Infogérance de Carrefour : IBM doit transformer les systèmes du distributeur

Accompagner Carrefour dans la mise en place d'un nouveau SI logistique et renforcer la virtualisation des infrastructures : telles seront les premières missions d'IBM sur le contrat d'infogérance Carrefour. Les infrastructures du distributeur vont également déménager dans la paire de datacenters de Big Blue, à Montpellier. Surtout, ce contrat semble avoir un rôle à jouer dans le plan d'économies décidé fin juin par le nouveau patron du distributeur.

panoramique montpellier dual site grabels janvier 2009

Dévoilé début juillet, le contrat d'infogérance d'infrastructures signé entre Carrefour et IBM (180 M€ sur 5 ans) dévoile quelques-uns de ses détails. Nicolas Sekkaki, directeur général d'IBM Global Technology Services, explique que l'enjeu de ce contrat réside avant tout dans la transformation des SI du distributeur. Le contrat couvre tant l'hébergement des infrastructures de Carrefour France que l'exploitation des applicatifs, les études et la maintenance étant toujours gérées soit par le donneur d'ordre, soit par ses sous-traitants.

Big Blue hébergera les infrastructures du grand compte dans ses datacenters de la région de Montpellier, où IBM possède deux implantations reliées par fibre noire, depuis l'inauguration début 2009 d'un second centre de données à Grabels (site au nord-ouest de Montpellier, en photo ci-dessus). "Le déménagement des infrastructures de Carrefour aura lieu dans les mois qui viennent, sur la base d'une architecture cible afin de ne transporter que le strict nécessaire", détaille le dirigeant d'IBM France. Les équipements étaient jusqu'à présent hébergés dans des datacenters de Capgemini.

Un nouveau back-office pour la logistique

sekkakiIBM devra surtout accompagner la mise en production du nouveau back-office logistique de Carrefour (associé à un ambitieux objectif de réduction des stocks) et assurer la transition entre le système en place et son successeur. "On travaille sur des sujets d'architecture. Notamment sur la façon de mettre en place le nouveau SI sans multiplier les coûts par deux", explique Nicolas Sekkaki (en photo ci-contre). Même si, selon lui, la réduction des coûts n'est pas l'enjeu central du contrat, juste "un élément de l'équation". L'autre évolution de l'architecture réside dans la généralisation de la virtualisation, une voie dans laquelle s'est déjà engagé partiellement Carrefour.

Vers une extension du contrat ?

Si Nicolas Sekkaki refuse d'en dire plus sur l'évolution du contrat, notons tout de même que l'annonce de la signature entre le prestataire et le distributeur suit de quelques jours la présentation du plan stratégique de Lars Olofsson, le nouveau patron de Carrefour. Y figurent une série de mesures d'économies dont une portant sur la simplification des structures du groupe en "mutualisant" certaines fonctions des quatre principales implantations de Carrefour (France, Espagne, Italie, Belgique). Le contrat signé par IBM pour le périmètre français uniquement pourrait donc bien n'être qu'une première étape. D'autant que le même Lars Olofsson semble miser largement sur les systèmes d'information pour optimiser le fonctionnement du groupe qu'il a pris en main en janvier 2009 : le Suédois prévoit d'investir quelque 500 millions d'euros sur le sujet en 2009.

Dans le détail, le contrat couvre le maintien d'une infrastructure dédiée à Carrefour par IBM, à laquelle se greffe "un accès à la demande à certaines technologies", explique le responsable d'IBM France. Soit la possibilité, pour le donneur d'ordre, d'activer à la volée des ressources de stockage et des environnements de test des nouveaux applicatifs. "Pour ces services, hébergés sur des infrastructures mutualisées, le client ne paye que ce qu'il utilise réellement", précise Nicolas Sekkaki. Si les grands prestataires d'infogérance tentent de pousser leurs clients à utiliser des serveurs mutualisés (une évolution rendue possible par la maturité des technologies de virtualisation sur x86), les DSI restent réticents, notamment pour des raisons de sécurité. Comme le reconnaît d'ailleurs Nicolas Sekkaki.

Administrer depuis la République Tchèque

Selon nos confrères du Monde Informatique, cette infogérance s'accompagne du transfert de 60 salariés de Carrefour Systèmes d'Information France (CSIF) vers IBM. Une façon d'assurer la transition, en conservant les compétences en place. Même si ces futurs employés d'IBM sont appelés à évoluer au sein de la structure de leur nouvel employeur et à ne plus s'occuper exclusivement de ce contrat. Pour l'exploitation, IBM compte en effet mobiliser son centre nearshore de Brno (République Tchèque). Comme HP, Steria ou Cap, pour des questions de coût de main d'œuvre, Big Blue a installé des équipes de supervision des infrastructures dans les Pays de l'Est.

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