Non, l’industrie IT n’a pas besoin qu’on l’aide

C’est du moins ce qu’affirme Rolf Jester, Vice-président et «distinguished analyst» du cabinet Gartner en Australie, fustigeant l’attitude d’une industrie qui «n’a rien de spécial» et la bienveillance de gouvernements qui acceptent de se laisser convaincre par des approches à «courte-vue ».

C’est un gros pavé que jette dans la mare Rolf Jester, vice-président du cabinet Gartner en Australie, avec

un billet de blog qui pourrait bien n’être que le début d’une série de brulots destinés à l’industrie IT. Un pavé inspiré par le budget récemment présenté par le gouvernement local pour l’année fiscale qui s’achèvera en juin 2014 mais qui, selon lui, s’applique «au monde entier ». S’il reconnaît la légitimité des «représentants et lobbyistes de l’industrie IT» dans leur quête d'avantages publics, il estime important d’écouter leurs discours en gardant quelques éléments clés à l’esprit. Pour Rolf Jester, tout d’abord, «l’industrie IT n’a rien de spécial ». Elle est «importante», employant de nombreuses personnes et créant de la valeur, mais «pas plus que n’importe quelle autre industrie», à plus forte raison «viable». Et ses produits peuvent améliorer la productivité des individus ou contribuer à des réductions de coût, comme bon nombre d’autres choses. Quant à lancer des programmes publics spécifiques à l’IT, c’est pour lui un non-sens : l’IT irrigue tant d’activités, dans le secteur public comme privé, que «peu de choses peuvent se passer de l’IT». Tout avantage spécifique accordé à cette industrie est par ailleurs «payé au final par des contribuables dont beaucoup sont eux-mêmes dans l’industrie IT ou y dépenseraient de l’argent ». Surtout, pourquoi les gouvernements devraient-ils encourager l’investissement dans l’industrie IT «si c’est une si formidable industrie» ? Et de demander, avec une pointe de malice : «et si elle n’est pas si formidable, pourquoi y investir ?» Quant à promouvoir cette industrie, pour lui, c’est qu’il y a un souci : «pourquoi ses personnels des ventes et du marketing ne peuvent-ils pas le faire ?» Mais Rolf Jester s’intéresse surtout à la question de la formation initiale, tout particulièrement dans les pays où l’Etat contribue fortement à son financement. Là, selon l’analyste, insister sur les compétences IT «est à courte-vue ». L’enseignement prodigué «est déjà dépassé à la fin des études ». Dans de nombreux pays, comme la France ou même

l’Inde par exemple, la question de l’employabilité des jeunes diplômés est régulièrement évoquée. Pour l’analyste, les entreprises de l’IT se trompent en fait d’objectif et devraient plutôt attendre que sortent de la formation initiale des personnes «dotées d’une instruction qui les prépare à un environnement difficile et qui change rapidement, des gens qui peuvent penser et apprendre, et continuer à le faire à mesure que le monde avance ».

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