Faurecia : SAP HANA à l'assaut de la complexité

Volumes colossaux, grande complexité de la production, marges riquiqui : l'équipementier automobile Faurecia apparaît comme un terrain d'expérimentation rêvé pour la technologie In-Memory. Cette dernière a relevé le défi.

Gérer des programmes complexes d'une dizaine d'années, déployés partout dans le monde, avec des marges très réduites. Toute la problématique de l'équipementier automobile Faurecia (environ 250 usines dans le monde, 94 000 employés) tient dans cette phrase. Un modèle où la volumétrie des données rejoint la nécessité d'excellence opérationnelle et de réactivité des systèmes. "Si c'est l'informatique qui arrête la chaîne de production, c'est la DSI qui paye les pénalités, sur son budget", illustre Bertrand Eteneau, le DSI. 

Un champ d'expérimentation rêvé pour la technologie de gestion des données en mémoire SAP HANA, dont Faurecia est d'ailleurs l’un des premiers utilisateurs en France. "La première problématique que nous avons couverte avec cette technologie consiste à gérer la profitabilité de ces grands programmes, sur toute leur durée. Ce qui signifie manipuler un volume d'informations extrêmement important. Et, comme nous travaillons dans un métier à faible marge, un suivi très fin de cet indicateur est crucial", détaille le DSI. Précisons que Faurecia gère quelque 500 programmes en parallèle. 

Pour effectuer ce suivi des marges, la société misait jusqu'à présent sur des armées de contrôleurs financiers, récupérant et analysant des données venant de 250 sites dans le monde via des outils de BI ou dans Excel. "C'était un processus très lourd, très difficile", reconnaît Bertrand Eteneau. Avec SAP HANA, la consolidation des données et les calculs peuvent être effectués dans un outil unique, permettant aux contrôleurs de se concentrer sur l'analyse et non plus sur la manipulation de données. "Nous avions abandonné l'idée d'y parvenir avant de tester cette technologie". A noter que le succès de ce projet permet aujourd'hui à la DSI d'envisager des extensions. Dans le calcul des prix de revient sur toute la durée du programme, par exemple. "Un autre sujet sur lequel nous avons jusqu'à présent buté", reconnaît Bertrand Eteneau. 

Jusqu'à 10 000 combinaisons de sièges différentes sur certains hauts de gammes allemands 

SAP HANA est également employée chez Faurecia pour couvrir une seconde problématique, en lien cette fois avec la production en flux tendus (Juste à temps et en cadence) de la société. Comme le raconte Bertrand Eteneau, il s'agit ici de répondre avant tout aux besoins d'instantanéité : "Nos usines de production sont capables de livrer un équipement à la minute près sur la chaîne du constructeur - tout retard se traduisant par des pénalités de plusieurs milliers d'euros par produit et par minute - et de gérer une grande diversité de finition. Pour les grands constructeurs allemands, nous proposons ainsi jusqu'à 10 000 combinaisons de sièges différentes. Et, même si nous disposons de prévisions de vente, nous ne recevons l'ordre ferme que 4 heures avant installation de l'équipement dans le véhicule." 

Evidemment, un tel niveau d'exigence se traduit par des problématiques extrêmement pointues dans la gestion des réapprovisionnements. Pour gérer cette diversité, même avec des infrastructures au meilleur niveau, le calcul de réapprovisionnement prenait 21 ou 22 heures dans certaines usines. Or ce calcul doit être effectué chaque jour. Bref, Faurecia avait presque atteint les limites physiques des systèmes traditionnels. "Avec SAP HANA, ce temps est ramené à quelques minutes. La valeur pour le métier est évidente : la replanification devient un outil flexible, utilisable plusieurs fois par jour. Ce qui permet aussi de travailler avec des données plus fraîches, donc plus fiables", témoigne Bertrand Eteneau. Les déploiements du MRP (Manufacturing Resource Planing) sur SAP HANA sont aujourd'hui effectués dans deux usines, l’une en Bavière (travaillant pour Audi) et une autre en Alabama (Mercedes). Deux implantations où ce problème de temps de calcul se posait. "Mais nous allons aller plus loin, notamment pour une usine qui livre Ford, unité où les volumétries sont considérables", dit Bertrand Eteneau.

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