Virtualisation de serveurs : l'âge industriel
Pour la première fois en 2008, le nombre de machines virtuelles mises en service sur des serveurs x86 virtualisés a dépassé le nombre de serveurs physiques vendus dans le monde. Ce chiffre d'IDC en dit long sur la révolution qui frappe actuellement les centres informatiques des entreprises. Selon IDC, un peu plus d'un serveur sur 5 vendu dans le monde en 2009 sera virtualisé et ce chiffre devrait atteindre 60% en 2013. à ce stade, l'essentiel de la production informatique mondiale tournera dans des machines virtuelles.
L'ironie est que cette adoption de la virtualisation dans l'univers des serveurs AMD et Intel est en quelque sorte un retour aux sources. Née il y a près de 40 ans dans le monde des grands systèmes IBM avec l'apparition de VM, la technologie a fait un retour progressif dans le monde des systèmes distribués au cours des années 90 avec les premiers pas des systèmes de partitionnement logique pour grands serveurs Unix. Aujourd'hui c'est l'univers des serveurs banalisés, sur processeurs Intel ou AMD, qui connaît à son tour un engouement pour la virtualisation, un engouement dopé par la popularité de VMWare - dont les technologies seraient utilisées sur 80 à 90% des déploiements sur le marché français selon les intégrateurs et constructeurs que nous avons interrogé -, mais aussi par la montée en puissance de ses concurrents, au premier rang desquels Citrix, avec XenServer, mais aussi Microsoft, Avec Hyper-V, et Oracle avec Oracle VM.
Des environnements de test à la production
Les débuts de la virtualisation de serveurs se sont effectués dans les environnements de test et de développement, un scénario logique, étant donné que de nombreux développeurs utilisaient déjà des outils de virtualisation sur leurs postes clients à des fins de test et avaient pu valider les bénéfices de ces outils. Pour de tels environnements, la virtualisation avait plusieurs bénéfices, le principal étant sans doute l'activation très rapide d'un nouveau serveur de développement. Avec un hyperviseur, il est en effet très facile de constituer une bibliothèque d'environnement prêt à l'emploi que l'on peut déployer d'un simple clic. Cela permet d'activer en quelques minutes un environnement de test, mais aussi de le détruire en quelques minutes si besoin. Une quasi-instantanéité à comparer aux heures ou aux jours qu'il fallait autrefois pour configurer un serveur de test. Il est aussi très simple de cloner un environnement actif pour tenter une manipulation et vérifier sa faisabilité avant de l'exécuter sur un environnement réel. Nombre d'entreprises ont ainsi commencé par mettre en œuvre des hyperviseurs dans leurs environnements de test et de développement. Le tout couplé à des interfaces permettant aux utilisateurs de ces environnements d'activer eux-mêmes les machines virtuelles dont ils ont besoin.
Rapidement les entreprises ont ainsi pu tester les promesses de la virtualisation et les hyperviseurs ont peu à peu acquis leur lettre de noblesse, jusqu'à être jugés mûrs pour faire face aux exigence des environnements de production. C'est ainsi qu'en 2007, on a vu apparaître en France chez de nombreux grands comptes les premiers grands projets de virtualisation dans les datacenters.
La virtualisation, moteur de la consolidation de serveurs
La principale motivation pour l'adoption de la virtualisation reste la réduction des coûts liée à la consolidation de serveurs. C'est d'ailleurs avec cet objectif en tête que la plupart des grandes entreprises françaises ont lancé leurs projets de virtualisation. L'idée est relativement simple à comprendre. Un serveur x86 non virtualisé est en moyenne utilisé à 5 à 10% de ses capacités (ce qui, soit dit en passant, en dit aussi long sur les dérives des constructeurs et des entreprises en matière de conception et d'achat de serveurs). En virtualisant, une quinzaine de ces serveurs sur une machine de nouvelle génération, on peut espérer atteindre un taux d'utilisation moyen de 60%, c'est-à-dire utiliser réellement la puissance que l'on a payée.
| La virtualisation au service des applications fossiles |
| Dans certains cas, la virtualisation est un outil de préservation utile pour des applications anciennes que l'on souhaite mettre en sécurité. C'est ainsi qu'en 2006, l'équipementier automobile Lisi Automotive, a utilisé VMware pour mettre en sécurité des vieilles applications NT4 tournant sur des serveurs vieillissants et qui ne pouvaient plus évoluer ou pour lesquels les prestations de maintenance s'éteignaient. "Cela nous a permis d'assurer la disponibilité de ces applications avec même quelques bénéfices en terme de performances" expliquait alors Ghislain Gauthier le responsable infrastructure de l'équipementier. Depuis, nombreux sont ceux qui ont suivi son exemple... |
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Par g






