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ForeScout passe dans le giron du fonds d’investissement Advent International

Le spécialiste du contrôle d’accès réseau a été racheté pour un montant de 1,9 Md$. Advent entend ainsi commencer à renforcer ses activités dans le domaine de la sécurité. Son portefeuille contient notamment Idemia.

Le fonds d’investissement Advent International vient de faire l’acquisition du spécialiste du contrôle d’accès réseau (NAC) Forescout, en numéraire pour environ 1,9 milliard de dollars.

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Au terme de la transaction, qui doit être finalisée au second trimestre, Advent International disposera de toutes les actions ordinaires de Forescout en circulation. Le prix d'achat est environ 30 % plus élevé que le prix de clôture de l'action Forescout de 25,45 $ le 18 octobre.

Pour cette opération, Advent s’est associé à Crosspoint Capital Partners, un autre investisseur, spécialisé dans la cybersécurité et les technologies de protection des données. Une fois la transaction conclue, Forescout deviendra une société privée. Son PDG, Michael DeCesare, conservera une fonction de direction.

Dans un communiqué de presse, Michael DeCesare explique que « nous sommes encore au début d'une grande opportunité de marché, car chaque organisation a besoin de visibilité sur ce qui se connecte à son réseau et sur la manière de réduire les risques liés à des appareils, tels que les objets connectés ou les systèmes de contrôle industriel (ICS/OT) ». Pour lui, « cette transaction représente une nouvelle phase passionnante dans l'évolution de Forescout ».

Forescout a été fondé en 2000 et s’était spécialisé sur le contrôle d'accès au réseau (NAC) et sa surveillance. Mais l'entreprise a graduellement engagé son virage vers les systèmes industriels et opérationnels. Et cela notamment avec le rachat de SecurityMatters, à l’automne 2018. Au printemps 2019, il a d’ailleurs présenté la version 4.0 de SilentDefense, la plateforme de supervision passive des ICS, issue de cette opération. Forescout est entré en bourse en 2017, et levé, à cette occasion, environ 117 millions de dollars.

L'acquisition par Advent a été annoncée en même temps que les résultats de Forescout pour le quatrième trimestre de son exercice 2019, qui étaient inférieurs aux attentes de Wall Street. Pour la période, son chiffre d’affaires s'est élevé à 91,3 millions de dollars, soit 8 % de mieux qu’un an plus tôt, mais en deçà de l'objectif des analystes, qui était d'environ 95 millions de dollars. Les pertes nettes pour le trimestre se sont élevées à 20 millions de dollars, soit 0,42 $ par action, soit significativement plus que ce qu'attendaient les analystes, qui misaient sur 0,31 $ par action.

Forescout a également fait état d’une perte nette de 118,5 millions de dollars, soit 2,58 dollars par action, pour 2019, contre 74,8 millions de dollars pour son exercice 2018, soit 1,83 dollar par action.

Pour Theresia Gouw, présidente du conseil d'administration de Forescout, « cette opération, qui est le résultat d'un processus rigoureux conduit par le conseil d'administration avec l'aide de conseillers juridiques et financiers indépendants, témoigne de la valeur que Forescout a créée et de la réputation que notre équipe a bâtie ».

Chris Steffen, directeur de recherche au cabinet d'analystes Enterprise Management Associates, voit là une évolution positive. Pour lui, Forescout « a été un leader sur le marché du contrôle d'accès réseau pendant longtemps » et cette acquisition devrait lui donner l’occasion « de se recentrer un peu ». L’éditeur traverse un certain manque de dynamisme commercial, notamment du fait de l’évolution générale vers le cloud car, là, « le NAC n’est plus aussi pertinent qu'il l'était auparavant ». Alors pour l’analyste, la reprise en mains par un fonds d’investissement devrait donner à l’éditeur la bouffée d’air nécessaire pour conduire à son rythme, ses efforts d’innovation.

Pour Advent International, cette opération permet d’engager un renforcement de son portefeuille dans le domaine de la cybersécurité, où il n’est actuellement que très peu présent. Tout au plus faut-il compter là avec le Français Idemia, issu du rapprochement d’Oberthur Technologies et de Safran Identity & Security (ex-Morpho) en 2017.

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