Une nouvelle voix pour soutenir les datacenters européens

A l’occasion du congrès Datacentres 2012 de Nice, 70 opérateurs, fournisseurs de services et clients, ont officialisé la naissance de l’association Européenne des Datacentres (EUDCA). Objectif : devenir la voie unique de l’industrie des centres de calculs en Europe. Le tout, sur fond de transformation d’un secteur.

bernard lecanu eudcaA Nice, le congrès Datacentres 2012 vient de lancer l’association Européenne des Datacentres (EUDCA). Ce groupement de fournisseurs et de clients entend contribuer aux standards et aux décisions stratégiques pour l’économie numérique de demain.

L’EUDCA s’est fixé trois missions claires : faire émerger des standards européens, offrir une voix unifiée représentant l’industrie et devenir l’interface auprès des autorités de Bruxelles chargées des centres de calculs et de données.

L’association à but non lucratif vient d’être officiellement lancée à Nice cette semaine, à l’occasion du congrès Datacentres 2012. Son président, Bernard Lecanu (en photo) précise au MagIT : « L’Europe doit reprendre sa liberté au niveau technologique, notamment pour ce qui concerne la standardisation. Nous voulons signaler aux autorités européennes que cette industrie de croissance existe. Nous regroupons plus de 70 membres issus de 17 nationalités avec un bon équilibre entre opérateurs, fournisseurs et clients. Le board de l’EUDCA est constitué de 11 membres de 7 nationalités différentes ».

Le président de l’association, par ailleurs fondateur de la société de conseils BL International, s’est entouré d’un spécialiste pour convaincre Bruxelles en la personne de Georgios Dimitrakopoulos, ancien vice-président du Parlement européen.

La stratégie vise à créer une trame européenne de partenaires sans réinventer la roue, avec le soutien d’associations nationales, comme le Cesit en France ou Eco en Allemagne. En terme de formations et d’homologations, plusieurs membres de l’EUDCA pourront faire passer les épreuves du Code de Conduite Européen des Datacentres car « héberger les données numériques d’entreprise est un vrai métier qui exige un vrai savoir-faire », rappelle Bernard Lecanu.

Davantage de tâches externalisées

La conférence de Nice réunit 800 professionnels issus de 40 pays différents. Les problématiques abordées lors des débats tournent autour de l’automatisation des tâches d’administration et de l’efficience globale du datacenter, une notion plus ambitieuse que la quête d’efficacité énergétique.

« Les packages DCIM (de gestion de l’infrastructure du datacenter) ne réduisent pas la taille des équipes d’administration. Ils leur permettent d’aller plus loin que l’application de patchs systèmes. A effectif constant, l’automatisation autorise plus de complexité. Du coup, l’externalisation de l’administration des équipements, via le modèle SaaS notamment, devient une piste de travail de plus en plus sérieuse », observe Jack Pouchet, Vice-President, Business Development d’Emerson.

Les pratiques de supervision et de télémaintenance évoluent avec la migration des applications professionnelles vers le cloud computing, confirme Bernard Lecanu : « Le cloud prend corps. Je vois, sur cette manifestation à Nice, une mutation d’hébergeurs traditionnels qui montent au niveau des services clouds privés, comme Interxion (ndlr : l’opérateur de datacenters de colocation réalise 21% de son chiffre d’affaires en France) ou Ebrc au Luxembourg. L’ouverture internationale des fournisseurs est notable. Le marché se rassure et investit à nouveau avec plusieurs grands projets Européens ».

Un guichet de support unique

La répartition des tâches contractualisées évolue également au sein des datacenters. Pour preuve, un accord vient d’être signé entre Interxion et le constructeur HP. Cette entente permet de réorganiser le soutien au client final exaspéré par le ping-pong entre fournisseurs, en cas d’incident. Grâce à un guichet unique composé d’ingénieurs et de techniciens d’HP France, trois offres de support sont dorénavant proposées aux clients communs : en entrée de gamme, l’intervention sur un serveur hébergé résout les dysfonctionnements classiques ; c’est l’offre Foundation Care. Une prestation plus large prévoit l’anticipation des incidents sur l’infrastructure hébergée et le remplacement juste à temps de composants fatigués ; c’est la formule Proactive Care. Enfin, l’offre Datacenter Care couvre l’ensemble du soutien pour les infrastructures et les équipements hébergés chez Interxion. Ce partenariat novateur permet de répondre aux attentes des grands comptes distinguant la prestation d’infogérance de l’hébergement, deux lots distincts désormais indispensables au fonctionnement continu du système d’information. « Nos clients communs - 6000 serveurs HP sont en contrat chez Interxion - vont pouvoir bénéficier de niveaux de services supérieurs. Je crois beaucoup dans cet investissement car le terrain de jeu du support se déplace de plus en plus vers les datacenters de colocation. Nous associons enfin nos deux mondes », résume Olivier Labbé, directeur général d’HP Technology Services France.

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