Cloud : Gosis concentre ses offres sur les PME et les éditeurs

Le fournisseur de solutions de cloud basé à Mende continue d'enrichir son catalogue. Fort de son expérience en matière de cloud public, il propose aussi désormais une offre de cloud privé, calquée sur son offre publique, et déployable dans les datacenters de ses clients, avec un modèle de facturation similaire à celui de son cloud public.

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note à nos lecteurs : suite à une intervention malheureuse du correcteur automatique de Mac OS X, l'adjectif déployable a été remplacé par l'adjectif déplorable  dans le chapeau originel de cet article. Cette erreur à été corrigée dans la présente mouture et l'auteur tiens à s'en excuser auprès de nos lecteurs et de Gosis.

Gosis est un opérateur en cloud computing fondé en mars 2010 à Mende qui propose aux PME et aux acteurs du secteur public d’héberger leurs applications sur son infrastructure, et propose aussi un ensemble de services en mode SaaS comme la messagerie, la visioconférence. Fondé avec un capital de 300 000 €, Gosis a successivement obtenu 300 000 € de financement du Feder et d’Oseo et levé 500 000 €  additionnels auprès d’un fonds parisien et d’investisseurs privés. Il prépare actuellement une nouvelle levée de fonds pour accélérer son développement.

 

Un cloud IaaS bâti sur une infrastructure Cisco, Pillar et Microsoft.

Gosis a fait des paris originaux en choisissant de bâtir une infrastructure IaaS sur les solutions de Cisco (UCS et Nexus), sur les baies de stockage unifiées Pillar d’Oracle et sur la pile cloud de Microsoft (Hyper-V et System Center). Cette infrastructure est hébergée dans trois datacenters de classe 3+ à Paris, Mende et Toulouse. Selon Christophe Lefebvre, l’un des deux cofondateurs de la firme, l’infrastructure bâtie par Gosis lui permet aujourd’hui d’offrir des services performants et stables (la firme indique ne pas avoir connu d’interruption de service sur l’année écoulée) à un tarif inférieur à celui proposé par Amazon. Selon Christophe Lefebvre les services d’infrastructures de la firme permettent à une PME typique de réaliser des économies allant de 30 à 70% par rapport à ses coûts d’infrastructure internes.

Selon Christophe Lefebvre, les premiers mois de 2012 ont été marqués par une forte hausse de la demande des clients et prospects. Gosis compte parmi ses clients environ 60% d’éditeurs qui utilisent son infrastructure pour délivrer leurs applications en mode SaaS à leurs clients. Le reste des clients est composé de PME réparties à travers le territoire. « Nos clients sont aussi bien en Bretagne qu’à Lille,  Marseille ou Bordeaux. Ils ont compris que le cloud n’a pas de géographie. Ils réclament en revanche tous d’avoir leurs données en France ».

L’approche de Gosis avec ces clients est sans doute moins industrielle que celle d’un Amazon. Ainsi le fournisseur ne met pour l’instant pas de portail de provisioning à disposition de ses clients. « La réalité est que les environnements de nos clients sont plutôt stables. Pour eux, un portail de provisioning n’est pas un besoin. Notre engagement est que l’on peut provisionner de la capacité pour un client dans le quart d’heure ou l’heure selon les besoins, avec un seul appel téléphonique ».

En fait, mettre à disposition un tel portail aurait supposé un coûteux développement, Microsoft ne disposant pas à l’époque d’une offre sur étagère. Un développement à très court terme puisqu'il était de notoriété publique que Microsoft travaillait sur un tel portail pour Hyper-V 3.0 et System Center 2012. Christophe Lefebvre se veut toutefois pragmatique : « nous devrions proposer un tel portail, mais cela prendra un peu de temps. Comme tout industriel, nous avons déployé les nouvelles versions de Microsoft pour test, mais on ne les passera en production qu’une fois validées ».

Une approche de plus en plus métier

Gosis a quelques particularités sur le marché.  Notamment, le fait qu’il opère non seulement une infrastructure x86 Cisco, mais aussi une infrastructure virtualisée IBM i (ex AS/400) du fait des requêtes de certains de ses clients (éditeurs et clients finaux). La société a aussi une approche très métier pour ses offres. « Dès le départ nous savions, qu’il nous fallait aller vers des offres plus métiers. Mais il fallait d’abord que l’offre d’infrastructure soit en place ». Dans un premier temps, Gosis a enrichi son offre IaaS avec des offres télécoms, des offres VDI en cloud, mais aussi des offres de sauvegarde. Plus récemment il a construit une offre de cloud privé sur étagère conçue spécifiquement pour des secteurs comme la santé, le juridique…

La firme propose ainsi à des entreprises ou à des communautés d’entreprises de bâtir leur propre Cloud privé hébergé si nécessaire dans le datacenter de leur choix sur les mêmes bases technologiques que son propre cloud public. Le modèle tarifaire reste en revanche le même avec une tarification à la VM (au prorata du nombre de CPU virtuel, de la mémoire et du stockage utilisé). À titre d’indication, une VM de base peut être proposée à partir de 35 € et une VM moyenne aux environs de 59 €. Gosis ne propose pas de grille tarifaire de type small, medium, big, ultra big à la Amazon. Mais dimensionne les VM en fonction des besoins des clients (la firme a développé un outil qui permet d’optimiser la migration du système d’information de ses clients sur son infrastructure en nuage et d’évaluer la volumétrie nécessaire par VM - en matière de CPU, d’I/O et de mémoire - ). Pour le stockage, en revanche, le modèle tarifaire est standard avec environ 25 centimes d’euros par Gigaoctet de stockage primaire et 13 centimes par moi pour le Go d’archivage ou de sauvegarde. La société propose à ses clients de tester son infrastructure gratuitement pendant 2 mois.

Interrogé sur le financement public récent de plusieurs grands clouds dont ceux de SFR et Orange, Christophe Lefebvre affiche son incrédulité quant aux sommes distribuées. «Il n'est pas besoin de millions pour faire du cloud. Il faut des processus industriels et des coûts récurrents les moins élevés possibles». il affiche aussi un regard dubitatif sur leur aptitude à séduire les PME. « Les gros acteurs ont mis du temps à réagir à la vague du cloud, mais avant qu’un SFR ou un Orange arrive à convaincre une PME qu’il va l’accompagner, vu la taille et la lourdeur de leurs processus, ce sera compliqué. De notre côté, nous pouvons imager l’application d’un client en 24 heures et la mettre dans le cloud ». Et histoire de mettre les points sur les i, le patron de Gosis, évoque le cas de ce prospect contacté à la fois par Orange pour une offre en Capex et par Neocles (filiale d’Orange) pour une offre de Cloud. Une approche commerciale pour le moins déroutante…

S’il explique que les Orange et SFR n’auront sans doute pas de mal à séduire les grands comptes et les grandes administrations, le patron de Gosis mise de son côté sur les PME et les clients publics régionaux. « Dans le modèle Gosis on préfère 50 clients à 1 000 € qu’un unique client à 50 000 € ».

 

 

 

 

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