Open Source : la Linux Foundation dénonce les arrière-pensées d'IBM

A l'occasion d'un débat, la Linux Foundation pointe du doigt les risques de voir les communautés Open Source tomber, pleinement ou pour partie, dans le giron d'un unique éditeur. Une contribution dissimulée qui pourrait rompre l'écosystème communautaire. Dans le collimateur, les pratiques d'IBM.

La participation des grands groupes dans les communautés de l'Open Source doit être davantage mesurée et structurée. C'est le sentiment de la Linux Foundation qui, à l'occasion d'une conférence organisée par cette fondation en charge de protéger et de standardiser Linux, a pointé du doigt IBM. Lui reprochant d'avoir privilégié ses propres intérêts, avant ceux du noyau Linux, lorsque le groupe a décidé de participer activement aux développements de Linux en 1999. Ce que Dan Frye, vice-président des systèmes ouverts au sein de la division « Systems and Technology » d'IBM, n'aurait pas démenti, selon nos confrères de The Register

Notons que ce débat devait notamment identifier les bonnes pratiques et les erreurs à éviter en matière de contributions. Etaient également présents Karsten Waden, en charge des communautés chez Red Hat et membre du comité Fedora, et Jono Bacon, responsable de la communauté chez Ubuntu.

Développements noyautés

Selon James Bottomley, qui dirige le comité technique de la fondation, Big Blue aurait volontairement découpé ses technologies en composants dans le but de servir ses intérêts avant tout. Un fait qu'une nouvelle fois IBM ne peut que confirmer, comme l'indique encore The Register, présentant le comportement de Big Blue comme une erreur. Mais, selon la fondation, ce comportement aurait encore cours au coeur de certains projets, sans toutefois citer d'exemple précis.

La Linux Fondation a également mis en avant certaines pratiques qui consistent à recruter et payer des développeurs pour les faire contribuer aux communautés. Avec des objectifs de résultats à atteindre. Un processus industriel venu du monde propriétaire, qui va à l'encontre du développement communautaire mis en place par l'Open Source. Cette transposition du modèle commercial risque également de noyauter les développements, s'accordent à dire les participants au débat.

"Pas de bons gardiens de troupeaux"

Ce "débalage" intervient à une période où l'Open Source cherche à faire évoluer son image pour d'abord assoir sa crédibilité, puis pour créer les bases d'un modèle économique. Le développement communautaire étant par essence son moteur, il est désormais nécessaire de structurer et équilibrer les contributions. Afin d'éviter que certains projets n'apparaissent comme des sous-marins d'une unique société.

"Les grands groupes ne sont pas de bons gardiens de troupeaux pour les projets Open Source, sur le long terme", rappelait Imad Sousou, directeur du centre des technologies Open Source d'Intel, en commentant la décision du groupe de verser les développements de Moblin - son OS pour solutions mobiles - dans la Linux Foundation.

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