1er avril : journée sans informaticien à la SNCF 

Le 26 mars 2010 (18:10) - par Valery Marchive

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Rubriques : Externalisation Tags : ibm - sncf - coentreprise

Non, ce n'est pas un poisson organisé par des informaticiens facétieux. Dans un communiqué commun, les syndicats CGT, Unsa, Sud Rail et CFDT viennent de lancer un appel à la grève des informaticiens de la SNCF – et de ses prestataires – pour le 1er avril prochain. Avec cette « journée sans informaticien », les syndicats entendent notamment obtenir « l’abandon d’Ulysse », le projet de co-entreprise avec IBM. Un contrat d’une durée de six ans s’élevant à 1,7 milliard d’euros.

La CGT, l’Unsa, Sud Rail et la CFDT de la SNCF viennent de déposer un préavis de grève pour la période du jeudi 1er avril à 6h au vendredi 2 avril à 6h. Pas réellement une nouveauté au sein de la société nationale qui a connu deux jours de grève récemment. Sauf que, cette fois, le mouvement est focalisé sur les services informatiques du grand compte, donnant corps à un projet de « journée sans informaticien ». Les syndicats soulignent que ce préavis fait suite à une « demande de concertation immédiate » du 1er mars qui « n’a apporté aucune réponse aux attentes et aux revendications des cheminots du système d’information. » Des revendications détaillées plus loin et dont les principales portent sur le maintien de la maîtrise et de la connaissance du système d’information de la SNCF en interne au travers, notamment, des maîtrises d’ouvrage et d’œuvre.

Une revendication qui cible clairement la co-entreprise SNCF-IBM, chargée de superviser toutes les prestations informatiques, et que dénoncent depuis le début les cheminots de la DSI. Joint par téléphone, un représentant de la CGT Cheminots explique ne pas vouloir « exclure les partenariats : on en a clairement besoin, notamment pour absorber certains pics de charge ou réaliser certains développements. » Les informaticiens externes à la SNCF sont d’ailleurs appelés à se joindre au mouvement. Selon le blog Cortis, ouvert depuis l'annonce de la co-entreprise par un informaticien de la DSIT (Direction des systèmes d'information et des télécommunications, un des principaux services informatiques internes), sur « certains sites régionaux […] 100 % du personnel sera en grève. »

Les syndicats dénoncent l’offshore

La CGT explique vouloir principalement « défendre l’emploi sur le territoire national » et s’assurer que la SNCF « garde le contrôle de son système d’information – on gère aussi des éléments de sécurité des voyageurs dans notre SI. » Pour lui, « il est clair qu’IBM va recourir à de l’offshore : alors que les prestataires nous coûtent en moyenne 530 €/jour homme, ils entendent descendre à 230 €/jour homme. » Selon ce représentant syndical, Michel Baudy, responsable de la DSIT de la SNCF (Direction des Systèmes d’Information et des Télécommunications), qui doit prendre la direction de la co-entreprise fondée avec IBM, ne s’en cache plus : « maintenant, il nous dit : "si IBM fait de l’offshore, ce n’est pas mon affaire." » Et de dénoncer un montage réalisé « dans le dos des représentants du personnels auxquels on indiquait qu’Ulysse n’était qu’au stade de l’étude seulement deux semaines avant son annonce officielle. On a été mis devant le fait accompli. »

Lors des récentes journées de grève nationale, les informaticiens de la DSIT étaient apparus très mobilisés. Un phénomène inhabituel dans cette organisation. Lors du mouvement du 3 février, les deux principaux services de cette direction recensaient 61 % de grévistes (côté étude, soit la DSIT-E) pour l'un et 78 % pour l'autre (côté exploitation, la DSIT-X).

En complément :

- Grève des cheminots : les informaticiens très mobilisés contre la co-entreprise IBM-SNCF

- Infogérance : pour son informatique, la SNCF fait wagon commun avec IBM

- Co-entreprise SNCF-IBM : les 8 enjeux d’un contrat d’infogérance original

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Par Funambule
 Le 29/03/2010 à 16:57
Bonjour,

Il en est de même demain 30 Mars 2010 pour les informaticiens de l'éducation nationale.


Cordialement
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Par Simone
 Le 29/03/2010 à 20:43
L'argent public pour payer des emplois Indiens, mais comme le dit Monsieur Baudy, ce n'est son problème la gestion efficiente des fonds publics.
Et en cette période électorale, aucun conseil régional ne trouve quelque chose à dire.
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Par Jean François
 Le 30/03/2010 à 23:00
Mais ce n'est pas nouveau !

Comment se fait-il que la SNCF ou la RATP achète des rames chez Bombardier plutôt que chez Alstom, avec la bénédiction de Jean-Paul Huchon ?

Les politiques de droite comme de gauche, se cachent derrière leur silence dès qu'il s'agit des vrais sujets d'intérêt national, comme le patriotisme économique ou les délocalisations.

Par contre sur la burqa ou sur l'identité nationale, ils sont intarissables ...
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Par Chomdu
 Le 31/03/2010 à 00:42
Il va rester quoi en France?
Les ouvriers... en Chine
Les maîtrises... En Roumanie
Les cadres, ingénieurs... En inde
Les Services... Au Maroc.
...
Les chômeurs... EN FRANCE !!!
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Par jp
 Le 03/04/2010 à 13:33
En copie du site www.cortis.fr tellement ce post est plein de bon sens, de courage, un bon recul, une bonne analyse par un indépendant travaillant à la SNCF :

Je suis informaticien, travailleur indépendant, et assez peu informe des problemes internes a la DSI de la SNCF. Je ne peux me mettre ni a la place des cheminots, ni a celle de leur prestataires car je ne suis de passage que très brièvement a la DSIT. Mais mon point de vue en intéressera peut-être quelques uns.

J'ai été présent dans plusieurs grands groupes durant des réorganisations ou des fusions. Ce sont des moments très difficiles a vivre pour les employés et prestataires. Les enjeux économiques et de pouvoir peuvent se transformer en machine a broyer les individus, y compris les plus solides et les plus expérimentés qui pouvaient se croire a l'abris des mauvais coups. Et les cadres intermédiaires ou lieutenants ne seront pas les moins exposes. Ce n'est donc pas la peine d'en rajouter en s'envoyant des insultes entres catégories d'intervenants. Les critiques valent pour tous les secteurs, toutes les grosses entreprises et pour beaucoup d'informaticiens quel que soit leur statut ou leur diplôme. Les gens vont plutôt avoir besoin de solidarité et de respect, car ils risquent d'être touches sur le plan personnel, dans leur estime d'eux même et dans leur confiance en l'avenir avec un impact direct et durable sur leur vie privée et leurs proches. Si on veut prendre le temps d'analyser et de faire des bilans, une façon utile de le faire est d'en profiter pour s'évaluer et se remettre en question personnellement. Ce sera au moins l'occasion d'en apprendre un peu plus sur soi-même.

Sur l'externalisation et l'offshore, ca ne parait pas complètement incohérent d'externaliser des fonctions qui n'appartiennent pas au cœur de métier de l'entreprise. Mais je suis sceptique. Ca va probablement permettre à court terme de satisfaire quelques convictions ou ambitions personnelles, mais le cout initial sera tellement élève et la mise en place si longue que je ne crois pas que la SNCF en bénéficiera directement. L'expérience montre que les économies s'estompent plus rapidement que prévu, et qu'on a finalement très peu de temps pour rentabiliser une opération d'offshoring. Les coups et les salaires augmentent beaucoup plus rapidement en inde, en chine ou en Europe orientale qu'en France, et les équipes offshores déménagent tous les 4 ou 5 ans pour essayer de retrouver de la marge. Tout ca dans une belle schizophrénie qui apporte finalement bien peu de chose aux uns et aux autres. Et puis, lorsqu’on n’est pas capable d'industrialiser ses processus en interne, avec des équipes intégrées dans le même fuseau horaire et parlant la même langue, je ne vois pas bien ce qui ferait, comme par magie, que tout cela devienne parfaitement fluide et huile avec plusieurs fuseaux horaires, langues et différences culturelles supplémentaires.

Cette externalisation, ca ressemble plus à un aveu d'échec ou a une renonciation. "On ne maitrise pas nos coups informatique, donc on préfère refiler le risque (la patate chaude) a une boite externe".

C'est peut-être cette renonciation qui est la cle du problème. Avant cette ultime renonciation, on a déjà probablement du renoncer à mettre en place une organisation efficace, car on a du renoncer a certains changements, a recruter des compétences, a investir dans les équipes et dans les infrastructures, a prendre des risques, ... Rien ne garantie que les mêmes renonciations ne se reproduiront pas dans la nouvelle organisation.

C'est, a mon avis, ce qui passe lorsqu'on ne veut pas prendre de risque. Le risque est perçu comme un élément négatif en France. On pourrait voir ca plutôt comme une occasion de se planter ou de sortir du lot. Or, se planter ou sortir du lot, c'est toujours douloureux en France. Un échec, et on est définitivement classe parmi les incapables. Une réussite qui sort de l'ordinaire, et on fait parti des nantis et des profiteurs. Donc on préfère faire profil bas, ne pas sortir la tete de la melee et suivre le cours des choses en espérant qu'il n'y aura pas trop de vagues.

Que des salaries qui ont des enfants, une maison a crédit, et des responsabilités familiales en tout genre ne souhaitent pas prendre de risque, c'est parfaitement compréhensible et respectable. Que des entreprises qui se prétendent porteuses de projet industriels et d'ambitions internationales refusent d'en prendre, c'est déjà plus difficile a comprendre. Ca vaut pour la SNCF comme pour les SSII. Ces dernières sont les premières a pleurer les conséquences de l'outsourcing, mais combien d'entre elles cherchent à réinventer leur métier ? Probablement 1 ou 2 parmi plusieurs dizaines ou centaines. On espère que le cash va continuer a tomber, sans faire de R&D, sans investir dans les hommes, dans la formation, et on fait le dos rond.

Les clients de la SNCF n'y gagneront pas nécessairement plus. Comme pour toutes les restructurations ou délocalisations, on cherche d'abord a satisfaire les actionnaires. Je n'ai toujours pas compris a quoi a pu servir par exemple la privatisation des autoroutes et en quoi ca m'offrait plus de choix et de meilleures prestations.

Une petite lueur d'espoir viendra peut-être des pays nordiques qui arrivent un peu mieux que nous a gérer tout cela : respect des hommes, gestion des risques, innovation, productivité, projet de société, infrastructures, services publiques, ...

A court terme, je pense donc que les salaries de la DSIT on raison de se battre pour leur entreprise et pour leurs droits, mais qu'ils doivent sortir des cliches dans lesquels tout le monde les enferme. Il leur faut éviter de donner l'impression qu'ils sont les initiateurs du blocage et de la confrontation. Ils doivent trouver des modes d'action innovants. Ce type de forum sur internet est d'ailleurs un exemple intéressant d'alternative. Leur lutte concerne tout le monde et ils devraient y associer les collectivités territoriales, les syndicats des SSII (et pas leurs employés qui n'ont pas tellement de marge de manœuvre), les clients de la SNCF et M. et Mme tout le monde. Ils prennent pour l'instant très peu de place dans les médias, et sur les forums internet on parle plus de voyages-SNCF que des enjeux de société que symbolise leur lutte. Leur entreprise est emblématique et cette lutte pourrait servir aux autres salaries pour se faire entendre en particulier sur les sujets suivants : les délocalisations d'une part et le transfert de risque qu'on observe depuis plusieurs années des actionnaires vers les salaries.

Je pense qu'il y a partout en France des situations plus difficiles que celle vécues aujourd'hui par les salaries de la SNCF, mais en raisonnant comme ca, on finit par tout relativiser, même le pire. Pour ceux qui ont vraiment le sentiment de vivre un situation difficile, n'oubliez pas que plus que votre emploi, votre situation financière ou votre famille, c'est l'image que vous avez de vous même, votre estime de vous, votre gestion du stress et de vos angoisses qui vous aideront a traverser cette période. Prenez donc soin de vous au quotidien. C'est en tout cas le conseil que je me donne quand les choses ne se passent pas tout a fait comme je l'aurais souhaité.
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