France Télécom neutralise ses multiplexeurs pour porter à 99% le taux d'éligibilité à l'ADSL en France 

Le 30 septembre 2010 (16:34) - par La rédaction

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Rubriques : Réseaux et Télécoms - ToIP / VoIP - Haut débit / Accès Internet - Opérateurs et intégrateurs réseaux Tags : internet - haut-debit - adsl - france-telecom

Dans le cas de son plan "Conquêtes 2015" et à la demande de l'Arcep, France Télécom va progressivement neutraliser ses grands multiplexeurs, déployés à l'origine pour réaliser des économies de déploiement de la téléphonie fixe, mais qui on l'inconvénient de rendre les abonnés multiplexés inéligibles à l'ADSL. Une opération qui va permettre à près de 86.000 foyers aujourd'hui privés d'accès Internet de bénéficier du haut débit, ce qui devrait porter à plus de 99% la population éligible à l'ADSL en France.

France Télécom va investir 60 millions d'euros au cours des trois prochaines années pour permettre à près de 86 000 foyers aujourd'hui non éligibles à l'ADSL de pouvoir bénéficier d'un raccordement à haut débit sur paire de cuivre. L'objectif du plan est de permettre aux abonnés situés aujourd'hui derrière des multiplexeurs de bénéficier d'un accès à haut débit via l'ADSL.

Le déploiement des multiplexeurs a permis à l'opérateur de répondre à la demande croissante en lignes téléphoniques dans des zones où il était économiquement trop coûteux de déployer une ligne physique par abonné entre le  NRA et le logement de l'abonné. La technologie de multiplexage des lignes permet en effet de délivrer le téléphone à plusieurs habitations en multiplexant sur des plages de fréquences différentes plusieurs signaux téléphonique sur une même paire de cuivre (on évite ainsi de tirer une ligne entre chaque abonné et le central téléphonique là où économiquement cela ne fait pas sens). Ce procédé a eu l'avantage de permettre d'éviter la saturation des centraux téléphononiques lorsque le déploiement du téléphone s'est généralisé en France. Mais, il est incompatible avec le déploiement de l'ADSL, les plages de fréquences utilisées pour le multiplexage étant aussi sollicitées pour la mise en oeuvre de l'ADSL. Un vrai problème alors que la paire de cuivre est aujourd'hui plus convoitée pour son aptitude à délivrer du haut débit que du téléphone.

Une démarche qui répond aux demandes de l'Arcep
En s'attaquant au problème des multiplexeurs, l'opérateur historique répond aux "suggestions" de l'Arcep qui lui a demandé de s'occuper de leur cas. L'autorité a notamment demandé la suppression pure et simple des petits multiplexeurs (qui touchent quelques abonnés dans des quartiers périphériques où l'opérateur n'avait plus de réserves de lignes) et surtout le remplacement des gros multiplexeurs par des NRA (Noeud de Raccordement d'Abonnés). C'est de fait ce que va faire l'opérateur en transformant les sous-répartiteur multiplexés aval en noeuds de raccordement à même d'accueillir des DSLAM - jusqu'alors les DSLAM étaient dans le NRA amont et donc ne pouvaient desservir les abonnés multiplexés (voir schéma).

La bonne nouvelle pour les abonnés est que, dans certains cas, il profiteront de vrais hauts débits. Il n'y a en effet pas forcèment de corrélation entre l'usage du multiplexage et la distance de l'abonné au NRA. Donc dans certains cas, les abonnés "démultiplexés" profiteront des pleins débits de l'ADSL. Bien sûr ces nouveaux NRA seront ouverts au dégroupage pour les opérateurs tiers. Ce qui ne veut bien sûr pas dire qu'ils seront dégroupés. Dans la pratique cela parait d'ailleurs peu probable, la plupart étant en zones rurale, dont on sait qu'elles ne sont guère la priorité des opérateurs alternatifs, sauf bien sûr si une collectivité "participe" au déploiement...
 
Selon France Télécom, cette modernisation permettra de porter le taux de lignes éligibles au haut débit de 98,6 % à plus de 99 %. L'opérateur précise que le projet s'inscrit dans le cadre de son plan "Conquêtes 2015" et vise à améliorer la qualité du réseau téléphonique.

multiplexeurs

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Par Simone
 Le 01/10/2010 à 13:20
Pour rappel France Télécom n'existe plus, c'est France Telecom sans accents. et plus simplement Orange.
Orange a gardé le nom France Telecom sans accent pour ne pas troubler les personnes âgées, dixit le patron d'Orange à l'époque.
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Par tech
 Le 01/10/2010 à 15:34
quitte à investir, pourquoi pas directement en fibre? 60 Millions d'euros cela pouvait servir à fibrer dans les 60000 lignes (à 1000 euros par ligne) soit plus que les nouveaux abonnés au FTTH cette année! et cela aurait enfin permis aux mal lotis du cuivre de sauter directement une étape, parcequ' après ces travaux, il va falloir attendre longtemps pour obtenir une amélioration!
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Par La rédaction
 Le 01/10/2010 à 15:35
Que voulez-vous, être né à l'ère du monopole et du minitel et avoir passé les 17 dernières années à couvrir le secteur de l'IT pour la presse informatique et télécom a laissé à notre journaliste de vieilles habitudes orthographiques (et une forme de nostalgie).

Pour votre information, s'il vieillit, il n'est sans doute pas le seul, puisque même les sites web de l'opérateur, dont www.francetelecom.fr et www.orange.com, font référence au "Groupe France Télécom" dans leur bas de page.

LeMagIT, dans l'esprit de contrarier les modernes, continuera donc a utiliser l'accent qui sied si bien au "e" de Télécom. Et puis, le sinistre patron suppresseur d'accents a quitté la maison pour être remplacé par un nouveau qui est tellement GTB (voir http://www.orange.com/fr_FR/groupe/actus/gtb_power100.jsp). Une telle nouvelle ne pouvait se fêter que par des accents... de joie.

Cordialement,
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Par Christophe Bardy
 Le 01/10/2010 à 16:02
@tech : selon l'Arcep couvrir la france en Fibre optique coûtera 25 Milliards d'euros (alors que l'IDATE en prévoyait encore 40, il y a quatre ans et que la DATAR tablait sur 30 Md€ en mars dernier ) et prendra une quinzaine d'années. Toujours optimiste l'autorité estime que la moitié de ce coût sera payé par nos impôts via les financements publics des régions, départements et communes.

Bien sûr, la principale préoccupation de l'Arcep n'étant pas l'égalité des citoyens devant le haut débit, autant dire que l'autorité prévoit d'abord des déploiements urbains, avant le péri-urbain et le rural (entendez par là que des villes chères à mon coeur tel Auzat-La Combelle, au coeur de l'Auvergne, devront sans doute attendre 2025 à 2030 pour entrevoir la lumière au bout du fil...).

Sortir de l'ère du modem près de 100 000 foyers en moins de trois ans sans dépenser une fortune ne me semble donc pas absurde.
Pour ce qui est de la méthode, rappelez-vous que l'on parle de déploiement en zone rurale ou le réseau actuel est essentiellement en aérien(le bon vieux poteau téléphonique).En l'état actuel de la technologie, le fibrage coûterait donc sans doute bien plus cher que les 1000€ par foyer que vous évoquez (qui ressemblent plutôt au coût de raccordement actuel d'un foyer urbain dans une zone dense).

A l'heure où le principe de rentabilité a succédé à celui de la péréquation, on ne peut demander à France Télécom de porter seul le coût du fibrage des campagnes. En l'état il n'est donc pas choquant que l'opérateur investisse 60 M€ dans l'accès au DSL de foyers qui en sont exclus. Bien sûr une alternative serait de convaincre Free, SFR ou Completel de fibrer en priorité ces foyers pour apporter une vrai concurrence à France Télécom. Curieusement aucun d'entre eux ne s'est proposé d'assumer un tel investissement...
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Par Lennart
 Le 02/10/2010 à 09:38
Les intérêts privés sont moins enclins à installer de nouvelles lignes téléphoniques comme à l'époque des P & T ou le contribuable en général payait des impôts pour le développement global, mais ou le téléphone n'était pas forcement souhaité dans chaque foyer, la cabine de la Poste suffisant pour beaucoup.
Les temps ont changé, les campagnes se désertifient et les jeunes couples avec enfants voulant fuir les mégapoles se trouvent confrontés à ce problème de désertification technologique, alors qu'ils sont utilisateurs assidu de TV sur ADSL, d'internet sur téléphone mobile.
Cela sera de plus en plus difficile puisque les différents POS cherchent à concentrer les populations, alors la galère ne fait que commencer pour les quelques habitants de hameaux et petits villages à moins que la solution ne vienne du ciel mais à quel prix?
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