4G : Orange se lance à Paris et en Île-de-France

L'opérateur a annoncé ce matin l'ouverture de son réseau 4G à Paris et en banlieue parisienne. Objectif : prendre de vitesse Bouygues qui annonce un lancement national le 1er octobre.

Alors que Bouygues s’apprête à prendre un important avantage en matière de couverture avec le lancement, le 1er octobre prochain, de son réseau 4G en 1800 MHz (un réseau qui viendra compléter ses timides déploiements en 2600 MHz), Orange et SFR multiplient les annonces pour tenter de le prendre de vitesse.

A l’occasion d’une conférence de presse organisée ce jour à Paris, Orange a ainsi annoncé avoir activé son réseau 4G à Paris et en proche banlieue, et indique qu’il devrait couvrir environ 70 agglomérations, soit plus de 500 villes en 4G d’ici la fin septembre. Selon son PDG, Stéphane Richard, Orange devrait couvrir 40% de la population à la fin de l’année alors qu’il ne prévoyait à l’origine que d’en couvrir 30%. Bouygues, de son côté, devrait couvrir largement une centaine d'agglomérations dès le 1er octobre et avec un maillage bien meilleur que celui de ses concurrents.

La carte de couverture 4G d'Orange en Ile de France

Orange a bien vu la menace et tente désormais de déplacer le débat sur le terrain de la qualité de service et des débits. Selon l’opérateur, toutes ses stations de base sont desservies par son réseau optique, ce qui permet à l’opérateur de supporter sans entrave les débits de données des nouvelles stations de base (150 Mbit/s dans le cas du déploiement d’Orange avec ses 20MHz duplex dans la bande des 2600 MHz). A titre de comparaison, Bouygues annonce des débits plafonds de 115 Mbit/s pour ses stations de base en 2600 MHz et n’a pas précisé le débit qui sera fourni en 1800 MHz. De même, l'opérateur n'a pour l'instant fourni aucune précision sur le réseau de collecte qui sera utilisé.

Reste qu'il n'est pas sûr que la bataille se joue au début sur les performances brutes. Bouygues se lance ainsi avec des forfaits aux prix agressifs et avec des limites plutôt généreuses. Et puis, s'il est intéressant d'offrir plus de bande passante par station de base, ce qui est important au final est le ratio entre la capacité et le nombre d'utilisateurs simultanés. Comme dans tout réseau radio, la bande passante disponible est en effet partagée entre les utilisateurs connectés. Bouygues, qui a bien moins d'abonnés qu'Orange, pourrait ainsi ne pas s'en sortir si mal.

SFR et Free à la traîne

SFR, de son côté, semble clairement à la traîne de ses deux concurrents, dépassé par la capacité d'investissement d'Orange et par la roublardise de Bouygues avec son déploiement 4G en 1800 MHz. L'opérateur a certes tenté de prendre de vitesse Orange sur Paris en annonçant fin août une couverture partielle de la ville (il disposait déjà d’une couverture du quartier d’affaires de La Défense), mais il ne disposera d'une couverture complète qu'à la fin 2013. Entre temps, Orange et Bouygues pourraient surfer sur le lancement de ce qui sera sans doute l'une des locomotives de la migration vers la 4G, la disponibilité du nouvel iPhone. 

Free, de son côté, n’a à ce jour pas communiqué sur ses déploiements 4G, se bornant à indiquer qu’il prépare une surprise pour la fin de l’année. Il y a fort à parier que l'opérateur ait déjà déployé des équipements 3G/4G mais qu'il n'ait pour l'instant qu'allumé la partie 3G de son réseau. Il sera intéressant de voir quelle stratégie il adoptera à l'horizon des fêtes. Dans tous les cas, ses choix ne devraient que peu affecter les utilisateurs en entreprises - une partie importante des utilisateurs -, qui jusqu'alors se contentent assez largement des offres des trois opérateurs historiques.

Notons qu’Orange, qui a grillé la politesse à ses concurrents au Royaume-Uni en obtenant le droit de réutiliser ses fréquences 1800 MHz en 4G, ne semble toujours pas avoir digéré que Bouygues ait obtenu la même possibilité en France. L'opérateur a donc profité de son lancement à Paris ce matin, pour se plaindre de nouveau de ce qu'il estime être un avantage indu accordé par l’Arcep à un concurrent.  La réglementation européenne semblait toutefois claire et on voit mal comment Orange peut être surpris de l’aval donné par l’Arcep à Bouygues pour la réutilisation de ses fréquences 1800 MHz. Et puis dans le marigot des mobiles français, de telles larmes de crocodiles n’émeuvent plus vraiment…

 

 

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