FIC 2015 : vers une Europe de la cybersécurité

La politique industrielle française de la cybersécurité a montré les premiers signes de sa concrétisation lors de cette édition 2015 du FIC. L’occasion aussi d’évoquer le sujet à l’échelle européenne.

La politique industrielle française de la cybersécurité a montré les premiers signes de sa concrétisation lors de cette édition 2015 du FIC. L’occasion aussi d’évoquer le sujet à l’échelle européenne.

C’était il y a deux ans, en ouverture de l’édition 2013 du Forum International de la Cybersécurité (FIC), Fleur Pellerin, alors ministre de l’Economie numérique, expliquait qu’il fallait que « la cybersécurité se structure davantage. La France souffre d’une véritable politique industrielle dans ce domaine ».

Elle a été entendue, comme l’a montré le plan de « la nouvelle France industrielle » présenté en juin dernier. La feuille de route du volet cybersécurité a d’ailleurs été validée mi-janvier.

Cette dernière s’articule autour de 16 actions visant à stimuler la demande en solutions de sécurité en France, à développer des offres de confiance pour les besoins de l’Etat, à organiser la conquête des marchés étrangers, et enfin à renforcer posture de sécurité des entreprises de l’Hexagone.

C’est donc sans surprise que l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (Anssi) a publié en même temps un appel à projets de recherche et développement sur la cybersécurité, avec trois axes : les solutions de protection des infrastructures et les dispositifs de voix sur IP sécurisés ; les solutions de sécurité intégrées pour les PME ; et les outils de détection et d’investigation système.

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, avait par ailleurs évoqué l’importance de la recherche et du développement lors de son allocution d’ouverture de l’édition 2015 du FIC, en faisant le quatrième axe de son plan de renforcement de la posture de sécurité informatique nationale.

Un label pour la cybersécurité à la française

Le label France Cybersecurity a de son côté vocation à « identifier les offres nationales et d’en faire un gage de qualité et de performance ». Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, a remis le label à 24 solutions, à l’issue de son allocution le 21 janvier, lors de cette édition 2015 du FIC.

Le label est attribué après examen collectif par les partenaires de l’opération, dont l’Anssi, la Girection Générale de l’aAmement, le Cesin, ou encore Hexatrust. Des solutions d’Ercom, de DenyAll, d’InWebo, de Prim’X, ou encore d’OpenTrust ont été, sans surprise, distingués. Mais les lauréats sont également les services de conseil en cyberdéfense d’Orange, la tablette sécurisée de Thales, le Teopad, les services d’audit de sécurité de Sogeti, et encore quelques produits d’Airbus Defense & Space Cybersecurity.

Là encore, ce label rejoint l’approche défendue par Bernard Cazeneuve, qui indiquait plus tôt qu’il est « essentiel pour nous de disposer d’un tissu industriel solide, qui soit à même de proposer des solutions de cybersécurité éprouvées et qui préservent la souveraineté nationale ».

De la France à l’Europe

Représentée par son ministère de l’Intérieur, Thomas de Maizière, l’Allemagne était galement à l’honneur de cette édition 2015 du FIC. L’occasion d’évoquer la coopération entre les deux pays en matière de cybersécurité.

Lors d’une conférence de presse, Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi, a d’ailleurs évoqué « une confiance très élevée » entre les deux pays, au point que l’une des difficultés serait de « définir les priorités ». Et de lancer un indice : la perspective d’une « consolidation de l’industrie européenne de la cybersécurité », à la condition de parvenir à « lever quelques barrières », notamment relatives aux intérêts économiques locaux.

Axelle Lemaire s’est montrée plus précise dans son allocution, évoquant un travail sur la construction d’une « zone de confiance Cloud sécurisé » rassemblant la France et l’Allemagne.

Un label est même en préparation côté français. L’idée est d’aboutir à des « critères communs de certification » et une reconnaissance réciproque de labels nationaux, à commencer, donc, par le label France Cybersecurity, afin de « construire un véritable marché européen de la cybersécurité ».

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