Libre dans le secteur public : les ministères français, via Mimo, rejoignent la Document Foundation

Le groupe de travail interministériel Mimo, en charge de valider une verison de LibreOffice pour plusieurs ministères français, rejoint le comité consultatif de la Document Foundation. Officialisant ainsi, avec ses 500 000 postes de travail, son statut de cadre de la communauté.

Le groupe de travail inter-ministériel français Mimo dont la mission est de valider une version de LibreOffice, a décidé de mettre tout son poids dans la suite bureautique Open Source, en rejoignant officiellement le comité consultatif de la Document Foundation. Cet organisme est en charge de la gouvernance et des développements de la suite LibreOffice née, rappelons-le, d’un fork d’OpenOffice.org suite au rachat de Sun par Oracle. 

Mimo (pour Mutualisation interministérielle pour une bureautique ouverte) est un groupe de travail créé en 2005 par l’ADAE, l'Agence de développement de l'administration électronique placée à l'époque sous l'autorité du Premier Ministre. Depuis 2011, Mimo est contrôlé par la DISIC (Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication). Sa mission première est de valider et de certifier une version type de LibreOffice afin de garantir que celle-ci puisse fonctionner sur les postes de travail des ministères représentés et être compatible avec les applications métiers de chacun d’entre eux. Les tests sont du ressort des DSI des ministères. La qualification d’une version est validée sur la base d’un consensus, comme l’indique cet article du site JoinUp de la Commission européenne (ex-Osor), qui décrit les mécanismes de Mimo. A titre d’exemple, le ministère de l’Intérieur, moteur au sein de ce groupe de travail, avec quelque 240 000 postes concernés, passe LibreOffice à travers un processus de qualification reposant sur 10 tests de compatibilité. Mimo s’est fixé pour mission de qualifier une version de la suite bureautique par an. 

C’est donc toute cette expertise qui se retrouve au sein du comité consultatif de la Document Foundation. Au total, Mimo apporte son expérience cumulée avec quelque 500 000 postes de travail, des 9 ministères représentés (Intérieur, Justice, Culture, Ecologie, Défense, Economie, Agriculture, Finance et Education) et de quelques administrations (Dila, la Caf, l’ENA et l’Assemblée nationale). Au sein du comité consultatif, Mimo rejoint Google, Intel, Lanedo, Red Hat, Suse, Freies Office Deutschland e.V., Software in the Public Interest (SPI) et enfin Free Software Foundation (FSF). Laure Patas d’Illiers, du ministère des Finances, représentera le groupe de travail au sein de la fondation. 

Le rôle de ce comité consultatif est de rassembler « des grands témoins » de l’écosystème LibreOffice, explique Charles Schulz, représentant de la Document Foundation. Ses membres n’influencent pas la gouvernance de la fondation ni les développements de la suite. Mais ils jouent un rôle de conseil auprès du comité de direction qui les consulte. Ils ont la possibilité de formuler des demandes ainsi que des mises en garde, souligne-t-il. 

Surtout, en rejoignant officiellement la fondation, Mimo, et indirectement le gouvernement français, passe « à la vitesse supérieure » dans son implication dans la communauté LibreOffice. D’autant qu’il existait déjà un pré-requis, explique Charles Schulz : Mimo s’était déjà engagé, notamment via l’accord interministériel de support de logiciels libres signé avec Capgemini, Alter Way et Zenika, à reverser automatiquement tous les patches et correctifs produits à la communauté LibreOffice. Cette adhésion à la Document Foundation vient ainsi sceller dans le marbre cette proximité.

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