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Patrick Starck (Cloudwatt) : « Le mot "cloud souverain" est très réducteur »

Channel News
Le cabinet Kurt Salmon s’interroge sur la pertinence du cloud souverain « à la française ». Il estime notamment qu’il est difficile de concurrencer les grands acteurs internationaux sur un marché déjà passablement encombré. Patrick Starck : Ce que soulève le cabinet Kurt Salmon est vrai. Se positionner sur le marché du cloud est un vrai challenge. Ce marché offre cependant des opportunités, car à peine 5% des entreprises utilisent des services cloud à l’usage. Or, notre première caractéristique consiste justement à proposer la facturation à l’usage qui permet de nous distinguer des offres d’hébergement avec paiement de mensualités. Dans tout business il faut pouvoir se différencier. Notre différentiation ne se limite cependant pas aux offres et aux techniques mais s’étend au support. Les contrats de certains concurrents peuvent sur ce point être léonins, la société se dégageant quelquefois de toute responsabilité. Nous offrons quant à nous une souplesse contractuelle qui paraît intéressante. Nous nous distinguons également sur le plan de la sécurité à laquelle les grands comptes sont très attachés. Ils veulent généralement auditer nos procédures et nos

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process de production. Nous sommes dans cette logique. Nous sommes également dans une logique de partenariat avec des partenaires intégrateurs. Nos services standards leur servent de socle pour construire des services spécifiques destinés à leurs clients. C’est un autre élément différenciateur. Le mot « cloud souverain » est très réducteur. On y entend généralement cloud français destiné au marché français avec des offres et des techniques françaises. Si on est dans cette logique on est mort. Nous pensons que l’économie d’échelle se situe au niveau international, et pour commencer au niveau européen. Pour nous le mot « souverain » à deux sens. Le premier, pas très différentiant, consiste à abriter les systèmes, les applications et les données en France. Le second est plus intéressant. Il concerne la souveraineté dans le choix de l’architecture. Nous avons quant à nous fait le choix de l’open source afin de ne pas être tributaire de la roadmap d’un tiers, ni de son architecture. Kurt Salmon prétend que le soutien de l’Etat accordé à deux projets concurrents, le vôtre et celui de Numergy, ne va pas dans le sens de la concentration et des économies d’échelle. Patrick Starck : Oui et non. Il a raison si on le prend au pied de la lettre. Il a tort si on le prend dans l’environnement français. Deux industriels ont présenté chacun un projet intéressant, important sur le plan de la concurrence. Si l’y avait eu qu’un seul acteur on aurait dit « Il s’agit d’un acteur du secteur public, pour le secteur public ». Si on reste sur un marché privilégié on n’évolue pas. On est vite, très vite hors du coup. Vive la concurrence et que les meilleurs gagnent. Je suis ravi de ne pas être dans la situation où le secteur public doit venir chez nous. Il ne faut pas réitérer les mêmes erreurs que par le passé avec le lancement du Plan Calcul qui a débouché sur un grand acteur informatique français, Bull. On a vu où cela nous a menés 20 ou 30 ans après. Aujourd’hui, l’Etat réagit en investisseur lucide qui ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Kurt Salmon vous suggère d’offrir des services à plus forte valeur ajoutée ciblant les spécificités existant sur le marché européen. Patrick Starck : Oui, il suggère notamment de proposer une gestion de la paie en mode SaaS. C’est là un métier d’éditeur. Ce n’est pas notre rôle d’éditer des applications métiers. Mais ces éditeurs ont besoin d’infrastructures offrant les meilleures garanties en termes de scalabilité, de qualité et de sécurité des productions et de leurs environnements. Nous développons une stratégie envers ces éditeurs afin que l’infrastructure sur laquelle ils s’appuient soit la nôtre. En revanche, nous allons proposer des services liés à nos infrastructures. Nous allons ainsi offrir à nos clients la possibilité de sauvegarder leurs fichiers et de les partager dans un environnement de Cloudwatt Box. Il s’agit d’un service qui sera intégré dans notre offre de stockage. Il sera ouvert aux bêta testeurs entre le 25 et le 30 janvier avec un fonctionnement très simple de « click and drag ». Il s’agit là d’un service d’infrastructure de type élémentaire. C’est très différent du métier d’éditeur. Quelle est votre roadmap ? Patrick Starck : Nous avons eu la chance de partir d’une page blanche. Nous avons fait le design de notre infrastructure, nous avons acheté les équipements, loué des espaces. Nous sommes actuellement en période de bêta test. Nous pensons ouvrir nos services à partir du mois de mars. Quelle est votre cible ? Patrick Starck : Nous nous adressons à la totalité du marché B to B  : aux PME, aux grands groupes et aux collectivités qui ont besoin d’infrastructures et de mutualisation. Cela dit, les grands comptes n’ont pas besoin du même environnement qu’une PME. En général, les grandes entreprises ont plutôt besoin d’un environnement de cloud hybride. Les PME utilisent plutôt le cloud public. Nous regardons avec les grands comptes comment développer leur cloud privé et l’interconnecter de façon harmonieuse avec notre propre cloud.

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