Cet article fait partie de notre guide: Conteneurs : avenir en or ou technologie déjà démodée ?

Docker 1.12 : bataille de l’orchestration des conteneurs en vue

Cette version 1.12 intègre en natif le moteur d’orchestration Swarm au Docker Engine. De quoi le rapprocher de Mesos ou Kubernetes.

« La guerre de l’orchestration est ouverte. » Fabien Amico, le directeur général de la société Treeptik (qui développe CloudUnit, un Paas Java bâti sur les conteneurs Docker) ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit d’évoquer la dernière version 1.12 du Docker Engine, annoncée cette semaine lors de la DockerCon.

Une version qu’il qualifie d’ailleurs de « majeure » dans l’évolution de la technologie de conteneurs, - d’ailleurs de plus en plus populaire en France (voir encadré).  Et pour cause : cette version 1.12 intègre désormais en natif Swarm, le projet d’orchestration de conteneurs Docker, en gestation depuis 2 ans. Ce rapprochement positionne désormais l’écosystème Docker au même niveau que Kubernetes ou Mesos autres moteurs d’orchestration qui venait jusqu’alors combler les lacunes de Docker.

Une adoption qui progresse en France

En France, les usages des conteneurs grandissent dans les grands comptes de l’IT avec souvent comme objectif de moderniser les chaînes d’intégration ou, plus globalement leur infrastructure. Des projets au long court, qui prennent de plus en plus vie, résume Fabien Amico. « Les entreprises sont arrivées à maturité avec les conteneurs », ajoute-t-il. Certains organismes bancaires s’y sont penchés, comme la Caisse d’Epargne ou la Société Générale (qui envisage de repenser complètement son architecture avec Docker). De son côté, Amadeus utilise Docker sa chaîne d’intégration pour développer des applications critiques. Gemalto serait aussi un adepte des conteneurs Docker.

« Jusqu’alors, il fallait greffer Swarm, à son projet Docker », explique Fabien Amico. Et encore, poursuit-il en substance, cela ne répondait pas forcément à des cas d’usage liés à des architectures complexes. Des fonctions que l’on retrouvait alors dans Kubernetes ou Mesos. Mais avec Docker 1.12, « il n’est plus nécessaire d’aller chercher d’autres technologies », affirme-t-il.

Cette intégration native Docker – Swarm est aussi possible parce que Swarm s’est étoffé d’un point de vue fonctionnel– le résultat des 2 années de développement.  C’est ainsi une version du moteur d’orchestration qui a évolué. Les équipes de développeurs ont par exemple travaillé à renforcer la sécurité. « Toutes les communications internes sont chiffrées, résume encore Fabien Amico. Des certificats sont aussi créés et distribués automatiquement. » Notons par ailleurs que la sécurité est souvent présentée comme un point faible de Docker.

Autre amélioration  notable de cette 1.12, la déclaration des services est désormais possible, comme c’était le cas dans Kubernetes. « L’orchestrateur garantit le bon  fonctionnement du cluster de conteneurs. Si un conteneur tombe, le service peut en re-créer un autre et garantir la disponibilité des services », explique-t-il.

Accélérer la mise en production de Docker dans les entreprises

Logiquement, ce rapprochement pourrait également avoir pour effet de faire émerger davantage de  cas  d’usage sur Docker dans les entreprises. Et en ce sens, cela est en ligne avec la stratégie de Docker. « Il fallait achever le modèle complexe pour aller vers la production », commente Fabien Amico.

D’autant plus que grâce à cette intégration, il sera également plus facile de transporter son cluster Docker d’une plateforme Cloud à l’autre, commente-t-il encore. «Ce qui jusqu’alors n’était pas aussi simple. » Lors de cette conférence DockerCon, Docker a présenté une intégration – en bêta privée – avec Azure et AWS qui permettra de monter rapidement un cluster Docker (1.12) sur ces Clouds.

Restera enfin à départager Docker – Swarm et Kubernetes. « Pour les déploiements massifs en production, Kubernetes est plus étoffé que Swarm », reconnait Fabien Amico, citant la proximité de Google avec le projet Kubernetes et son utilisation massive des conteneurs. Ainsi «si le développeur utilise le Cloud de Google, il utilisera naturellement Kubernetes.  Les nouveaux arrivants à Docker  se tourneront vers Swarm, car ils auront tout entre leurs mains. ».

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