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UEM : un marché enfin prêt à décoller, mais déjà dominé

Gartner estime que plus de la moitié des entreprises auront adopté la gestion unifiée des terminaux à l’horizon 2024. Mais quelle place Microsoft laissera-t-il à ses concurrents, alors qu’il apparaît profiter d’une avance marquée.

Pour beaucoup, qui s’échinent à promouvoir le concept d’administration consolidée des terminaux utilisateurs (UEM) depuis des années, les prédictions formulées par Gartner durant l’été ont tout l’air d’une excellente nouvelle : selon le cabinet, à l’horizon 2024, plus de la moitié des organisations auront adopté l’UEM… contre moins de 5 % en 2020 ! La perspective est sûrement alléchante pour des acteurs tels que BlackBerry, Citrix, IBM, Ivanti, ManageEngine, Matrix42 ou encore VMware. Mais ce serait ne pas compter avec l’ombre que projette Microsoft sur le quadrant magique de Gartner où il caracole en tête, loin devant tous ces concurrents, ayant sévèrement creusé l’écart en deux ans.

Microsoft n’est pas seul dans le carré des leaders : il partage ce dernier avec VMware. Mais si le second jouit, selon Gartner, d’une vision légèrement plus complète que celle du géant de Redmond, ce dernier apparaît sans rival pour la capacité à concrétiser sa vision. IBM doit se contenter du carré des challengers, et Ivanti de celui des visionnaires. BlackBerry, Citrix, Matrix42 et ManageEngine se partagent le carré des acteurs de niche ; le dernier se détachant seul de ses trois voisins.

Pour Gartner, la force de Microsoft, avec son offre Endpoint Manager au sein du portefeuille Enterprise Mobility + Security (EMS), c’est d’abord « une intégration profonde entre produits offrant des capacités de sécurité difficiles à répliquer » en combinant des composants épars. Ces produits, ce sont notamment Azure AD, Defender xDR, et les applications Microsoft 365. Et là, l’éditeur profite directement du succès de cette offre Cloud : avec lui, « Endpoint Manager continue de dominer le marché de l’UEM ».

Les analystes ne manquent d’épingler quelques lacunes, comme l’absence de découverte automatique des terminaux – tout repose sur l’annuaire Active Directory local ou sur Azure AD –, ou encore une certaine complexité de mise en œuvre. Mais tout cela ne suffit apparemment pas pour placer des concurrents dans une position menaçante.

Pour autant, Gartner ne manque de louanges à l’égard de l’autre leader de son quadrant magique, VMware. Pour le cabinet, c’est même « le seul éditeur de cette étude à fournir un package complet regroupant gestion des terminaux (Workspace ONE UEM), SSO (Workspace ONE Access), support à distance (Workspace ONE Assist), accès à distance (Workspace ONE Tunnel et VMware SASE), sécurité du terminal (Carbon Black), analytique et automatisation (Workspace ONE Intelligence), et virtualisation (Horizon) ». Et les clients de l’éditeur se montreraient très satisfaits de l’offre pour améliorer l’expérience des utilisateurs distants. En outre, Gartner souligne la simplicité de déploiement et la flexibilité de l’architecture de l’offre.

Mais voilà, la structure tarifaire de VMware, réservant certaines fonctionnalités aux licences Advanced et Enterprise, ne l’aide probablement pas à convaincre. Et cela d’autant plus que les clients Microsoft 365 doivent trouver comment justifier des investissements additionnels pour des fonctionnalités qui leur sont en fait déjà accessibles via l’offre Cloud de l’éditeur de Redmond. Il ne fait guère de donc que la situation vaille également pour les autres concurrents de Microsoft sur le terrain de l’UEM.

C’est peut-être d’autant plus vrai que, Gartner estime que le marché de l’UEM est arrivé à maturité, « avec des opportunités de croissance limitées au-delà des cas d’usage liés aux utilisateurs en frontal avec les clients finaux ou aux PME/ETI ». Pour le cabinet, la croissance pour les éditeurs est surtout « organique », chez les clients existants, notamment avec les migrations vers de nouvelles versions de Windows et l’adoption de macOS. Jamf pourrait bien là tirer son épingle du jeu, même s’il est absent du quadrant magique.

Parmi les acteurs présents dans ce quadrant, Ivanti se détache toutefois, profitant des acquisitions de MobileIron et Pulse Secure, et avec le support d’un éventail particulièrement large dee terminaux et de systèmes d’exploitation, sans oublier la protection contre les menaces mobiles (MTD), le SSO et l’accès réseau sans confiance (ZTNA). Mais les analystes déplorent que les efforts d’intégration des briques techniques issues de rachats ne soient pas encore achevés en ce qui concerne documentation, réponses aux questions fréquentes ou encore guides de démarrage rapide.

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