Wipro affiche ses ambitions pour la France

La nomination récente de Christophe Martinoli à la tête de Wipro France n’était qu’un début. La SSII indienne entend accélérer son développement dans un Hexagone qu’elle perçoit comme un important réservoir de croissance. Et prévoit d’investir fortement. Un engagement déjà perceptible dans les fréquents déplacements en France du sommet de l’exécutif indien de la SSII.

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Suresh Vaswani,
co-PDG de Wipro.
Selon Pierre Audoin Consultants (PAC), Wipro est la première SSII indienne en France, avec plus de 50 M€ de chiffre d’affaires dans l’Hexagone prévus en 2009. Mais cela ne suffit manifestement pas à la SSII dont l’exécutif multiplie depuis plusieurs semaines les allers-retours en France. Suresh Vaswani, co-PDG de Wipro, indique que « la France est l’un des marchés les plus importants pour notre société en Europe continentale. »  A l’unisson, Manish Dugar, directeur financier de Wipro, explique voir la France comme un important réservoir de croissance : « nos investissements le reflètent. Nos projets internes sont assez agressifs. » Et si l’Hexagone ne représente encore qu’une goutte d’eau dans le chiffre d’affaires global de la SSII, ses dirigeants semblent agir conformément à leurs ambitions : « nos investissements en France sont très disproportionnés par rapport à ce que nous investissons dans des pays comparables ; de deux à trois fois plus importants », indique Manish Dugar. Suresh Vaswani précise : « nous allons continuer d’investir dans nos capacités pour servir nos clients français. » Selon PAC, Wipro pourrait dégager plus de 100 M€ de CA en France dès 2010.

La fin de la crise ?
Pour Manish Dugar, directeur financier de Wipro, la récession a commencé au troisième trimestre 2008 : « deux choses nous ont alors touchés, la réduction des budgets et les taux de change, notamment ceux de l’euro et de la livre sterling face au dollar. » Mais, pour lui, la donne a changé : « le premier trimestre 2009, ou le second, sera peut-être le pire. Mais le pipeline est sain. » Reste une pression certaine sur les prix. Suresh Vaswani, co-PDG de Wipro, explique que son objectif est « de rester compétitif. Nous faisons tout notre possible pour cela tant que cet objectif n’entre pas en conflit avec les intérêts de nos collaborateurs. » Dans le détail, Manish Dugar indique chercher au maximum à faire adopter le modèle des projets à coût fixe à ses clients, afin de pouvoir réduire les effectifs sur site ou les tailles des équipes projets pour ne s’engager que sur les résultats et mieux gérer ses marges. Pour l’heure, Wipro a réussi à les maintenir autour de 30 %.
Croissance organique et… externe

Pour assurer sa croissance organique dans l’Hexagone, Manish Dugar explique que Wipro y a – et c’est une première mondiale pour la SSII – « créé une authentique structure complète et autonome. » Toutes ces visites dans l’Hexagone visent à « renforcer les interactions avec les clients, les analystes, les médias. Le président de notre conseil d’administration viendra bientôt. » Une stratégie qui semble payer : « nous sommes bien accueillis par le marché ; le pipeline de contrats est bon. » Suresh Vaswani revendique ainsi une cinquantaine de clients français, dans les domaines de l’énergie, de la banque, de la distribution, des télécoms, de l’assurance et des services financiers.

Des clients auxquels il propose des services de BPO, de R&D externalisée et de conseil. Au total, Wipro compterait 250 collaborateurs en France adossés à une importante équipe offshore largement formée au français. Les effectifs français devraient continuer de progresser. Suresh Vaswani relève ainsi que la France, l’Australie et certains pays asiatiques, comme le Japon, comptent pour l’essentiel « des effectifs localisés » de la SSII (les employés dans les pays d'origine des clients, ndlr). Et puis, disposer d'équipes locales n’est pas forcément une mauvaise solution sur le plan économique : faire venir un Indien en France coûte cher. Suresh Vaswani ajoute : « nous avons 20 000 personnes sur site qui tendent de plus en plus à être des personnes originaires des pays concernés. »

Mais Wipro n’exclut pas non plus le rachat de structures hexagonales, selon Manish Dugar : « nous avons des liquidités et le marché est propice. Nous disposons d'une équipe dédiée pour l’évaluation des cibles et des opportunités. Mais ce n’est pas exclusif à la France. »

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