Le GreenIT en panne de thermomètre 

Le 30 juin 2008 (10:05) - par Cyrille Chausson

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Rubriques : Constructeurs - GreenIT Tags : greenit - datacenter - ecologie

Le Green Grid tire la sonnette d'alarme. Alors que le GreenIT est devenu le mot d'ordre chez nombre de constructeurs, et même d'éditeurs (parfois à raison), le consortium qui veut « nettoyer » les centres de calculs peine à imposer ses standards en matière de mesure de la consommation énergétique. Avant de lutter contre le réchauffement climatique, il faut s'accorder sur le thermomètre !

Comment améliorer son taux d'émission de Co2 quand on ne dispose pas d'outils pour le mesurer ? Comment devenir pro-actif en matière d'environnement si aucun standard de contrôle n'émerge ? Ces questions forment les fondements de la mission que s'est fixé le Green Grid, consortium d'industriels dont le but est de rendre les centres de calculs plus éco-responsables. De visite à Paris dans les locaux d'APC à Issy les moulineaux, Jim Pappas, d'Intel, et John Tuccillo, d'APC, sont venus évangéliser leur quête écologique en France.

« Nous avons besoin d'un ensemble de vocabulaire, de mesures et d'un cadre de bonnes pratiques pour savoir comment améliorer la situation. Parce que vous ne pouvez pas améliorer ce que vous ne pouvez voir », explique John Tuccillo, vice-président d'APC en charge des relations inter industries. Dans ces propos, presque un constat d'échec : en matière de GreenIT, les datacenters sont sans repères clairs. Sans encadrement spécifique. Sans ligne de conduite. S'ils sont dans l'ensemble sensibilisés au besoin de reduire leur consommation d'énergie, et la facture qui en découle, peu ont mis en place des politiques adaptées ou adopté des lignes de conduite éco-reponsables. Faute de canons, ou d'obligation légale, l'optimisation de la consommation énergétique ne s'est pas (encore) imposé comme une priorité pour le datacenter.

Une grille de calcul qui fait défaut

Et les chiffres parlent. Une étude d'Aperture Research Institute de mai 2008 a révélé que sur la centaine de responsables de centres de calculs interrogés, 34 % n'ont pas de projets d'optimisation de la consommation énergétique, 37 % l'envisagent d'ici un an. Et 29 % l'ont déjà mis en place. Mais sans métrique standardisée. Sur l'ensemble de l'échantillon, 37 % n'envisagent pas de mesurer les performances énergétiques de leur datacenter. Alors que 24 % s'y emploient. Une répartition déséquilibrée que l'EPA (Environment Protection Agency – l'agence gouvernementale américaine de protection de l'environnement) attribue, encore une fois, à l'absence de points de contrôle précis sur chaque composant d'un datacenter.

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