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Les Etats-Unis frappent un grand coup contre Huawei

Le président Donald Trump vient de signer un décret interdisant de facto aux entreprises américaines de commercer avec l’équipementier chinois. Ce qui peut aller bien au-delà des seuls réseaux télécoms.

Après de très nombreux et intenses efforts de lobbying, la maison blanche est passée à l’offensive. Son locataire, le président Donald Trump, vient ainsi de signer un décret visant officiellement à « sécuriser la chaîne logistique des services et technologies de l’information et des communications ».

Le texte déclare une urgence nationale en invoquant des « adversaires étrangers » accusés de « créer et d’exploiter de plus en plus des vulnérabilités dans les services et technologies de l’information et des communications, qui stockent et transmettent de vastes quantités d’informations sensibles, facilitent l’économie du numérique, et supportent les infrastructures critiques ainsi que les services d’urgence vitaux ». Des activités qui n’auraient d’autre but que de « commettre des activités malicieuses, dont de l’espionnage économique et industriel contre les Etats-Unis et son peuple ».

Ce décret donne autorité au secrétaire d’Etat au commerce Wilbur Ross pour interdire les transactions liées aux technologies de l’information et des communications entre entreprises américaines et ces fameux « adversaires étrangers ». A charge pour le ministère du commerce de désigner nommément les entreprises visées. Et justement, celui-ci a ajouté à la liste correspondante Huawei et 70 de ses filiales.

Cette nouvelle étape marque un accroissement des tensions politico-commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Ainsi, si fin 2017, Washington désignait ses adversaires dans le monde cyber, mettant ouvertement la Corée du Nord et l’Iran à l’index, il se montrait plus complaisant à l’égard de la Chine et de la Russie. Mais ces temps semblent bien révolus.

Car si la Maison Blanche a plus qu’activement milité contre Huawei deplus plusieurs mois, ses efforts de lobbying portaient essentiellement sur les infrastructures des réseaux 5G. Le décret nouvellement signé va bien au-delà. Il couvre tout « matériel, logiciel, ou autre produit ou service nominalement conçu pour fournir ou permettre le traitement, le stockage, la récupération, ou la communication d’informations ou de données, par des moyens numériques, dont la transmission, le stockage et l’affichage ».

Pour le sénateur républicain Marco Rubio, c’est bien simple : Huawei risque désormais de ne plus pouvoir « accéder à des composants importants comme des puces, des antennes et des systèmes d’exploitation » de terminaux mobiles. Et le Chinois n’est rien moins que le troisième constructeur de smartphones au monde, derrière Samsung et Apple.

Sur Twitter, Huawei s’est défendu, estimant que la nouvelle prise de position américaine « n’est dans l’intérêt de personne. Cela va faire du tort, économiquement, aux entreprises américaines avec lesquelles Huawei réalise des affaires, affecter des dizaines de milliers d’emplois américains, et perturber la coopération et la confiance mutuelle qui existent actuellement dans la chaîne logistique globale ». A ce jour, les Etats-Unis n’ont toujours pas avancé de preuve de leurs accusations à l’encontre de Huawei.

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