Grève des informaticiens de la SNCF : dénoncer la délocalisation programmée 

Le 31 mars 2010 (16:56) - par Valery Marchive

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Rubriques : Externalisation - Offshore - Secteur public - Optimisation des coûts - SSII - Inde Tags : greve - ibm - sncf - coentreprise

Alors que se prépare une « journée sans informaticien à la SNCF », nous sommes allés à la rencontre de syndicalistes qui entendent dénoncer la délocalisation qui leur semble programmée d’une partie de l’informatique de l’entreprise publique, suite à la formation d'une co-entreprise entre la société et IBM. Outre l’emploi en France, ces informaticiens craignent pour la sécurité du système d’information de la SNCF. Sud Rail prévoit une forte mobilisation des cheminots demain, mais souligne la difficulté d’associer à l’opération les effectifs des prestataires, pourtant en première ligne.

Demain, 1er avril, la SNCF connaîtra une première : une grève de ses services informatiques. En cause, la formation d'un co-entreprise avec IBM, chargée de superviser - et surtout de rationaliser - toutes les prestations de l'entreprise publique. « La SNCF est contrôlée par l’Etat. A l’heure de la crise, du chômage croissant, il faut dénoncer ce qui se prépare ici », estime Emmanuel Vinuales, délégué Sud Rail et informaticien en ASTI à la SNCF – une entité qui s’occupe du déploiement des applications et du support des postes de travail, notamment. Pour lui, ce qui se trame à la SNCF avec le projet Ulysse – le nom de la co-entreprise SNCF-IBM –, ce n’est ni plus ni moins qu’une délocalisation vers l’Inde et le Maroc « où IBM dispose déjà de centres de services. »

Inévitable recours à l'offshore ?

« L’exploitation de l’informatique de la SNCF est déjà suffisamment industrialisée pour qu’il ne soit pas possible de faire chuter son coût de 520 €/jour homme en moyenne à 230 €/jour homme (la cible du projet Ulysse, NDLR) sans recours à l’offshore. » En l’état, selon lui, ce sont 250 à 350 emplois qui sont menacés sur le seul bassin lillois – et quelques centaines d’autres sur le Grand Lyon, Paris, et Nantes pour un total de plus d’un millier –, dont une bonne partie de prestataires externes.

affiche ibmEt c’est justement là que la partie s’annonce difficile : si la mobilisation attendue en interne, parmi les informaticiens de la SNCF, oscille entre 40 et 100 % selon les entités et les implantations, « elle devrait rester faible chez les prestataires, pourtant très concernés. » Et de souligner une petite subtilité comptable : « chacun pourra faire grève pendant 59 minutes, 3h59 min ou toute la journée ; une personne gréviste pendant 59 minutes ne compte que pour 1/8ème de gréviste. » Lors des récentes journées de grève nationale, les informaticiens de la DSIT (Direction des systèmes d'information et des télécommunications, un des principaux services informatiques internes) étaient apparus très mobilisés. Un phénomène inhabituel dans cette organisation. Lors du mouvement du 3 février, les deux principaux services de cette direction recensaient 61 % de grévistes (côté étude, soit la DSIT-E) pour l'un et 78 % pour l'autre (côté exploitation, la DSIT-X).

La sécurité du SI au cœur des inquiétudes

p1010073Nous avons pu nous approcher de ce que certains appellent le « bunker », en plein cœur de Lille (photo ci-contre) : c’est le datacenter ultra-sécurisé qui abrite les serveurs de Socrate, le SI derrière le site Voyages-SNCF.com. Un niveau de sécurité élevé qui illustre, pour Emmanuel Vinuales, la « sensibilité » de ce SI et des données personnelles qu’il traite. Mais le SI de la SNCF concerne également des éléments de la sécurité physique des voyageurs. Et c’est de tout cela que s’inquiètent aujourd’hui les syndicats. Dans un bilan d’une réunion de 4h30, tenue le premier mars dernier et consacrée au projet Ulysse, Sud Rail estime ne pas avoir reçu de « réponses concrètes » sur la gestion des serveurs actuels et futurs, l’intégration des systèmes, ni même leur maintenance. La confidentialité des clients devrait quant à elle être « respectée » avec des conditions « entre autres à deux niveaux : une maîtrise physique avec un contrôle permanent des accès, une amélioration de la contractualisation des prestations et des contrats avec les sous-traitants. » Et la direction, selon Sud Rail, de renvoyer la charge de garantie du respect de la confidentialité des données aux maîtrises d’ouvrages internes. Mais la direction n’exclut pas, « après examen approfondi », d’externaliser certaines missions telles que l’assistance à maîtrise d’ouvrage.

En complément :

- 1er avril : journée sans informaticien à la SNCF

Grève des cheminots : les informaticiens très mobilisés contre la co-entreprise IBM-SNCF

- Infogérance : pour son informatique, la SNCF fait wagon commun avec IBM

- Co-entreprise SNCF-IBM : les 8 enjeux d’un contrat d’infogérance original

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Par ploup
 Le 31/03/2010 à 17:43
Au moins, pendant une journée :
- Les données personnelles des clients ne risqueront pas d'être diffusées à tout vent sur le net ;
- Pas de risque de crash de TGV sur la page d'acceuil
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Par Informatik
 Le 31/03/2010 à 21:41
Oui et cela n'empêchera non plus ces veaux de français de débattre sur la tenue de Carla Bruni demain ...
Toi tu résumes l'informatique SNCF à un site web ?
T'inquiètes avec les indiens d'IBM tu aura les données personnelles des clients diffusées au niveau mondial et tu n'auras plus de crash-test sur la page d'accueil du site mais des vrais crashs !

Chapeau le "développement durable" de la SNCF, ils avaient juste oublié de préciser qu'il le faisait en Inde ! C'est les indiens qui vont acheter les billets.. ah mais non .. pas grave les français continueront à financer les trains avec les impôts alors que les dirigeants SNCF se rempliront les poches avec les actions chez IBM, CAP Gemini ou autres sociétés !

Mais continuez à regarder la robe de Carla, bandes de veaux !
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Par ploup
 Le 01/04/2010 à 09:17
Mais la SNCF ne fabrique pas les trains qu'elle met sur ses rails, elle laisse faire ceux qui savent le faire (Alsthom, Bombardier...).

C'est pareil, pour l'informatique, qui passe de l'artisanat à l'industrialisation. Laissons faire ceux qui savent et dont c'est le coeur de métier. Si les SSII qui savent bien vendre du jour.homme avaient apris à gérer et vendre des projets au lieu de vendre des consultants comme on vend des tapis, on n'en serait peu être pas la.

Le problème n'est pas que les grosses sociétés externalisent leur informatique (c'est inéluctable), mais qu'aucune boite francaise n'aie les épaules pour gérer des SI tels que ceux de la SNCF.
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Par Vytor
 Le 01/04/2010 à 09:47
@Loup : petites précisions...

Voyage-SNCF.com (à l'origine du problème de sécurité - pas de fuite) est une filiale de droit privé et leur site n'est pas géré par les informaticiens SNCF

L'annonce d'un crash de TGV sur sncf.com est une erreur de manipulation de l'équipe de com' SNCF, pas des informaticiens (cette prouve justement que le système informatique de crise fonctionne très bien ^^)

Plus d'informations sur les raisons de la grève :
http://www.cortis.fr/post/Les-raisons-de-la-col%C3%A8re
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Par PPDM
 Le 01/04/2010 à 12:57
Ils me font bien rire sur la mobilisation des prestataires externes
Qd j'étais prestas à la Sncf, les "camarades" syndiqués nous appelaient PPDM soit Petits Prestataires de M****
et maintenant ils veulent leur soutien ? laissez moi rire. Quelle démagogie

il faut aussi arrêter de tout ramener à Carla et Nicolas, ce discours est lassant, il faut un peu se renouveler.
La sécurité des données est un faux débat entreprises publiques comme privées en sont tout autant capable (il n' y a qu'a demander à l'Armée de Terre ou aux ministère des Affaires Etrangères ou à Dassault) c'est une question de règles, d'application de procédures, de bon niveau de ségrégation des droits d'accès et de moyen.
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Par Emi
 Le 01/04/2010 à 14:04
Ploup.
Tu te trompes complétement.
1/ Ce n'est pas une question de technicité, les ssi savent trés bien gérer de tels réseaux , par exemple cap ou steria qui gerent la meme chose, ou même plus gros.
2/ le problème est le prix.
3/ Crois tu qu'il est facile de concurrencer des gens payés 300 e / mois ?
4/ Doit on dans chaque métier s'aligner sur ce salaire ?
5/ Quel avenir pour nos enfants face a ces pays prédateurs ?
6/ Va t on rester les bras ballants en voyant toutes nos activités s'envoler une à une, et ce quel que soit le secteur ?
7/ N'est il pas tant de tirer la sonnette d'alarme, face a ces inégalités économiques aberrantes qui nous mènent dans un puit sans fond ?
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Par Vytor
 Le 01/04/2010 à 16:08
@PPDM : Vous vous trompez sur toute la ligne et ce n'est pas parce que vous avez eu une mauvaise expérience qu'il faut généraliser.
Les cheminots ne demandent pas aux prestataires d'être solidaires avec eux... Ce sont les cheminots qui sont solidaires avec les prestataires. Car ce sont bien ces prestataires qui vont perdre leur job, les cheminots risquent surtout d'être reclassés. En bref, les cheminots font grève pour l'emploi des prestataires du privé!
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Par AZRAEL
 Le 02/04/2010 à 00:26
Cher ploup, ayant travaillé 20 ans dans l'industrie ferroviaire, je suis effaré de ta remarque sur Alstom (sans H depuis un moment) ou Bombardier, quant on sait que c'est la SNCF qui a fait la plus grande partie du boulot à l'époque du co-développement du TGV. De plus, il est idiot de restreindre le ferroviaire au simple train. Il s'agit d'un "système" beaucoup plus complexe et intégré que tu sembles croire.
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Par ToBeOrNotToBe
 Le 02/04/2010 à 10:44
Bonjour,

Se pose la question suivante de nos jours : Etre informaticien c'est quoi?

C'est avoir un esprit d'analyse, être inventif, créatif, avoir une vue abstraite des choses pour comprendre les tenants et aboutissants d'un problème, avoir de la méthode pour rendre aisées et rapides les opérations.

C'est aussi avoir un bon bagage intellectuel, pouvoir naviguer dans les domaines de gestions, de réseaux, de calculs, ...

En résumé, c'est là un homme (une femme) experte que beaucoup d'entreprises aimeraient avoir dans ses équipes, au même titre qu'un hopital veut s'entourer de médecins et chirurgiens, et autres activités pointues de tout domaine.

Et... Ce qui est déplorable, ce sont ces entreprises (la SNCF?) qui cherche à tout prix à se séparer de ces hommes (femmes) de valeurs. Ca coûte cher !!!!
Effectivement, il faudrait, à ces entreprises, faire preuve de plus d'humilité et moins de cupidité, pour comprendre que tout a un prix.

Mais maintenant, les entreprises sont comme ces gosses gâtés pourris qui croient que tout doit être donné sur un plateau d'argent pour aucun effort, aucune dépense. (Le 21ème siècle est le siècle de la cupidité, forme la plus dangereuse de l'être humain, génératrice de tous les maux).

Facile d'aller chercher les ressources (sans être certain de la qualité...) en Inde, pour toujours moins coûteux, et laisser sur le bord de la route les ingénieurs français. A quand la mongolie, puis la Tanzanie, puis l'amazonie pour encore trouver moins cher, jusqu'au presque gratuit.

Gabegie honteuse qui génère chez nos confrères une frustration destructrice.
Car être informaticien, c'est avoir passé des années sur les bancs de l'école, c'est avoir ouvert des livres et ouvert son esprit pendant que les autres, moins tenaces aux études (mais pas moins sympathiques) se sont contentés de vivre, c'est donc avoir fait preuve de courage et sacrifices pour, de nos jours maîtriser toute la complexité technique de nos métiers (dont le plus noble : Développeur, et pourtant le plus décrié).

On assiste à un paradoxe du management. Avoir des équipes de pointes, des personnes qualifiées et... s'en séparer à tout prix par souci d'économie.

Mais la qualité, le savoir, l'expérience, ont un prix, tout a un prix !!!
Et IBM et l'offshore vont nous le faire payer très cher, bien plus cher que le coût actuel des cheminots et prestataires.
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