Stratégie : IBM tire la Business Intelligence vers la case services

Mouvement majeur chez IBM Global Services. L’activité services de Big Blue se dote d’une vaste division dédiée à la Business Intelligence. Au-delà de l’effet d’opportunité sur l’un des rares segments porteurs en cette période de crise, une manière pour le groupe de pousser son portefeuille d’outils de gestion de l’information constitué, à coup de rachats, autour des offres d'Ilog et de Cognos. Et de proposer une vision alternative à l’approche applicative de SAP-BO et Oracle.

Passée relativement inaperçue il y a quelques semaines, l’annonce du lancement d’une division 100% orientée Business Intelligence au sein d’IBM Global Services – la SSII désormais au cœur de l’activité de Big Blue – annonce une évolution majeure. C'est à la fois l'épilogue des rachats du canadien Cognos en 2007 et du français Ilog en 2008 et le révélateur du désir d'IBM de mettre systématiquement les services en pointe de l’offre technologique. La société insiste d’ailleurs sur la dimension « historique » de la réorganisation, affirmant qu’il s’agit « du premier lancement d’une nouvelle ligne de services par IBM Global Business Services depuis la création de cette dernière en 2002, à la suite du rachat des activités de conseils de PricewaterhouseCoopers. »
Selon Fred Balboni, un vétéran d’IBM Global Services qui dirigera au niveau mondial les 4 000 consultants qui seront versés dans Business Analytics and Optimization Services (BAO) - nom de la nouvelle entité –, « les activités d’analyse et d’optimisation vont devenir incontournables dans la manière dont les entreprises seront dirigées et incontournables dans l’ensemble de nos pratiques professionnelles ». Une manière de traduire la vision de Big Blue qui, par l’intermédiaire de Ambuj Goyal, d’IBM Software, expliquait en juin dernier dans nos colonnes que les applicatifs d’entreprise seraient bientôt supplantés en terme d’investissement par les outils de gestion de l’information.

Certes, la nouvelle organisation du groupe d’Armonk répond aux impératifs de la conjoncture : l’ensemble des analystes du secteur considère que ce segment devrait continuer de croître durant la crise, voire en profiter. Wilfrid Guerit, directeur des activités de services CRM & BI chez IBM GS France et partie prenante pour l’Hexagone de la mise en place de BAO, explique ainsi que « si le marché informatique baisse un peu du fait de la crise ce n’est pas le cas de la BI. Dans un contexte difficile, prendre des décisions rapides et bien instruites devient un élément encore plus stratégique du pilotage des entreprises ». Au-delà de l’aspect conjoncturel, l’approche du décisionnel par les services est également l’occasion pour IBM de proposer une démarche réellement alternative face à SAP – nouveau leader du marché via le rachat de Business Object – et Oracle, tout deux partant de l’applicatif.

A la clef, partout dans le monde, une activité dédiée qui pourra jouer sur l’ensemble des leviers du groupe : matériel, logiciel et surtout R&D. Selon Wilfrid Guerit, ce dernier point est essentiel, tant les requêtes des clients en matière de décisionnel peuvent être complexes dés lors que l’on cherche à optimiser le passage de la remontée d’information à la décision puis à l’action. « Dans notre dernière étude CEO 2008, 30 % des dirigeants affirmaient prendre leurs décisions à l’intuition. C’est un taux d’autant plus important que bien souvent l’information existe. Le problème réside dans sa remontée mais surtout dans son exploitation. Avec BAO, nous souhaitons donner du sens à la donnée et transformer l’information en modalité d’action, le tout en temps réel. »

En savoir plus

Entretien avec Ambuj Goyal, directeur général de l'activité gestion de l'information d’IBM Software

Les grandes tendances du décisionnel exprimées lors du Gartner Business Intelligence Summit 2009 et commentées par Jean-Michel Franco, directeur solutions chez Business & Decision et expert en matière de BI

Entretien avec Wilfried Guerit, IBM Global Services qui explique en quoi les outils BI sont trés complets mais que cela ne suffit pas

 

Une difficulté d’exploitation des données déjà stigmatisée fin janvier lors du Gartner Business Intelligence Summit 2009 par les analystes du cabinet. Ces derniers mettent notamment en cause la perte de confiance entre directions opérationnelles et DSI et s’attendent à une reprise en main importante par les premières d’ici 2012. Et d’estimer que, côté fournisseur, ce mouvement devrait favoriser les offres analytiques intégrées incluant notamment – au delà de la dimension reporting – des outils de CPM (corporate performance management), d’analyse marketing en ligne et de prévisions.

Une vision reprise quasiment point par point par IBM qui précise que BAO s’organisera autour de cinq pôles, tous sous le contrôle de l’équipe mise en place par Fred Balboni : la stratégie, la BI et le BPM proprement dit, l’optimisation et l’analyse avancées, la gestion des processus d’information et la gestion de contenu. Autant de segments qui s'appuient sur l’étendue du portefeuille d’outils d’IBM. Portefeuille qui ne cesse de s’accroitre, Big Blue ayant annoncé il y a quelques jours – par la voix d’Ambuj Goyal - le rachat d’Exeros, petite société de la Silicon Valley spécialisée dans l’optimisation de la remontée d’information depuis les bases de données. Sur l’ensemble de la couche « gestion de l’information » - le pendant logiciel de BAO donc –, il s’agit de la seizième acquisition en un peu plus d’un an, depuis le rachat de Cognos.

Reste à mettre en musique ces outils et à séduire les utilisateurs à la recherche certes de solutions facilitant les prévisions, mais également d’approches rapides, moins coûteuses et simples à intégrer. Tout l’enjeu de la nouvelle division Analytics and Optimization Services.

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