Cet article fait partie de notre guide: Tout savoir sur les infrastructures convergées

Point sur les systèmes et architectures de référence convergés

De plus en plus populaires, les systèmes et architectures de références convergés séduisent les entreprises par leur intégration et leur simplicité de déploiement et d'exploitation.

Historiquement, les équipes informatiques assemblaient leurs architectures informatiques à partir des solutions proposées par leurs différents fournisseurs. Elles pouvaient ainsi choisir leurs serveurs chez un fabricant x, leur stockage chez un fournisseur y et leurs équipements réseaux chez un fournisseur z.

Le problème d’une telle approche dite « Best of Breed » est qu’elle garantissait certes la possibilité de choisir les meilleurs composants individuels mais absolument pas le fonctionnement du tout comme une solution cohérente. De plus l’assemblage des différents composants requérait non seulement de l’expertise mais aussi du temps.

Il fallait en effet valider que les différents éléments fonctionnaient correctement entre eux sous peine de déconvenues cruelles et il fallait ensuite passer un temps considérable à assembler, interconnecter et configurer les différents éléments. À l’arrivée, si tout marchait comme prévu, il fallait encore faire face à de multiples consoles d’administration et de provisioning, toutes utilisant des interfaces et des logiques différentes et interagir avec des services de support techniques qui se renvoyaient la balle en cas de problème.

Les solutions d’infrastructures intégrées à la rescousse

Depuis quelques années, les grands de l’informatique proposent des solutions d’infrastructure pré-intégrées, dont le but est de délivrer aux clients des solutions d’infrastructure généralistes préconfigurées et pré-validées. Ces solutions combinent serveurs, stockage et équipements réseaux et sont livrées prêtes à l’emploi pour les clients. L’un des objectifs de ces plates-formes est d’éliminer les risques et incertitudes liés à l’intégration des différents composants d’une solution d’infrastructure (serveurs, réseau, stockage…). Un autre est d’accélérer les déploiements et le provisioning de nouveaux services. Un dernier, enfin, est de simplifier l’exploitation des infrastructures en harmonisant les consoles, en facilitant l’administration au quotidien.

Le moins que l’on puisse dire est que ces solutions connaissent un vrai succès. Selon une étude publiée en mars 2013 par le cabinet d’enquête ESG – enquête réalisée auprès de 376 entreprises –, 50 % des entreprises interrogées ont recours à des architectures de références ou à des solutions intégrées pour la mise en œuvre de leurs clouds privés et 64 % estiment que ce type de solutions devrait devenir le modèle de prédilection pour le déploiement de clouds dans leur entreprise.

Les solutions d’infrastructure intégrées sont conçues comme des systèmes prêts à l’emploi combinant l’ensemble des technologies nécessaires pour permettre une mise en route quasi instantanée : elles combinent en général des serveurs, des baies stockage, des équipements réseaux ainsi que l’environnement logiciel nécessaire à leur exploitation, à savoir une plate-forme de virtualisation (VMware ou Hyper-V dans la plupart des cas) et une couche d’administration unifiée. Notons qu’un constructeur comme Oracle a une approche à la fois horizontale et verticale des systèmes convergés avec une appliance généraliste pour la virtualisation (Oracle VCA) et une multitude d’appliances verticalisées spécifiquement optimisées pour les bases de données, l’analytique, la BI…

Des bénéfices immédiats

Le premier bénéfice est immédiatement perceptible. La solution étant livrée pré-intégrée et prête à l’emploi, les équipes IT peuvent les mettre en œuvre très rapidement – en général en quelques heures ou quelques jours, contre plusieurs semaines pour une solution traditionnelle – et ainsi répondre plus vite aux demandes des utilisateurs. Un autre bénéfice immédiat est que l’apprentissage de ces solutions est plus rapide que celui d’un système disparate, ce qui fait que l’exploitation en est simplifiée – la console d’administration unifiée permet en général de piloter et de surveiller l’ensemble des composants de la solution de façon cohérente. Le support fourni est aussi en général assuré par un interlocuteur unique.

Au cours des deux dernières années, l’offre de systèmes pré-intégrés s’est largement développée sur le marché, mais on peut catégoriser les solutions proposées en deux grandes familles. La première est celle des systèmes généralistes, conçus pour simplifier la mise en œuvre de cloud privés. Dans cette catégorie, on retrouve notamment les systèmes de type vBlock de VCE, qui allient les serveurs et les équipements de Cisco aux solutions de stockage d’EMC et aux plates-formes de virtualisation de VMware, le tout avec un support unique. On trouve aussi les systèmes Converged System d’HP, les Active Systems de Dell, les Unified Compute Platform d’Hitachi Data Systems, l’Oracle Victual Compute Appliance,etc..

Les architectures de référence : le meilleur des deux mondes ?

L’une des caractéristiques de la plupart des systèmes convergents est leur nature mono-fournisseur. Cette caractéristique est parfois un obstacle pour certaines entreprises. C’est la raison pour laquelle, on a aussi vu émerger à côté des systèmes convergents une formule intermédiaire, celle des architectures de référence. Plus modulaires, ces architectures sont en quelque sorte des recettes de cuisine pour construire des systèmes convergents à partir de composants provenant de constructeurs multiples. Les architectures de référence de base permettent la mise en œuvre d’infrastructures virtualisées, mais d’autres sont conçues pour permettre le déploiement rapide de logiciels comme Exchange, SQL Server, SharePoint, Oracle…

Les architectures FlexPod de NetApp permettent ainsi de combiner le stockage de NetApp avec les serveurs et les équipements réseaux de Cisco tout en offrant le choix entre de multiples solutions d’administration. Les architectures VSPEX d’EMC permettent, quant à elles, de combiner les baies de stockage EMC avec des serveurs tiers comme ceux de Bull, Cisco ou HP et avec des solutions réseaux de Cisco, Brocade ou Extreme Networks. Selon le nombre d’utilisateurs cibles, il n’est pas rare de voir un constructeur proposer plusieurs architectures de référence différentes tirant parti de différents logiciels cibles (vSphere, Hyper-V, Exchange, Citrix XenDesktop, VMware View, Oracle, SAP ERP, SAP Hana…).

Au final, le choix entre l’approche systèmes convergés et l’approche architectures de référence dépend largement du type de besoin et du type de relation contractuelle que l’on souhaite avoir avec son fournisseur. Les systèmes convergés sont ainsi vendus et supportés par un constructeur unique et peuvent être dimensionnés pour faire face aux besoins de moyennes comme de grandes entreprises. Les architectures de référence quant à elles sont souvent proposées par des intégrateurs et assemblées à la demande en fonction du besoin de l’entreprise cliente.

Architectures hyperconvergées : l'avenir de la convergence ?

Malgré le nom que leur ont attribué les constructeurs, les systèmes convergés et les architectures convergées, ne sont pas véritablement plus convergés que des systèmes traditionnels. À bien y regarder, ce sont plutôt des systèmes pré-intégrés. Mais leur architecture fondamentale n’est pas différente de celle d’une architecture IT traditionnelle à base de serveurs, de réseau Ethernet et de SAN Ethernet ou Fibre Channel.

Une nouvelle génération de systèmes a toutefois fait son apparition il y a bientôt deux ans, les systèmes hyperconvergés. Ces systèmes sont l’œuvre de constructeurs comme Nutanix, Scale Computing ou Pivot3, mais aussi plus récemment de VMware avec son offre EVO:Rail.

Le concept de ces systèmes est simple. Chaque serveur est à la fois un élément de « compute » virtualisé et de stockage. Il participe à un système distribué dont la puissance et la capacité s’accroissent avec le nombre de nœuds. Le stockage partagé dans le cluster est le fruit de l’agrégation logicielle de la capacité de stockage des différents nœuds. Par exemple, chez Nutanix, la sauce secrète est un système de fichiers distribué, baptisé NDFS, qui permet d’agréger la capacité de stockage des nœuds en un espace de stockage unique à haute performance mis à la disposition des machines virtuelles installées sur le cluster. Sans ce système de gestion de fichiers distribué, il n’y aurait tout simplement pas de Nutanix. De même dans les appliances VMware EVO:Rail, la magie repose sur le système de fichier maison VSAN (virtual SAN)

Les architectures hyperconvergées sont innovantes dans la mesure où elles contribuent grandement à la simplification du datacenter en éliminant le stockage externe et la connectique associée. L’interrogation qui subsiste à propos de ces architectures porte toutefois sur leur aptitude à tenir la charge et sur leur résilience. De même, des questions se posent encore sur la richesse des services associés à la couche de stockage hyperconvergée. Mais la technologie semble prometteuse, à tel point que VMware a convaincu 4 des plus grands constructeurs de la planète de commercialiser sa technologie hyperconvergée EVO :Rail, tandis que Cisco commercialise l’offre de Simplivity et que Dell a signé un accord OEM avec Nutanix…

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