Editeurs en France : une modernisation qui tarde

Alors que le secteur de l’édition logicielle (8,1 milliards de CA en 2012) devrait enregistrer en 2013 une croissance en valeur de 10 %, selon le baromètre Top 250 présenté hier par le Syntec Numérique, le secteur tarde à se moderniser.

Alors que le secteur de l’édition logicielle (8,1 milliards de CA en 2012) devrait enregistrer en 2013 une croissance en valeur de 10 %, selon le baromètre Top 250 présenté hier par le Syntec Numérique, le secteur tarde à se moderniser. Selon les résultats de cette étude réalisée auprès d’un panel de 250 sociétés, la progression de la part du Saas dans le chiffre d’affaires n’est passée que de 8 à 11 % en 2012 dans un contexte porteur puisque le secteur a cru du 12 % en valeur.  Même si le Saas devrait être un pilier de la croissance attendue en 2013, la progression enregistrée en 2012  est  faible quand on regarde les évolutions mondiales de ce secteur et les stratégies des éditeurs américains.

Alors d’où vient cette bonne performance attendue pour l’année en cours alors que le contexte économique reste encore difficile ? Tout d’abord de la méthode de calcul. Le panel Top250 s’est élargi au fil des éditions et pour sa troisième publication, il intègre de plus en plus de sociétés logicielles non traditionnelles comme les éditeurs de jeux, Ubisoft en tête, mais aussi des sociétés nouvelles nées avec l’essor du numérique comme Critéo ou encore la petite start-up Melty présente lors d’une table ronde.  Il est clair que ces acteurs, dont les modèles économiques sont des services BtB ou BtC , tirent la croissance du secteur.

En revanche, les acteurs traditionnels comme Cegid, Axway, ESI group peinent, selon les auteurs de l’étude, par manque d’internationalisation et de dynamisme de leur marché domestique. Pourtant, il est clair que ces sociétés ont les moyens d’aider à la numérisation de la société française comme en témoigne le récent projet réalisé par Axway à la Cnaf.  Il est dommage d’ailleurs que dans les débats liés à la présentation de cette étude on n’ait pas insisté sur la nécessaire préférence française qui pourrait être accordée aux éditeurs français pour moderniser l’administration française.

Comment dynamiser une filière logicielle de plus en plus hétérogène ?

Tout en présentant le mille feuille des aides possibles à la large audience des patrons du logiciel français réunis pour l’occasion par le Syntec Numérique, Nicolas Dufourcq, l’actuel président de la Banque Publique d’Investissement, a tenté de souligner les lignes directrices prônées par sa banque pour mieux aider ce secteur.  Au delà des milliards promis dans l’amorçage des start-up (1 milliard), la protection du crédit d’impôt recherche (utilisé par 76 % des répondants à cette étude) et la mise en place, à son initiative, d’un fond spécial pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI), la stratégie d’investissement de la BPI sera plus de l’ordre du modèle bancaire que de l’excellence dans l’investissement propre au capital risque. Nicolas Dufourcq a d’ailleurs vanté la capillarité, notamment régionale, de son réseau de chargés d’affaires et sa capacité à mobiliser les banques et les élus dans le financement de l’innovation.

En revanche, si on comprend bien l’intérêt, au regard de l’hétérogénéité de ce secteur, d’un saupoudrage des aides publiques qui fait de la BPI le premier fond d’amorçage français voire européen de l’innovation, on voit mal comment la BPI pourrait faire émerger des champions mondiaux du logiciel ou du numérique. En choisissant plutôt le Nasdaq que la BPI, Critéo est la parfaite illustration de la faiblesse du financement d’un véritable écosystème à l’américaine dans le futur secteur du numérique en France. Pourtant l’enjeu est important puisqu’il s’agit de dynamiser un secteur qui regroupe 50 000 emplois au sein d’une filière de plus de 1 millions d’emplois, selon les sources, et  qui peut avoir un effet d’entrainement et de modernisation très rapide de l’ensemble de l’économie française.

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