Syntec Informatique : une crise, quelle crise ?

Le syndicat professionnel des SSII et éditeurs de logiciels, Syntec Informatique, maintient ses prévisions de croissance du secteur pour 2008. Malgré la crise financière, malgré les nuages qui s'accumulent sur l'économie française, Jean Mounet, le président de l'organisation, prévoit une croissance du secteur comprise entre 5 et 7 %.

Le syndicat professionnel des SSII et éditeurs de logiciels, Syntec Informatique, maintient ses prévisions de croissance du secteur pour 2008. Malgré la crise financière, malgré les nuages qui s'accumulent sur l'économie française, Jean Mounet, le président de l'organisation, prévoit une croissance du secteur comprise entre 5 et 7 %. A l’automne dernier, la chambre patronale prévoyait un bond de 6,5 % sur l'année.

En réalité, le syndicat patronal a même volontairement minoré ses prévisions. Sans la prudence dictée par le climat économique actuel, la fourchette aurait été de 6 et 8 % de croissance. Ce choix traduit le manque de visibilité sur le quatrième trimestre de l'année, où la tendance actuelle – toujours très favorable – pourrait s'infléchir. « Et si on s'est trompé en minorant nos prévisions, personne ne nous en voudra. Alors que l'inverse... », commente un représentant du syndicat patronal. Qui assure que, même en cas de ralentissement brutal au quatrième trimestre, la croissance ne peut être inférieure à 5 % en 2008. Même si, dans ce cas, les effets de la crise se feraient pleinement sentir en 2009.

Pour Dominique Raviart, analyste senior au cabinet NelsonHall, « du fait de l'importance des activités récurrentes dans le chiffre d'affaires des SSII, en infogérance bien sûr mais aussi aussi en intégration avec des contrats dans l'applicatif, l'impact d'une récession ne se traduira que faiblement dans les résultats des sociétés de services en 2008. Le temps de latence est plus important qu'en 2002 ». Selon lui, les premiers signaux d'une crise sont à rechercher dans les sociétés de conseil en technologie (Altran, Alten, Assystem) ou dans les SSII pratiquant largement la régie (GFI, Devoteam, Teamlog, Sylis, Sogeti).

Forrester et Gartner : plutôt 3 %

Pour l'instant, l'orchestre continue à jouer sur le pont. Optimisme de rigueur. « Il y a un contraste majeur entre la valeur boursière ridiculement basse de nos sociétés ou le pessimisme ambiant et le moral de nos dirigeants », a martelé Jean Mounet. Pour lui, le ralentissement de la croissance économique n'affecte pas la demande des entreprises. « Le premier trimestre 2008 a été très bon, dans la lignée du quatrième trimestre 2007. Le taux d'occupation de nos collaborateurs est d'ailleurs historiquement élevé. » En 2007, le secteur des logiciels et services en France pesait plus de 40 milliards d'euros et a connu une croissance de 6,5 %, selon Syntec Informatique.

Si le syndicat professionnel conserve des prévisions assez optimistes, les principaux cabinets d'étude, comme Gartner ou Forrester, ont eux revu à la baisse leurs chiffres. Ils anticipent environ 3 % de progression de la dépense IT en Europe, le ralentissement affectant il est vrai avant tout les dépenses en matériel. En France, lors de l'annonce de leurs résultats, toutes les SSII se sont livrées à un délicat exercice d'équilibriste, mélangeant bonnes nouvelles dans les résultats 2007 et les commandes pour 2008 et prudence affichée. Seul Devoteam est allé plus loin, en indiquant clairement s'attendre à une crise et en sentir les premiers frémissements.

Carton plein pour l'offshore

Si cette crise survenait, elle pourrait bien sûr se traduire par une diminution des volumes d'affaires, mais aussi par une pression sur les prix. Un sujet où les SSII seraient alors prises en tenailles entre les attentes de leurs clients et celles de leurs collaborateurs. A l'instar des salariés de Capgemini, où les syndicats ont appelé à une grève demain et mardi pour obtenir une revalorisation des salaires, les consultants en SSII entendent bénéficier de la bonne santé de leur entreprise. Une demande pressante, comme nous l'ont confirmé plusieurs représentants de SSII. Cette situation pourrait ouvrir un boulevard à l'offshore.

Déjà celui-ci semble bénéficier largement de l'effet ciseau vécu par les SSII. Selon Syntec Informatique, l'offshore pèse 5 % du chiffre d'affaires des services en 2007, après une croissance comprise entre 40 et 50 % tant en 2006 qu'en 2007. Une progression plus rapide que ce qu'estimait l'organisation en 2005. « A 90 %, il s'agit d'activités de sous-traitance pour des SSII occidentales », précise-t-on au Syntec. Reste que, comme le note Dominique Raviart, 5 % du chiffre d'affaires équivaut tout de même à environ 10 % des activités en jour.homme parties sous d'autres cieux. Déjà plus que significatif.

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