Pour le CEO de Virident, la Flash PCIe doit être une couche partagée entre serveurs

Nos collègues américains de SearchStorage.com ont pu discuter avec le CEO et le CTO du spécialiste des cartes Flash PCIe Virident pour discuter de leur vision de la Flash et de l'importance du logiciel pour optimiser l'utilisation des cartes PCIe Flash. Le constructeur met actuellement l'accent sur le logiciel afin de faire du stockage Flash PCIe une couche de stockage partagée entre serveurs.

Vétéran de l’industrie du Stockage, Mike Gustafson est devenu PDG de Virident, une startup spécialisée dans les cartes Flash PCI-express, en Septembre 2012 après avoir passé six ans à la tête de BlueArc – racheté en 2011 par Hitachi Data Systems 2011. Gustafson avait auparavant été vice-président de McData, un fournisseur de directeurs Fibre Channel racheté en 2007 par Brocade. Les six premiers mois de  Gustafson à la tête de Virident ont été pour le moins actifs. En janvier, Virident a noué un accord OEM avec Seagate pour vendre ses cartes FlashMax II. En février ; le constructeur a lancé son logiciel de cache FlashMax Connect et en Mars, - même si EMC et Virident se refusent à communiquer publiquement -, Virident a signé un partenariat avec le n°1 mondial du stockage qui revend ses cartes FlashMax II sous la marque XtremSF. Nos collègues américains de SearchStorage ont récemment pu s’asseoir avec Gustafson et avec le CTO de Virident Vijay Karamcheti pour discuter de la stratégie de la firme.   

 

Mike Gustafson, CEO de Virident

Mike Gustafson, CEO de Virident

SearchStorage : Après avoir lancé votre dernière carte, la FlashMax II, en août dernier, vous vous êtes concentrés sur le développement de votre logiciel de cache et de partage de stockage entre serveurs. Vous parlez aussi de «software defined flash ». Cela signifie-t-il que pour vous, Virident est plus qu’un simple fabricant de cartes PCIe flash? 

Mike Gustafson: Nous cherchons depuis le début à être plus qu'une carte pour un serveur. Nous avons toujours souhaité proposer une couche de stockage partagé, et apporter les avantages du stockage partagé sur le côté serveur.   

Quel rôle pensez-vous que la Flash jouera à terme dans le stockage d'entreprise? 

Gustafson:  la mémoire Flash est une technologie bien connue depuis quelques temps dans le domaine des applications à faible latence et à haute bande passante, mais nous commençons à voir son usage s’étendre. Les grandes entreprises commencent à comprendre ce qu'elles peuvent faire de cette architecture dans les deux ou trois années à venir. Elles cherchent à savoir si le logiciel est disponible aujourd’hui, quelles sont les roadmaps et aussi s’il est possible d’utiliser cette technologie comme leur « tiers » de stockage pour la performance. 

Nous pensons qu'à terme il y aura une classe de stockage orientée performance et dominée par le stockage à base de flash et une autre classe orientée capacité qui sera basée sur des disques durs et puis des clouds privés ou publics. Mais pour y arriver, l’industrie a encore beaucoup de travail à faire. Nous avons développé les logiciels vHA, vCache et vShare dans le cadre de la suite FlashMax Connect. Il faut regarder comment ajouter des attributs de haute disponibilité et de réplication pour les applications critiques, et comment étendre le cache d'une carte isolée à l’ensemble des classes de stockage et ce du serveur aux baies de stockage. Avec vshare, nous commençons à obtenir les attributs de stockage partagé. 

Vijay Karamcheti : Donc, iNous avons aujourd'hui un ensemble de capacités, mais nous devons les intégrer afin que les applications puissent tirer parti de ces capacités à l'intérieur du serveur.   

Virident entend-il désormais se concentrer sur le logiciel ? 

Gustafson: Le matériel est toujours important, mais seulement dans la mesure où le logiciel le rend intelligent. Vous ne pouvez pas prendre de la mémoire Flash, la coller sur une carte et appeler cela un produit. Avec six années d’expérience, nous avons beaucoup de cicatrices et une meilleure compréhension de la Flash en tant que classe de stockage. Ces cicatrices s’accompagnent d’un solide portefeuille de propriété intellectuelle qui nous a aidé à optimiser le logiciel pour ce que nous appelons la «couche de traduction flash» et la «couche d’administration de la flash ». 

La majorité de nos développeurs a mis l'accent sur l'aspect logiciel depuis la création de l'entreprise. Il y a pas mal de magie à l’oeuvre pour pouvoir faire tenir 2,2 téraoctets sur une carte demi-hauteur. Mais le logiciel a été une priorité pour nous depuis le début, dans le but d’obtenir une performance optimale quelles que soient les conditions, et surtout de délivrer dès le premier jour des performances prévisibles et stables. Tous ces aspects sont dépendants du logiciel. Il y a trois phases dans notre stratégie logicielle. Tout d'abord, il y a l'aspect fondamental de la gestion de la flash. Ensuite il y a le couplage étroit de ce savoir-faire avec une couche d’API ouvertes. Enfin, les questions d’interopérabilité et d'intégration avec la couche applicative. Nous avons bien avancé, mais il reste encore beaucoup de travail à faire.

Pensez vous que le logiciel flash doive être ouvert? Qu’en pensent vos concurrents? 

Gustafson: En principe, il doit être ouvert. Les clients s'attendent à ce qu’il soit ouvert. Nous concevons nos architectures pour qu'il soit ouvert. Nous avons toutefois un énorme avantage avec nos deux ans dans la flash. Nous disposons de la couche de la couche de traduction flash permettant d’associer matériel et logiciel de façon étroite. Nous optimisons en fonction de ce que nous savons des caractéristiques uniques de la flash et de ce que nous estimons nécessaire pour en tirer le meilleur parti, mais nous comprenons aussi que cela doit rester ouvert. D'un point de vue commercial, nous allons prendre de l’avance avec nos propres capacités, mais nous sommes absolument engagés à être ouvert. Les grandes entreprises attendent cela de nous et je ne pense pas que l'ensemble de nos concurrents partagent cette vision.   

Fusion-io a une telle avance sur le marché de la Flash PCIe que même EMC les identifient comme l'entreprise à battre. Comment Virident peut-il rattraper Fusion-io? 

Gustafson: Il y a trois piliers pour le développement de l'entreprise. La première concerne les produits et la technologie. La seconde est les partenariats et [la troisième] est le modèle d'affaires. Nous ne craignons pas Fusion-io. Nous avons beaucoup de respect pour eux. Notre technologie est forte. Ce qui nous fait défaut, c’est un niveau de revenus et de croissance de notre part de marché en rapport avec cette maîtrise technologique. Nous sommes très heureux de l'annonce de Seagate et de l’ajout d'autres partenaires. Nous prévoyons une croissance deux fois supérieure à la croissance du marché cette année. Nous ne divulguons pas notre chiffre d'affaires, mais nous avons battu notre plan sensiblement au quatrième trimestre et faisons de même au premier trimestre.  

 Est-ce que le prix de la flash est assez faible pour que l’on assiste à un décollage de l’adoption par les entreprises ? 

Karamcheti : Les prix sont en train d’évoluer vers un point ou les clients commencent à penser à un usage large de la Flash. Regardez quelques applications haut de gamme telles qu'Oracle : La Flash y est rentable depuis les six ou neuf derniers mois. Pour obtenir le niveau de performance[de la Flash] en matière d'entrées/sorties, Il faut un nombre de disques durs considrablement plus élevé, de sorte que le coût global d’une configuration à base de disques tend à être plus élevé qu’avec les médias de type flash. Le VDI [Virtual Desktop Infrastructure] est un autre exemple. 

Le fait d’utiliser de la mémoire Flash MLC à moindre coût et de l’associer à une couche logicielle pour la rendre fiable et doper son endurance a fait de la FlashMLC la principale technologie notre portefeuille aujourd'hui.   

Est-ce que la Flash single-level cell [SLC] a encore un avenir? 

Karamcheti : Nous ne voyons pas la SLC disparaitre, mais elle va probablement être reléguée à un ensemble d'applications qui ont de grosses exigences en matière d’écriture. Parmi les applications que nous rencontrons, 95% à 99% n'écrivent pas assez pour nécessiter le recours à la  SLC. L’usage de la MLC, combiné à notre logiciel, suffit à satisfaire la demande.   

Est-ce que Virident va vendre de la Flash TLC [cellule triple niveau] ? 

Karamcheti : Nous étudions la question. Mais à ce stade et au vu des applications que nous visons, nous ne voyons pas un usage dominant pour la TLC pour l’instant.   

Entretien réalisé par Dave Raffo, SearchStorage.com  

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