Suse veut sa place dans le cloud privé Open Source

Suse profite de son retour à Solutions Linux pour marquer la renaissance d’une société de 20 ans, comme libérée du giron de Novell. La distribution compte désormais mettre son approche Open Source en avant pour se faire une place sur le segment du Cloud privé. Ouvert, bien sûr. Red Hat dans le viseur.

philippe desmaison2Si Suse faisait son grand retour sur Solutions Linux, ce n’est pas uniquement pour fêter les 20 ans de la marque, mais bien pour illustrer la renaissance de la distribution Linux sur le marché des OS d’infrastructures. C’est un des constats que nous aurions pu réaliser suite à l’entretien de Philippe Desmaison, Suse Technical Manager, réalisé sur le salon, qui s’est tenu les 19, 20 et 21 juin à Paris. Comme pour célébrer son retour, la marque au lézard vert avait seule fait le déplacement, face à des Red Hat ou encore Canonical, absents de l’événement.
C’est donc son visage de «start-up de 20 ans» que Suse veut désormais mettre en avant, comme pour marquer sa fraîche autonomie, après le rachat de Novell par Attachmate (pour 2,2 milliards de dollars en novembre 2011). «On a changé de nom et de logo. On arrive avec la marque Suse [ qui a perdu son accroche Novell] qui est une marque assez forte, mais qui n’avait pas son indépendance ni sa visibilité autonome», résume-t-il.

Un accord avec Microsoft qui évolue
Les relations entre Microsoft et Suse sont au beau fixe, nous confie Philippe Desmaison. L’accord qui unit les deux mondes depuis 2006 a été renouvelé jusqu’en 2016. Parmi les travaux en cours, Philippe Desmaison évoque des chantiers autour de l’intéropérabilité, qui visent à rapprocher Suse Manager (l’implémentation de SpaceWalk par Suse) de System Center, l’outil d’administration centralisée de Microsoft. System Center sera capable de gérer Suse Manager 1.7, indique-t-il. Puis dressant un bilan : «nous sommes parvenus à faire de belles choses ensemble», saluant l'effort de l'éditeur dans son implication dans l'interopérabilité et l'Open Source. Il cite notamment les chiffres de la Linux Foundation qui classe Microsoft dans le top 20 des contributeurs au noyau. Sans oublier l’ouverture d’Azure au Iaas (Suse y est logiquement supportée). D’un point de vue commercial, l’accord avec Redmond a également permis à Suse de s’ouvrir à de nouveaux prospects. «Ce partenariat nous permis d'aborder des clients Microsoft avec un angle différent. On arrivait en tant que Linuxien, tout en étant un partenaire de Microsoft.» Des chantiers autour de la reprise de parc, notamment Red Hat, ont pu être initiés auprès de «grands du CAC 40».
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Ce décrochage du giron de Novell apparait ainsi comme salvateur pour lui, mais sans rejeter le passé toutefois. «Depuis notre autonomie, on a signé la plus belle année de l'histoire de Suse en termes de revenu [...] Novell nous a fait beaucoup de bien pendant des années en terme financier, nous a apporté une visibilité internationale. Mais nous avions besoin d'avoir une stratégie Open Source indépendante. Ce qu’Attachmate a bien compris.» La présence au coeur de l’éco-système Linux est donc clé pour l’éditeur : afficher ce visage d’acteur icône de l’Open Source, qui fait de Suse la 3e distribution, avec 26% de parts de marché en 2010 (source IDC).

Fort de cette stratégie, le groupe a entrepris de se forger une attitude ouverte avec le Cloud et le segment de l’infrastructure. L’un des trois piliers qui forment aujourd’hui le modèle Suse (les deux autres étant Enterprise Computing et Integrated Systems - systèmes embarqués). «Avant le cloud, c'était cloud manager, un outil Novell complètement propriétaire de cloud privé». Désormais il y a Suse Cloud, une solution d’infrastructure de cloud privé, aujourd’hui en bêta. Basée sur OpenStack, indique Philippe Desmaison, cette offre doit engager plus agressivement la société sur le terrain très prometteur du cloud privé Open Source. «Un marché effervescent», avec Eucalyptus et Citrix (Cloudstack), notamment. «Il nous a semblé naturel d'aller vers Openstack, car c'est un projet qui a réunit de nombreux acteurs et que Red Hat ne s'était pas encore manifesté par rapport à ça. On avait le potentiel à amener de la valeur au sein d'OpenStack.» En outre, la solution intègre également le projet Crowbar, mené par Dell, afin de faciliter le déploiement et le provisionning. «Avec Crowbar, on voulait aller un peu plus loin que sur la partie OpenStack et générer une notion de host à la volée», souligne-t-il.

Mais l’implication de Suse dans le projet va plus loin, insiste-t-il. Devenu sponsor platinium d’OpenStack, la société s’est engagée à fournir plusieurs dizaines de développeurs au projet. «Une version 1.0 de Suse Cloud basée sur Essex sera disponible dès cet été. En 2012, une version 2.0 basée sur Folsom devrait voir le jour, « avec une participation à des axes majeurs au sein de la communauté OpenStack», poursuit-il. A marche forcée, donc, avec dans le viseur, Red Hat, également supporter d’OpenStack.

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