Le Crédit Agricole refroidira ses serveurs dans des bains d’huile

Après deux ans de tests, la banque a décidé d’immerger les serveurs de deux de ses datacenters dans des bacs d’huile, afin de passer d’un PUE de 1,4 à 1,04.

Après avoir testé la solution pendant deux ans, le Crédit Agricole refroidira à présent les serveurs de deux de ses datacenters en les immergeant dans des bains d’huile. Ici, pas d’étagère Rack, mais des bacs dans lesquels seront plongés les serveurs. Appelés AIC24, ils sont fournis par la société Asperitas et contiennent une huile mise au point par les chimistes du géant pétrolier et gazier Shell.

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Bien plus efficace et bien moins énergivore que le soufflement d’air par des ventilateurs, le liquide capture les calories des machines à la surface de leurs cartes mères et les dissipe dans son volume. Un petit moteur d’aquarium fait circuler doucement l’huile pour évacuer sa chaleur par convection naturelle.

La banque a commencé à tester cette technologie en 2018 sur sa plus importante ferme de serveurs. Connue sous le nom de Greenfield, celle-ci est en charge de plus de 40 % des traitements effectués par l’informatique de la société. Au cours de ce projet pilote, le refroidissement à l’huile a répondu à toutes les exigences, que ce soit en termes de sécurité des machines et des traitements, comme en termes de consommation énergétique.

« Le module AIC24 a été exposé à de nombreuses fluctuations énergétiques et a eu des performances exceptionnelles, comme le montre notre indicateur d’efficacité énergétique PUE, qui est passé de 1,4 à 1,03 cet hiver et à 1,04 pendant une canicule », indique Jean Buet, le directeur des centres de données du Crédit Agricole.

Réduire l’énergie pour refroidir sans investir dans des travaux

Forte de ce succès, la banque a confirmé qu’elle installerait plusieurs modules Asperitas dans deux de ses centres de données, ce qui lui permettra d’économiser l’espace aujourd’hui dédié à ses systèmes de refroidissement par air et, surtout, de réduire sa consommation d’énergie.

Selon Jean Buet, le déploiement de ce système de refroidissement par huile servira par ailleurs à augmenter sans difficulté la puissance de calcul de ses fermes de serveurs : « la solution de refroidissement par immersion fournie par Asperitas nous permet d’augmenter la densité de notre centre de données sans travaux majeurs », dit-il.

« Il s’agit véritablement d’une solution de haute densité thermique. »
Jean BuetDirecteur des centres de données, Crédit Agricole.

« Il s’agit véritablement d’une solution de haute densité thermique, qui répond à la fois à notre demande croissante de puissance de calcul, mais aussi aux défis physiques que posent les nouvelles générations de matériel informatique, bien plus denses qu’auparavant. »

« La flexibilité et la simplicité physique des modules AIC24 font qu’il n’y a rien à reconstruire dans les datacenters », dit pour sa part Rolf Brink, le PDG d’Asperitas, en faisant référence à toute la tuyauterie d’ordinaire nécessaire pour climatiser une salle informatique. Il assure que ses modules AIC24 auront un impact « énorme » sur la performance, l’efficacité et la pérennité des datacenters, et voit dans le Crédit Agricole un véritable ambassadeur du refroidissement par immersion.

Sundeep Kamath, le responsable de Shell qui a désormais en charge le marketing des huiles de refroidissement, indique que Shell veut désormais être vu par les entreprises comme un partenaire stratégique pour réduire l’empreinte carbone de leurs opérations. 

« Les centres de données consomment aujourd’hui environ 1 % de la demande énergétique mondiale et cette proportion ne devrait que croître avec la production exponentielle de données. Cette solution innovante offre le meilleur de tous les mondes : des performances de calcul accrues, des coûts réduits et une empreinte CO2 plus faible », argumente-t-il, en ajoutant que Shell utilise lui-même l’huile dans ses propres datacenters.

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