Expéditions polaires : les découvertes britanniques restent sur bandes

Pour ramener les relevés que ses scientifiques collectent aux confins de la planète, la British Antarctic Survey privilégie les cartouches LTO, bien plus compactes et manipulables que les disques durs.

En conditions extrêmes, rien n’est aussi efficace que les bandes pour collecter l’information. C’est en tout cas la conclusion à laquelle est arrivé Jeremy Robst, l’ingénieur de soutien informatique de la British Antarctic Survey (BAS) pour les missions polaires du navire scientifique RRS Sir David Attenborough.

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« Les croisières de recherche du navire durent généralement entre six semaines et deux mois et génèrent environ 100 To de relevés que nous devons ensuite ramener dans un centre de traitement à Cambridge, où ils seront partagés par la communauté scientifique. Nous pourrions copier les données des instruments sur des disques durs amovibles et les emporter avec nous au Royaume-Uni. Mais si nous générons une centaine de téraoctets en une seule croisière, ce n’est plus possible », explique-t-il.

« Avec les bandes, nous pouvons stocker de très gros volumes de données sur des supports compacts, puis simplement mettre les bandes dans nos bagages lorsque nous rentrons. »

L’enjeu de stocker beaucoup dans un minimum d’espace

Le problème, surtout, est que la richesse de ce navire en équipements scientifiques pose une contrainte de place disponible. Commandé par le Conseil National de Recherche Environnementale (NERC) du Royaume-Uni, le RRS Sir David Attenborough est un navire construit sur mesure pour les régions polaires. Il embarque des laboratoires et une foule d’instruments de pointe pour étudier les propriétés de l’eau, les animaux marins, les fonds marins, l’atmosphère.

« Nous sommes très soucieux de tout minimiser à bord. Car partir en mission pour les confins de la planète signifie que, pour chaque pièce d’équipement que nous emportons à bord, nous devons en avoir une de rechange. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas nous permettre d’embarquer des solutions de sauvegardes qui nécessitent des serveurs supplémentaires, car il faudrait aussi les avoir en double », ajoute Jeremy Robst. Or, c’est bien le problème : la plupart des produits d’archivage sur bande fonctionnent avec un serveur dédié.

Après avoir longuement étudié les offres du marché, l’équipe IT s’est arrêtée sur la bibliothèque de bandes Scalar i3 de Quantum, la seule qui réponde aux contraintes du RRS Sir David Attenborough. « Ce produit nous permet d’avoir la bibliothèque et la partie serveur dans un seul boîtier que nous n’avons qu’à connecter au réseau », se félicite le responsable informatique.

En l’occurrence, le boîtier Scalar I3 permet de récupérer toutes les données depuis un seul connecteur Ethernet en 10 Gbit/s, via un lien en fibre optique.

Tout avoir en double

L’équipe choisit d’acheter quatre bibliothèques Scalar i3. Outre les deux qui servent de matériels de rechange, l’une est équipée d’un serveur Veeam pour servir de cible aux équipements scientifiques sur lesquels un agent de sauvegarde Veeam est installé, tandis que l’autre est équipée d’un serveur NAS plus classique pour effectuer simultanément une copie de sauvegarde des informations enregistrées sur la première Scalar i3.

Ces serveurs prennent la forme d’une lame qui s’insère dans un emplacement à l’arrière de la bibliothèque Scalar i3. Il s’agit respectivement des lames iBlade Veeam Tape Server et iBlade LTFS.

« Les bibliothèques Scalar i3 sont interconnectées, de sorte que la lame serveur de l’une puisse utiliser le lecteur de bande de l’autre en cas d’incident sur l’un des éléments », précise Jeremy Robst. « Le navire est une plate-forme très coûteuse à exploiter au quotidien, il était donc vital que nous prenions toutes les mesures possibles pour protéger les données que les chercheurs collectent. »

Il ajoute que, bien évidemment, les bibliothèques permettent également de restaurer les données en cours d’expédition, pour les expérimentations effectuées à bord, et qui ne seraient plus dans les disques durs des équipements scientifiques, soit pour des raisons de place, soit à cause d’une erreur humaine.

Concernant la compacité, les bibliothèques Scalar i3 sont équipées d’un lecteur LTO-8, la dernière génération de ce format qui permet de stocker jusqu’à 12 To bruts par cartouche, ou 30 To compressés. L’équipe déploie à ce titre une autre bibliothèque Scalar i3 au bureau de Cambridge pour relire ce nouveau format de cartouches.

Il est trop tôt pour avoir un retour d’expérience sur l’efficacité de cette solution. La pandémie de Covid-19 a retardé le départ du RRS Sir David Attenborough, et les cartouches enregistrées ne livreront leurs découvertes qu’en 2021.

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