BYOD : le monde avance, pas la France

Une récente étude conduite par Dell Quest Software sur l’adoption du BYOD à travers le monde confirme la frilosité de la France à l’égard de ce phénomène. Et tant pis si c’est la satisfaction qui l’emporte très largement chez ceux qui y sont passés.

Le BYOD, c’est bien, semblent dire en majorité les décideurs IT sondés sur le sujet par Dell Quest Software : des 1500 personnes interrogées aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Australie, à Singapour, en Inde et dans la région de Pekin, il ressort que «plus de 70 % des entreprises ont constaté une amélioration de la productivité de leur personnel et des temps de réponse aux clients » avec le BYOD. Certes, seules 18 % des entreprises sondées encouragent le BYOD, mais près des trois quarts estiment qu’une telle stratégie peut offrir des avantages substantiels si les besoins et droits des utilisateurs sont compris. Y passer, donc, mais de manière réfléchie et adaptée aux situations de chacun. 

Aux Etats-Unis, Good Technology, spécialiste de l’administration des parcs de terminaux mobiles, constate de son côté que le support du BYOD a fortement progressé en un an, passant de 72 à 76 % fin 2012. Il serait particulièrement développé dans les secteurs de la finance et de l’assurance (à 35 %) et dans les grandes entreprises (10 000 employés et plus). 

Il convient là de relever que Dell Quest Software a, pour son étude, intégré gestion des terminaux mobiles et virtualisation des postes de travail. Le diable se cachant dans les détails, les chiffres montrent, en France, une adoption très limitée du BYOD au sens des terminaux mobiles : la virtualisation des postes de travail y serait utilisée à hauteur de 28 %, contre 10 % pour la gestion des terminaux mobiles. Anthony Moillic, directeur général de Quest en France, reconnaît que la virtualisation participant d’une recentralisation de l’IT, elle «rassure les patrons de l’IT alors que le MDM... ça leur fait plus peur; le sentiment de maîtrise est plus faible ». Et de concéder que, «au niveau des équipes internes, cela relève sûrement d’un certain paternalisme ». Les freins apparaissent d’ailleurs assez nombreux dans l’Hexagone : «nous sommes l’un des pays où il est le plus nécessaire que les utilisateurs s’engagent, signent des charges, etc.» Anthony Moillic n’en est pas moins raisonnablement optimiste : «on ne pourra pas faire autrement; c’est une logique qui sera inscrite dans l’esprit des jeunes employés.» Mais des discours tel que la sortie de Patrick Pailloux, patron de l’Anssi, à l’automne dernier, n’aident pas beaucoup... 

Surtout, le BYOD semble largement donner satisfaction en France : 100 % des entreprises qui y sont passées indiquent avoir constaté des gains de productivité; 69 % d’entre elles estiment que l’absence de BYOD les pénaliserait face à la concurrence.

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