Base Database Cloud@Customer : Oracle compresse l'empreinte sur site de son cloud hybride

Pour encourager les entreprises à adopter ses offres de cloud hybride, Oracle réduit encore l’empreinte des déploiements Cloud@Customer. Ses clients pourront commencer par installer une appliance de base de données au format 8U pour des charges de travail moyennes ou pour déployer certains agents IA.

Le 22 juillet, Oracle a annoncé Oracle Base Database Cloud@Customer.

Cette nouvelle offre de la gamme Cloud@Customer doit traiter les petites charges de travail et de taille intermédiaires dans des environnements cloud hybrides. Dans cette configuration, les clients déploient les racks Exadata au sein de leur centre de données, mais la configuration, le contrôle des déploiements est opéré par défaut depuis la console d’Oracle Cloud Infrastructure (OCI).

Habituellement, déployer Exadata Database Service sur Cloud@Customer réclame à minima un rack 42U contenant deux serveurs pour la base de données et trois serveurs de stockage.

8U, ça suffit (ou presque)

Base Database Cloud@Customer nécessite par défaut qu’une appliance 8U, selon les porte-parole d’Oracle. Elle intègre deux serveurs de calcul 2U dotés chacun de deux processeurs AMD Epyc 5e génération 9J15 (2x32 cœurs 2,95 GHz à 4,4 GHz, 60 utilisable par serveur) et de 768 Go de RAM (12x64 Go DDR5, 660 Go utilisables) pour un total de 1,5 To de mémoire vive (1,3 To utilisable). À noter que le fournisseur utilise là les CPU qui propulsent les serveurs de stockage de l’appliance X11M.

Les deux nœuds partagent, via une liaison SAS (Shared Attached Storage), une baie de stockage 4U composée de 6, 12, 18 ou 24 SSD de 7,68 To. Oracle annonce une capacité de stockage utilisable comprise entre 11,6 To et 47,2 To. Les serveurs sont reliés par une interconnexion privée 25 GbE, tandis que les clients accèdent à l’appliance via des interfaces réseau PCIe 10 ou 25 Gbit/s.

Oracle justifie le lancement de cette offre par la nécessité pour ses clients de moderniser leurs applications avec l’IA, tout en respectant les exigences réglementaires de résidence de données et en réduisant leurs coûts. De fait, la pénurie de composants fait enfler les prix des serveurs et des services cloud.

Selon les analystes interrogés par SearchDataManagement, une publication sœur du MagIT, Oracle expose une vision réaliste du cloud, adapté aux besoins réels des entreprises. Son approche verticalement intégrée lui donnerait une longueur d’avance en la matière face à Azure Local et AWS Outposts. Une verticalisation qui se paie par un plus grand risque de verrouillage propriétaire, oublient-ils de préciser.

Cette promesse d’économie repose sur un passage à un modèle de dépenses opérationnelles, combiné à l’achat de licences. Il dépend d’un contrat de souscription d’une durée minimale de quatre ans, extensible pendant un an. L’usage de Base Database Cloud@Customer est facturé à la seconde, en fonction du nombre d’ECPU sollicité (CPU utilisé, mémoire, stockage alloué au VM de la base de données, etc.). Hybride oblige, il est possible de faire évoluer les ressources à la demande. Au besoin, Oracle prend en charge le débord sur son cloud public. C’est recommandé pour les charges de travail les plus exigeantes.

Les mises à jour applicatives et de sécurité sont en grande partie automatisées, tandis que certaines opérations de maintenance peuvent être ajustées à la demande des clients.

« L’infrastructure sous-jacente, y compris les serveurs, le stockage, le réseau, l’hyperviseur et le logiciel système, est déployée, surveillée et gérée par Oracle », lit-on dans la documentation commerciale du fournisseur.

La console Oracle collecte des données de télémétrie, des alertes, interroge la santé des bases de données, des VM, de l’infrastructure et envoie les ordres de montée à l’échelle. Les données des clients sont normalement isolées de ce control plane, mais cette dépendance ne répond pas aux exigences les plus strictes en matière de résidence de données. Les lois extraterritoriales ne sont jamais loin.

En sus de l’appliance, Base Database Cloud@Customer prend en charge Oracle Database 26ai et 19c. Les licences peuvent être incluses dans les quatre éditions commerciales (de Standard à Enterprise Extreme Performance) ou apportées par le client (BYOL).

Enterprise Extreme Performance, l’édition la plus dotée (et donc la plus chère), intègre Oracle RAC pour la haute disponibilité. Data Guard, le service de reprise après désastre, est disponible à partir de l’édition Enterprise.

En option également, les entreprises peuvent déployer des VM applicatives administrées par l’hyperviseur Oracle KVM sur la même appliance que la base de données. Là encore, la facturation est à l’usage.

Le fournisseur vise en premier lieu ses clients ETI et les succursales ou départements des grands groupes avec des exigences de faible latence et de conformité.

L’IA à petits pas, mais en cloud hybride

Les entreprises peuvent aussi se servir de l’appliance pour créer un miroir d’une partie de leurs données transactionnelles pour animer des charges de travail agentiques, s’exécutant partiellement sur site.

Base Database Cloud@Customer intègre AI Vector Search, l’interface de conception no-code d’agents IA, AI Database Private Agent Factory et Oracle Private AI Services Container.

AI Services Container sert à vectoriser les données à l’aide de modèles d’embedding exécutés sur les CPU des serveurs de calcul ou sur le cloud d’Oracle. L’indexation des vecteurs, elle, peut être déléguée à une instance GPU Nvidia, sur le cloud ou sur site. À travers AI Database, la fonctionnalité AI Vector Search permet d’utiliser ces deux briques pour retrouver les données dans la base. En la matière, le fournisseur n’est pas l’acteur le plus avancé. Il ne propose pas de pipelines pour gérer de bout en bout les documents les plus complexes. En l’occurrence, Autonomous AI Vector Database, la solution managée pour faciliter une partie du travail, doit encore faire ses preuves.

Private Agent Factory nécessite 26ai et Oracle Linux 8. Il permet de configurer des assistants, ainsi que des agents IA qui reposent sur des modèles appelés depuis OCI Generative AI, les API d’OpenAI ou de Google. Les entreprises peuvent aussi connecter le service à Ollama et vLLM pour des déploiements sur des serveurs GPU gérés on premise ou depuis un cloud privé, derrière leur pare-feu.

L’outil no-code intègre des templates d’assistants IA et des agents pour certains cas d’usage, comme la recherche profonde, les usages RAG, d’analyse de données, de processus de remboursement, d’analyse d’actifs financiers, de génération ou d’envoi de courriels. Il faut espérer que l’import de flux de travail définis depuis les frameworks agentiques tels LangGraph et AutoGen se passe bien pour les usages les plus avancés. Oracle a déjà prévu d’améliorer sa Factory.

Rappelons que l’appliance ne dispose pas de GPU, donc il y est bien plus difficile d’y exécuter directement des LLM. Ce n’est pas impossible. Le fournisseur prend en charge le format ONNX pour lancer des charges de travail d’IA sur CPU. Le fournisseur le déconseille pour l’instant : les traitements sont beaucoup plus lents.