Kaspersky interdit de publicité sur Twitter

Le réseau social refuse d’honorer les demandes de promotion de tweets de l’éditeur russe, évoquant un modèle commercial en conflit avec ses politiques. Et de se justifier en se référant à la ligne affichée par le DHS.

Eugène Kaspersky vient de publier une lettre ouverte à Jack Dorsey, co-fondateur et Pdg de Twitter, dans laquelle il dénonce l’exclusion dont l’éditeur qu’il dirige fait l’objet depuis le mois de janvier de toute promotion – payante – de tweets. Jointe à cette lettre, une capture d’écran renvoie à l’origine du différend. On peut y lire les explications du réseau social : « cette décision est basée sur notre évaluation selon laquelle Kaspersky Lab fonctionne suivant un modèle économique en conflit intrinsèque avec les pratiques acceptables des Twitter Ads ».

Début février, Kaspersky a adressé une lettre tout ce qu’il y d’officielle à Twitter, défendant ses pratiques promotionnelles sur le réseau social et assurant n’avoir « jamais reçu de notification ou de réclamations de Twitter ni de ses utilisateurs concernant [ses] publicités ». Mais sans recevoir plus d’explication.

Interrogé par quelques confrères, Twitter a de son côté indiqué avoir basé sa décision sur celle… du ministère américain de l’Intérieur, le DHS. Ce dernier décidé mi-septembre d’ordonner l’exclusion des produits Kaspersky des infrastructures des administrations publiques locales. Une disposition législative a depuis étendu l’interdiction, mais l’éditeur russe a engagé une procédure outre-Atlantique contre cette exclusion en décembre dernier.

Las, la décision du DHS manque toujours de substance. Début octobre, Christopher Krebs, sous-secrétaire par intérim de la direction de la protection nationale du DHS, assurait, lors d’une audience parlementaire, que la décision avait été prise « à partir de l’ensemble des indices, dont pour l’essentiel des informations ouvertement disponibles ». Ce qui, on l’imagine, recouvre notamment des allégations dont au moins certaines peuvent sembler manquer de fondement.

Surtout, en novembre dernier, lors d’une autre audience parlementaire, Jeannette Manfra, représentante du ministère, avait concédé, non sans réticence, ne pas disposer « d’élément de preuve concluante » pour étayer les suspicions à l’encontre de Kaspersky.

Dans sa lettre ouverte, le patron de l’éditeur russe indique qu’il ne consacrera pas un cent en promotion sur Twitter cette année, quelle que soit la tournure que prendront les événements. Le budget initialement prévu ira à l’Electronic Frontier Foundation (EFF) : « ils font beaucoup pour lutter contre la censure en ligne », ajoute Eugène Kaspersky.

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