Messagerie de santé : l’Asip estime le Saas pas assez mature et opte pour l’Open Source

L’ Agence des systèmes d’informations partages de santé a déclaré infructueux un appel d’offres portant sur la messagerie sécurité de santé du DMP. Les solutions en mode service proposées en réponse ne correspondent pas au référentiel d’interopérabilité mis en place par l’agence. La messagerie s’adossera donc à des outils Open Source.

En matière de messagerie sécurisée dans le domaine de la santé, le Saas n’est pas conforme aux critères de sécurité. C’est l'un des constats que l’on pourrait retenir suite à la décision de l’Asip Santé (Agence des systèmes d’informations partages de santé) de déclarer «infructueux» l’appel d’offres portant sur la mise en place d’une messagerie sécurisée pour le personnel de santé. Fi le Saas, retour à des basiques traditionnels Open Source.

Ce service de messagerie doit notamment être la pierre angulaire du DMP (dossier médical partagé) - dont la mise en place est à la charge de l’Asip Santé -, en proposant un service d’échanges de messages entre professionnels de santé au sein du dossier. Ces services doivent également être intégrés aux logiciels de santé, dont la vocation est d’être compatibles avec le DMP. «Avec le DMP (dossier médical personnalisé) et la CPS (carte de professionnel de santé), la messagerie sécurisée de santé fait partie des chantiers prioritaires», indique un porte-parole de l’Asip Santé.

L’organisation publique a lancé un appel d’offres en début d’année portant sur la fourniture d'un service de messagerie sécurisée de santé»  dont deux caractéristiques étaient  «la conception, la fourniture et le maintien en condition opérationnelle d'un service d 'échange entre professionnels de santé dans les conditions d'hébergement conformes au décret « hébergeur », ainsi que «l'accompagnement et la fourniture de moyens aux éditeurs de logiciels à destination des professionnels de santé et souhaitant intégrer le service d'échange entre professionnels de santé au sein de leur produit».
Cet appel d’offres s’appuyait sur un cahier des charges qui s’adosse notamment à un cadre d’intéropérabilité très précis initié par l’Asip Santé en 2009, ainsi qu’à une concertation avec les professionnels de santé, souligne encore l’Asip.

Mais, «seules très peu de réponses, et de qualité médiocres, ont été fournies, et ne répondaient pas au cahier des charges ni aux critères et spécifications définis par ce cadre précis», résume son porte-parole, qui pointe, très prudemment, les carences des propositions en matière de sécurité et d’interopérabilité. En cause, les rouages et mécanismes du Saas, et leur absence de visibilité.  «L'achat de prestations informatiques sous la forme de services globaux (du type « Software as a Service ») est aujourd'hui fondé sur des coûts liés à l'usage qui correspond à de nouveaux modèles économiques et de nouvelles relations contractuelles entre clients et fournisseurs informatiques. Cet exercice impose une juste répartition des risques entre les acteurs pour des prestations nouvelles pour lesquelles on ne bénéficie pas encore d'un recul important», indique l’Asip Santé. Autrement dit, un flou artistique sur des points clés qui pourraient «exposer les industriels soit à renoncer à s'engager, soit à proposer des conditions économiques aussi prudentes pour eux que peu avantageuses pour l'acheteur ».

Du coup, il a été décidé de «travailler en interne sur des technologies Open Source». Les développements de la futures messagerie seront ainsi effectués par des équipes de l’Asip Santé - l’agence dispose d’ingénieurs qualifiés dans les systèmes de santé ainsi que dans certains systèmes métiers (comme le projet d’interopérabilité sémantique) - ainsi que par des prestataires de services extérieurs. L’Asip ne ferme toutefois pas la porte au mode service et indique que «cette stratégie d'achat pourra être revue à l'avenir en fonction de la maturité du secteur». Mais pour l’heure, retour aux traditionnelles solutions Open Source.
Une stratégie qui devrait permettre de réaliser une économie importante, précise encore l’Asip.

Toutefois, aucun changement quant à la date de mise en place. L’Agence vise toujours un déploiement pour 2013, qui sera précédé d’un pilote en collaboration avec les professionnels. Dès septembre, les éditeurs recevront quant à eux les spécifications techniques.

Pour l’heure, l’Asip Santé ne souhaite pas communiquer sur les solutions Open Source retenues et indiquent que le choix est encore à l’étude. Aucun nom de solutions Saas ayant concouru dans l’appel d’offres n’ont été mentionnées.

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