Après le Government Accountability Project (GAP), un groupe associatif qui surveille les organisations gouvernementales installées aux Etats-Unis, c’est au tour de Robert Van Pulley lui-même, le nouveau RSSI de la Banque Mondiale, de le confirmer, à demi-mots : Satyam a bien été exclu des marchés de la Banque Mondiale pour 8 ans en février dernier, une décision effective à la fin septembre 2008. A demi-mots seulement, car le tout nouveau RSSI de l’organisation s’est exprimé au téléphone, dans une conversation enregistrée avec le GAP, avant de se rétracter.
Richard Behar, le journaliste d’investigation de la chaine de télévision Fox News, qui a levé le lièvre fin octobre, a pu écouter l’enregistrement ; il indique y avoir entendu Robert Van Puley expliquer que Satyam a été banni pour « résultats insuffisants » et « manque de documentation des factures ». Et d’assurer avoir obtenu d’un porte-parole de la Banque Mondiale, qui souhaite conserver l’anonymat, la confirmation de l’exclusion de la SSII indienne pour huit ans. [Un porte-parole de la Banque Mondiale à New Delhi a, depuis, confirmé l'information, NDLR]
Des critiques qui restent bien éloignées des causes de la rupture entre le donneur d'ordre et la SSII évoquées par le GAP et Richard Behar. Ces derniers parlent eux d’intrusion et de divulgation de données confidentielles. Reste que la confirmation du clash pousse le journaliste à recentrer son investigation sur ces failles de sécurité, avérées selon les informations obtenues par le GAP.
Autre bizarrerie : cette exclusion aurait du être notifiée par Satyam à ses actionnaires, ainsi qu’à la SEC, l’autorité américaine de contrôle des marchés financiers. Pour l’heure, Satyam ne figure toujours pas sur la liste des entreprises bannies que la Banque Mondiale divulgue sur son site Web.
Dans la tourmente
Pour Satyam, l’annonce de la décision de la Banque Mondiale ne pouvait pas tomber à pire moment. Elle intervient en effet après que la direction de la SSII ait proposé 1,6 Md$ pour racheter des entreprises de BTP… à des membres de sa famille. Une offre aussitôt retirée sous la pression des investisseurs institutionnels, mais qui vaut tout de même à Satyam une enquête très officielle : non seulement le montant proposé semble farfelu, mais l’offre interviendrait alors que la direction de Satyam a vendu 600 000 de ses actions de la SSII depuis le début de l’exercice fiscal, entamé début avril 2008. Le Registrar of Companies de l’état indien de l’Andhra Pradesh - la chambre locale d’enregistrement des sociétés - doit rendre les conclusions de son enquête d’ici à la mi-janvier.














