L'UE veut un juge de paix pour structurer les standards RFID mondiaux

La semaine dernière, le Global RFID Interoperability Forum for Standards (GRIFS), un consortium financé par la Commission européenne, a fait part aux différents organismes de standardisation mondiaux autour de la RFID, d'un projet de fédération sous son contrôle, des différents efforts de normalisation du secteur. Une sorte de comité central, neutre et indépendant pour orchestrer la normalisation des technologies RFID. Pour l'Union, il est urgent d'instaurer une vraie politique de collaboration entre organismes afin de favoriser l'éclosion d'un véritable écosystème de la RFID.

Un pas de plus dans la collaboration entre standards RFID ? Le 30 juin dernier, le puissant Global RFID Interoperability Forum for Standards (GRIFS), un consortium financé par la Commission européenne, dont le but est de favoriser la communication entre les multiples organisations de standardisation autour du RFID, a annoncé son intention de créer un comité permanent - et unique - pour orchestrer les normes qui encadrent les puces radio. Objectif : se muer en juge de paix du RIFD afin de coordonner les travaux de standardisation en pronant la collaboration.

Le Forum a ainsi présenté aux organismes de standardisation réunis pour l'occasion à Washington un premier jet d'une lettre d'intention (Memorandum of Understanding) dans laquelle il prône la création d'un comité unique dont lui-même aurait la charge, dans le but de favoriser la collaboration entre tous les organismes de standardisation. Un juge impartial et neutre en somme, dont le rôle serait de faire la lumière sur les quelque 125 standards que le Forum a déjà répertorié. Le Grifs a déjà centralisé dans un premier temps l'ensemble des normes mondiales sur la RFID au sein d'une base de données afin de faciliter leur accès à quiconque souhaite développer des services autour de la technologies.

Cet effort met une nouvelle fois en lumière la formidable bataille géo-politique que se livre les organismes de standardisation dans la RFID, comme l'indiquait Walter Wiegel, président de l'Etsi (European Telecommunications Standards Institute) à la rédaction du MagIT. Dans un entretien, il expliquait combien une compétition, même indirecte, entre organismes faisait rage, chacun essayant de rallier à soi le plus de membres. Mais il soulignait également le rôle délicat de la Commission européenne sur le terrain du RFID, en composant avec des acteurs américains, comme EPC Global , dont les intérêts divergent – notamment d'un point vue commercial – avec les organismes – généralement des associations – sur l'établissement des standards.

Et l'UE a bien compris cette nécessité de structurer le secteur. En mars dernier, Bruxelles donnait le coup d'envoi de RFID in Europe, un vaste programme qui vise à solidifier et  fédérer les intiatives autour des puces radio fréquence dans les 27 états membres. En ligne de mire, créer un terrain plus fertile qu'il ne l'est actuellement à la création d'un écosystème du RFID.

Avec cette lettre d'intention, Grifs jette ici ses dernières armes dans une tentative de collaboration qui aura débuté en janvier 2008, date à laquelle le Forum fut mandaté par Bruxelles. Financé pendant 2 ans par l'UE, le Grifs pourrait éventuellement ne pas être reconduit si le protocole d'accord n'était pas signé par les membres des organismes de standardisation.

En savoir plus :
Le site du Grifs

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