal en cours, NDLR] ou de plans sociaux précédents (BEA est notamment cité). Individuellement, certains salariés voudraient pouvoir profiter du plan de départ volontaire sans projet entrepreneurial – « j’ai 40 ans et mon projet est de rester à la maison, puis-je bénéficier du plan social ? », écrit un commentateur. Surtout, la prise en compte de « critères sociaux » pour « la détermination de l’ordre des licenciements en cas de départs contraints » – s’il n’y a pas assez de volontaires – fait clairement grincer des dents : « il me semble que licencier une personne célibataire, qui donc par définition n’a qu’un salaire au foyer fiscal pour vivre, la fragilise de façon conséquente », relève ainsi un salarié.

Prochain rendez-vous le 13 novembre

Les candidatures au départ volontaire pourront être déposées entre le 23 octobre et le 13 novembre prochains. Les premiers départs sont prévus pour le 19 novembre. Déjà, certains syndicats affichent une satisfaction mesurée : celle d’avoir pu « pour la première fois », signer un accord de méthode - qui devrait éviter « un grand nombre de litiges juridiques et de fortes tensions au sein de la société » -, ou encore d’avoir pu négocier la définition de catégories professionnelles très larges (comme la simple catégorie de consultant, sans plus de précision, NDLR). Des progrès largement attribués au nouveau directeur des ressources humaines, , Pierre Farouz, arrivé chez Oracle au mois d’avril. Ce dernier a notamment supervisé plusieurs plans sociaux chez HP, avant de quitter le groupe en mars 2006.

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