Enfin un bout de relance pour l'IT : le fonds stratégique d'investissement va financer le logiciel

Après avoir joué les pompiers dans l'automobile, le FSI cible désormais les secteurs à fort potentiel de croissance, dont le logiciel. Le fonds étatique investira dans des éditeurs qui ont un projet de R&D ou la volonté de se développer à l'international, y compris via des rachats. Pour approcher le secteur, le FSI s'appuie sur l'Association française des éditeurs de logiciels.

Cantonné les premiers mois de sa création au rôle de pompier dans le secteur de l'automobile, le fonds stratégique d'investissement (FSI) s'intéresse désormais à sa vraie mission : l'investissement en fonds propres dans les entreprises françaises "de projets créateurs de valeur et de compétitivité". En plus d'une approche en direction de des biotechnologies, le fonds, détenu à 51 % par la Caisse des Dépôts et à 49 % par l'Etat, vient d'officialiser un partenariat avec l'Afdel, l'Association française des éditeurs de logiciels. Rappelons que cette association a été créée en 2005 pour défendre les intérêts de certains éditeurs (dont Microsoft, Dassault Systèmes et Cegid) se sentant mal représentés par le Syntec Informatique, la chambre syndicale des SSII et éditeurs. Très active lors de l'élaboration du Plan numérique 2012 par Eric Besson, alors secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique, l'association avait en février dernier dénoncé l'absence de mesure en faveur du logiciel dans le plan de relance.

photo poign main gmEn s'adjugeant un rôle de conseiller et de think-tank du FSI, l'Afdel trouve donc le levier qui lui manquait pour amener au logiciel une partie des fonds dépensés par l'Etat dans la relance de l'économie française. Un pas que Patrick Bertrand, le président de l'Afdel (à droite sur la photo), qualifie d'historique y voyant "une reconnaissance légitime et attendue du rôle majeur de cette industrie". Concrètement, selon le communiqué, l'association élaborera avec le FSI un diagnostic des enjeux du secteur, jouera le rôle de courroie de communication pour le FSI auprès de la filière et facilitera les mises en relation entre les éditeurs et le fonds. "L'association pourra appuyer le Fonds dans l'examen de dossiers d'entreprises du secteur et mobilisera son expertise chaque fois que le FSI la sollicitera avant d'investir dans le capital d'un éditeur", explique Gilles Michel, le directeur général du FSI (à gauche sur la photo). "Le Fonds est complètement souverain dans ces décisions", rapelle Loïc Rivière, le délégué général de l'Afdel, qui précise que l'aide de l'association n'est pas réservée aux seuls adhérents, mais est ouverte à tous les éditeurs.

Le logiciel français en voie de marginalisation

logfranceL'intervention du FSI (20 milliards d'euros d'actifs dont 6 milliards de liquidités) doit clairement servir à créer des champions nationaux dans cette industrie. Un domaine où la France reste à la traîne de ses voisins allemands et anglais. Aujourd'hui, après les rachats de BO par SAP et de Ilog par IBM, seul Dassault Systèmes dispose d'un vrai poids sur le marché et d'une présence mondiale. Selon les chiffres de l'Afdel, les éditeurs hexagonaux ne s'adjugent que 3 % du marché européen du logiciel, contre 9 % pour les Allemands (voir graphique ci-dessus). En plus de financer la R&D, les fonds du FSI peuvent servir à accélérer l'internationalisation des éditeurs hexagonaux ou, mieux, leur permettre de se lancer dans des opérations de croissance externe, un domaine où s'illustrent surtout les éditeurs américains (comme le montre le graphique ci-dessous). "Le renforcement des fonds propres s'inscrit clairement dans la perspective de consolidation du secteur. Et ça, c'est inédit de la part de l'Etat", explique Loïc Rivière. En clair, dans un marché du logiciel qui se concentre, il s'agit de donner aux Français une chance de jouer leur carte.

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Selon Loïc Rivière, les premiers dossiers déposés par des éditeurs sont en cours d'examen au FSI, via l'Afdel. Ils émanent d'éditeurs dans le Top 50 français et reposent d'ailleurs sur des projets d'internationalisation ou de rachats. Les investissements du FSI s'élèvent au minimum à 5 millions d'euros (en deçà les dossiers sont transmis à France Investissements). L'Afdel espère voir le Fonds effectuer ses premiers investissements dès la rentrée.

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