469 000 sur le document fourni par la Dares (Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques) portant sur les tensions sur le marché du travail au 1er trimestre 2008. Contre 504 000 un trimestre plus tôt, selon la même source. Surprise dans le document publié récemment par l'organisme statistique du ministère du Travail : la population des informaticiens aurait connu une chute de 35 000 unités entre 2006 et 2007, sur la base des évaluations de l'Insee sur les effectifs moyens des différentes professions pour chaque année.
Plus que paradoxal à l'heure où les SSII parlent de "pénuries de compétences" et affichent des carnets de commandes assez fournis (voir notre billet de blog sur le sujet). D'autant que, dans le détail, ce recul serait dû à une diminution de 34 000 ingénieurs, tandis que la population de techniciens continue de s'accroître. Paradoxal encore, alors que le chômage dans la profession est en baisse.
Interrogé sur ce brusque écart - alors que la population d'informaticiens recensés était en croissance légère depuis de nombreux trimestres -, la Dares avance des explications... d'ordre technique. "Il s'agit, pour les effectifs annuels moyens, de résultats fournis par l'enquête annuelle sur l'emploi de l'Insee. Cette enquête, dite enquête emploi, est une enquête par sondage (au 1/450). Donc, une population de 500 000 personnes représente environ 1 100 questionnaires". Autrement dit, une variation de 35 000 personnes correspond à 80 questionnaires seulement. Une variation qui "n'est probablement pas significative", ajoute la Dares. L'administration mentionne également des problèmes de nomenclature à l'Insee.
Transfert des effectifs vers les prestataires et l'offshore ?
Surprenant tout de même, car l'historique des études trimestrielles de la Dares depuis deux ans montre une progression lente de la population des informaticiens, en ligne avec les remontées du marché. Alors ? Le Munci (Mouvement pour une union nationale et collégiale des informaticiens) avance deux autres explications. La première : un transfert massif des effectifs vers les prestataires. Schématiquement, pendant que ceux-ci recrutent de façon soutenue (avec 15 000 créations de postes en 2007 selon l'Unedic), les DSI des entreprises utilisatrices verraient leurs effectifs fondre comme neige au soleil, via des mises à la retraite ou des reconversions de leurs effectifs. Mais il faudrait alors que 47 000 emplois aient été supprimés par ces voies dans les entreprises utilisatrices.















