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OpenStack accélère les développements autour du Edge Computing

Prise dans la transformation des telcos vers les services, la fondation cale les feuilles de route de ses projets Airship et StarlingX sur la sortie de la 5G.

L’imminence de la 5G et la volonté des opérateurs de s’en servir pour développer des services de Edge Computing a bouleversé les calendriers des développements Open Source. Lors de l’Open Infrastructure Summit qui se tenait cette semaine à Denver, le groupe de travail dédié au Edge Computing a ainsi occupé le devant de la scène en expliquant que sa mission n’était plus d’identifier les problématiques possibles, mais de donner des feuilles de route aux développeurs.

En particulier, il s’agit d’enrichir Airship. Ce logiciel d’AT&T, désormais hébergé par la fondation, sert à déployer automatiquement et à distance de l’intelligence sur site : il identifie les ressources matérielles disponibles et y installe les services applicatifs définis par l’opérateur. Présenté en version finale 1.0, il a vocation à déployer ses couches fonctionnelles sous la forme de containers, mais a encore besoin de mieux s’intégrer aux fonctions clusters de Kubernetes comme à celles de déploiement de Helm v3.

« Vous me l’auriez demandé il y a six mois, je vous aurais dit que l’Edge Computing était une fonctionnalité prévue pour 2020. Mais, désormais, nos clients veulent que nous soyons prêts pour le second semestre de cette année », a déclaré Sandro Mazziotta, le responsable des technologies NFV chez Red Hat, lors d’une cession d’interviews.

Appuyer la transformation des telcos vers le service

Selon Mathieu Poujol, en charge du pôle Security, Cloud & Infrastructure au cabinet de conseil Technology Group, il n’est pas étonnant que les développements autour du Edge Computing soient si liés au bon vouloir des opérateurs télécoms.

« Les télécoms sont en train de se transformer pour offrir plus de services. Lors de son récent sommet sur la 5G, Orange ne parlait d’ailleurs que de fonctions à la demande. Les opérateurs veulent pouvoir faire de la télémaintenance, des mises à jour automatiques pour devenir meilleurs vis-à-vis de leurs clients. Pour y parvenir, ils doivent pouvoir virtualiser les équipements en bout de réseau et c’est précisément ce qu’ils attendent d’OpenStack. »

Il ajoute que, selon sa propre enquête, Mirantis, l’un des principaux intégrateurs d’OpenStack, réalise 70 % de son chiffre d’affaires auprès des télécoms, preuve que la plateforme d’infrastructure Open source est fortement liée à cette activité.

« Il faut par ailleurs préciser que la 5G est bien plus logicielle que toutes les générations précédentes de réseaux mobiles, car l’enjeu pour un opérateur est désormais de déployer le plus vite possible, plutôt que d’être celui qui a trouvé la meilleure implémentation technique », indique Thierry Carrez, le responsable de l’engineering à la fondation OpenStack.

« À ce titre, Airship est très intéressant car il répond au principal défi qui est le déploiement automatisé. Dans le cas d’AT&T, par exemple, il y a l’enjeu de ne plus avoir à envoyer du personnel sur site. Avec Airship, il devient possible de décrire ce que l’on veut obtenir sur un équipement et de le déployer sous le forme d’un NFV avec la certitude qu’il tournera comme on le désire. »

Et d’expliquer que les équipements de la 5G sont d’ailleurs équipés d’une puce qui sait répondre aux communications d’Airship même quand rien n’est déjà installé dessus. « Cela fonctionne de la même façon que notre module Ironic qui sait déployer des couches OpenStack sur des serveurs physiques. On dialogue avec le firmware du matériel pour qu’il télécharge les modules qu’on lui indique », précise Thierry Carrez.

Les machines-outils, l’autre grand marché du Edge Computing

Airship n’est pas limité au secteur des télécommunications. Suse et Mirantis ont expliqué lors de ce summit s’y intéresser pour déployer automatiquement des cloud privés dans les succursales des entreprises. Dans un premier temps, l’application principale serait même de déployer des couches d’infrastructures sur les machines-outils des industriels, typiquement pour qu’une sonde puisse déclencher localement des opérations sans attendre de remonter ses données au système central.   

« Le but ultime des industriels est d’éliminer tous les câbles de données auxquels sont reliées leurs machines-outils. Parce que cela leur permettrait d’avoir des robots et des opérateurs plus mobiles. Mais pour y arriver, il faut que la machine-outil intègre un véritable datacenter, afin qu’elle communique avec son application en cloud privé à minima », décrypte Mathieu Poujol.

À ce titre, l’autre vedette de cet Open Infrastructure Summit restera la distribution StarlingX, qui consiste à installer une mini infrastructure OpenStack sur le contrôleur d’une machine-outil industrielle. Déjà fonctionnelle depuis la fin de l’année dernière, il lui reste néanmoins à s’exécuter intégralement en containers, de sorte à minimiser le poids des mises à jour fonctionnelles via la 5G. Ses développeurs prévoient d’y arriver à la rentrée, avec la publication d’une version 2.0.   

« Tout le problème, désormais, est de savoir si les containers d’OpenStack seront suffisamment légers pour tenir dans des équipements qui ont des caractéristiques informatiques minimalistes », conclut Mathieu Poujol.

Les autres projets de la fondation OpenStack liés au Edge Computing comprennent les modules Cyborg (gestion de matériels embarqués, comme ceux à base de FPGA), Glance (gestion des images systèmes), Keystone (gestion des identités) et Ironic.

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