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Dell chercherait à vendre pour 10 Md$ d’actifs

Conséquence du rachat d’EMC, le groupe chercherait à se séparer d’actifs non stratégiques à hauteur de 10 Md$.

Selon Reuters, Dell prévoit de vendre pour 10 Md$ d’actifs non stratégiques afin d’améliorer sa solvabilité, dans le sillage du rachat d’EMC. Le groupe aurait présenté son projet aux agences de notation, principales intéressées par ce programme alors que le récent rachat record a conduit Dell à s’endetter à hauteur de près de 50 Md$. Et nos confrères d’évoquer la perspective d’une cession de Quest Software, de SonicWall, d’AppAssure et de Perot Systems.

C’est en juillet 2012 que Dell avait racheté Quest Software pour 2,4 Md$. Cette acquisition devait permettre de consolider la division logicielle du groupe et doter le Texan de solides bagages en matière de gestion des performances applicatives, des environnements Windows, de la protection des données et d’optimisation des bases de données. C’était en quelque sorte le point d’orgue d’une stratégie agressive de développement dans le logiciel, que Michael Dell devait défendre lui-même quelques mois plus tard, sans pour autant pleinement convaincre.

Aujourd’hui, de nombreux éléments du catalogue Quest deviennent redondants avec les offres d’EMC. Et cela commence par vWorkspace, l’outil logiciel de virtualisation des postes de Quest qui, il y a trois ans, avait permis au groupe de se constituer une offre totalement packagée. Et l’on pense encore aux produits de gestion des identités et des accès, manifestement redondants avec les offres de RSA, ou encore à ceux de gestion des parcs de terminaux mobiles, que l’on voit mal concurrencer ceux d’AirWatch.

Trop petit sur le marché des appliances de sécurité

Racheté début 2012, SonicWall devait compléter l’offre de sécurité de Dell en lui ajoutant des appliances de gestion unifiée des menaces (UTM). En 2011, SonicWall s’affichait en seconde position de ce marché, derrière Fortinet. L’an passé, Gartner classait Dell parmi les leaders de l’UTM, pour la seconde année consécutive. Mais en 2015, le Texan n’est plus que « challenger », derrière trois leaders : Fortinet, Check Point Software, et Sophos, avec Cyberoam. Parmi les points faibles de l’offre SonicWall, Gartner mentionne l’absence de capacités de sandboxing et de reporting personnalisées intégrées – il faut passer là par une option, SonicWall Analyzer.

Alors si Dell vient tout juste de présenter un service de mise en bac à sable des fichiers suspects, SonicWall APT Protection Service, on relèvera que le marché de l’UTM, bien que dynamique, reste modeste.

En 2011, Frost & Sullivan le promettait à une croissante annuelle moyenne de 17,3 % jusqu’en 2016, pour atteindre alors 2,8 Md$. En 2013, le marché des appliances d’UTM représentait 1,54 Md$, soit 14,1 % de mieux qu’un an plus tôt, selon Gartner.

Alors, avec un chiffre d’affaires de 713 M$ sur les neuf premiers mois de 2015, contre 770 M$ en 2014 (déjà en progression de +25 % sur un an), Fortinet semble survoler la concurrence – sur ce segment ; ce n’est pas le cas sur le marché plus global des appliances de sécurité où Cisco, Check Point et Palo Alto sont mieux placés.  

De multiples redondances

C’est également début 2012 que Dell a racheté AppAssure. Cette première acquisition depuis la création de la division logicielle du Texan devait lui fournir une couche de protection des données et des applications, en assurant sauvegarde et restauration en environnements virtualisés, physique et Cloud. Pourquoi mettre près de 70 Md$ sur la table pour acquérir EMC et tout son portefeuille si ce n’est pour en profiter ? Et dans ce contexte, AppAssure paraît largement redondant.

Le plus surprenant pourrait être la cession apparemment prévue de Perot Systems. Dell a racheté cette SSII pour 3,9 Md$ en 2009, alors qu’elle réalisait un chiffre d’affaires de l’ordre de 2,8 Md$. Un mouvement qui semblait inspiré par la stratégie orientée services d’IBM et de HP, mais effectué au prix fort. A l’époque, Brice Thébaud, analyste chez Aurel BGC, soulignait : « Dell paie Perot 18 fois son Ebit (résultat d’exploitation, ndlr). C’est complètement fou. L’opération ne devrait être relutive (amélioration du bénéfice par action, ndlr) qu’à partir de 2012 ».

L’explication d’une éventuelle cession de Perot – autour duquel Dell a construit sa division services – est peut-être à chercher du côté de l’activité services d’EMC. Celle-ci représente aujourd’hui près de la moitié du chiffre d’affaires du groupe : 8,3 Md$ sur les neuf premiers mois de l’année, contre 9,4 Md$ pour les ventes de produits ; en 2014, les services avaient généré 10,4 Md$, contre 14 Md$ pour les produits. 

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