Grippe A/H1N1 : les SSII se préparent au risque de fort absentéisme

Sans vouloir paraître alarmistes, mais conscientes du risque pandémique, les SSII se préparent à un automne compliqué. Septembre et octobre devrait être les caps critiques de la pandémie grippale du virus A/H1N1 et l’absentéisme pourrait atteindre les 40%, selon les projections des pouvoirs publics qui tablent sur une moyenne de 25%. Reposant essentiellement sur les hommes et contraints à la continuité d’activité, les services informatiques sont particulièrement exposés au risque. Exemple de préparation type avec GFI.

Il n’y a pas que les écoles qui se préparent au risque de pandémie lié à la propagation du virus grippal A/H1-N1. Quelques SSII se sont décidées à prendre le taureau par les cornes et ont déployé leur propre plan de continuité des activités (PCA). Pour les plus grosses, il s’agit d’adapter des plans déjà mis en place auparavant. Mais les groupes de taille moyenne doivent réagir, parfois pour la première fois, au risque pandémique. Parmi les plus importantes à avoir ainsi emboîté le pas à l’Education Nationale – dont le plan était présenté mardi dernier – GFI a vu les choses en grand en créant une Cellule Centrale Pandémie. Objectif : protéger les salariés mais, surtout, maintenir le niveau d’activité le plus élevé possible. Pour ce faire, trois plans ont été définis : un PCA spécifique aux services de support ; un PCA propre aux unités opérationnelles « devant elles-mêmes mettre en place des PCA par client, voire par projet si la situation l'exige » ; et enfin un plan de communication « à l'attention des collaborateurs, des clients et des fournisseurs via le web, l'Intranet, la base de données interne, et les envois mensuels postaux habituels ».

A/H1N1 : un virus très contagieux, mais pas des plus puissants
Dans le cadre de l’épidémie actuelle, la transmission se fait de la même manière qu'avec la grippe saisonnière, par la voie aérienne (via la toux, l’éternuement, les postillons), par le contact rapproché avec une personne infectée par un virus respiratoire (lorsqu’on l’embrasse ou qu’on lui serre la main), par le contact avec des objets touchés et donc contaminés par une personne malade (exemple : une poignée de porte). Les symptômes de la grippe A/H1N1 chez l’homme sont, dans la majeure partie des cas, les mêmes que ceux de la grippe saisonnière : fièvre, courbatures, toux et fatigue notamment.
Selon le bulletin épidémiologique publié sur le site mis en place par le gouvernement, au 25 août, la France faisait état de 2 décès de malades porteurs du virus A (H1N1) ; de 118 épisodes de cas groupés ; et de 11 cas graves. L’épidémie touche actuellement de plein fouet les départements et territoires d’outre-mer, notamment dans le Pacifique et l’Océan Indien. Au 25 août, 4 500 cas ont été recensés pour la France. Le risque pandémique en métropole devrait atteindre son pic durant les mois de septembre et d’octobre. Une vaste campagne de vaccination est prévue par le gouvernement dès lors qu'un vaccin sera disponible.
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Un gros effort de communication

Une communication d’autant plus nécessaire que, « à partir de juin, mais surtout tout au long du mois de juillet, on a répondu à de nombreux clients – plus d’une dizaine de courriers chaque jour – qui demandaient à être rassurés sur notre capacité à maintenir leur informatique en cas de risque pandémique, » explique Marie-Laurence Carle-Empereur, DRH de la SSII et coordinatrice nationale du plan de continuité lié à la pandémie. Au niveau interne, le groupe a surtout insisté « sur les précautions à prendre et sur la mise en place d’une liste claire de contacts susceptibles de répondre aux différents problèmes posés par la pandémie. L’idée, c’est bien sûr d’aider nos collaborateurs à titre personnel, dans leur organisation vis à vis du travail, mais également dans leurs relations avec les clients. Concernant la communication le gros de l’effort va porter sur les jours qui viennent avec, notamment, une note d’information spécifique adressée à tous les salariés avec leur prochain bulletin de paie. La semaine prochaine, nous avons également prévu une réunion avec les différents comités d'hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) et, enfin, mi-septembre un comité central d’entreprise sera quasiment exclusivement consacré au risque pandémique. »

Le risque : jusqu’à 40% d’absentéisme en pic de pandémie

Au-delà de l’animation à partir des activités des ressources humaines, le plan de GFI repose surtout sur la capacité à faire face à un fort taux d’absentéïsme. « A partir des éléments fournis par l’OMS (organisation mondiale de la santé), les chercheurs du CNRS et le gouvernement, on a établi notre plan sur un modèle portant sur 30 à 40 % d’absence sur trois semaines en pic de pandémie, et sur 15 à 20 % d’absentéisme durant 9 semaines sur une période périphérique. » précise Marie-Laurence Carle-Empereur. « Au-delà, il semble difficile d’avoir une vision, surtout que, dans nos métiers, on ne peut pas réellement établir des règles génériques, les actions à mettre en œuvre dépendant souvent de la spécificité de chaque client. Du coup, on a projeté unité par unité puis en fonction des spécificités de chaque client. »

Directeur de la qualité chez GFI et en charge de la veille qualité dans le cadre de la cellule centrale de gestion mise en place pour la pandémie, Jean-Paul Vaurs précise que « l’idée, c’est de pouvoir éventuellement déplacer les effectifs, que ce soit vers du télétravail ou vers d’autres sites. Nous sommes en train d’achever le recensement des effectifs ayant les moyens nécessaires en matière de mobilité, sachant que l’important est finalement plus dans la détection et dans la localisation des foyers d’infection que dans le nombre de personnel touché. »

Un coût potentiel non négligeable

Reste un point d’interrogation : qui supportera le coût de l’opération ? Selon Marie-Laurence Carle-Empereur, il y a bien sûr un investissement non négligeable. Du coup, « le plan a été présenté aux clients par l’intermédiaire de nos commerciaux. Ces derniers discutent du surcoût et du meilleur moyen de l’amortir sachant que le risque pandémique qui s’impose à nous n’est pas compris dans le coût de base de nos différentes prestations. » La situation est d’autant plus compliquée que le compte client est petit et donc moins préparé. Reste que, selon Jean-Paul Vaurs, « du côté de nos clients, on est sur un mode coopératif. Les grands-comptes ont déjà mis en place leur plan et on respectera les mêmes processus. Le problème est plus compliqué concernant les PME. A ce niveau, on a prévu de faire de l’accompagnement au fur et à mesure via les informations qui seront remontées par nos commerciaux. On se placera plus en assistance. »

En avril, au début de la pandémie planétaire de virus grippal A/H1-N1, la Banque Mondiale estimait à 3 000 milliards de dollars le coût total pour l’économie en se fondant sur le précédent de la grippe de 1918.

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