L’Asip Santé donne le coup d'envoi de sa messagerie sécurisée

Le 6 décembre dernier a débuté la mise en place des premières messageries MSSanté auprès de 15 établissements pilotes, a indiqué la semaine dernière l’Asip Santé (l’Agence des systèmes d’information partagés de santé), à l’occasion d’un point presse.

Le 6 décembre dernier a débuté la mise en place des premières messageries MSSanté auprès de 15 établissements pilotes, a indiqué la semaine dernière l’Asip Santé (l’Agence des systèmes d’information partagés de santé), à l’occasion d’un point presse. Ce premier déploiement est le coup d’envoi d’un vaste projet IT gouvernemental, soutenu par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, dont l’objectif est de mettre en place une infrastructure de messagerie sécurisée favorisant les échanges entre tous les professionnels de la chaîne de santé tout au long du parcours d'un patient.

Cette messagerie est l’un des dispositifs intégrés au DMP (Dossier Médical Personnel). En proposant un service d’échange sécurisé, elle doit notamment permettre d’alimenter ce dossier patient électronique. Comme le DMP, son parcours a également été semé d’embûches. Après avoir lancé un appel d’offres à partir de spécifications et d’un cahier des charges très rigoureux, l’Asip Santé avait déclaré infructueux l’appel d’offres, faute de réponses cohérentes en matière de sécurité et d’interopérabilité. Abandonnant toute approche Cloud et SaaS, elle avait alors décidé de réinternaliser les développements et d’opter pour des technologies Open Source.

Réalisée en concertation avec les ordres professionnels, la messagerie MSSanté vise avant tout à créer « un espace de confiance », résume Vladimir Vilter, responsable du projet, et de créer un cadre commun, indique-t-il rappelant qu’il existe déjà des initiatives de messageries sécurisées sur le territoire. Mais des projets isolés et surtout non intéropérables et non respectueux des règles de sécurité et de confidentialité des données.

Une messagerie basée sur le logiciel Zimbra

Le moteur de MSSanté repose sur une base Zimbra classique à laquelle se greffe un annuaire MSSanté qui recense tous les utilisateurs ayant un compte - leur ordre respectif y est également mentionné. L’Asip Santé a mis l’accent sur la sécurisation de la plate-forme en proposant un mode d’authentification forte à deux facteurs, le premier avec la carte professionnelle (CPS) et le second, via un duo identifiant - mot de passe, associé à un code d’accès à usage unique. Un système que Vladimir Vilter estime « étanche ». En outre, la messagerie fonctionne comme un système fermé, uniquement accessible à des professionnels de santé identifiés (via la CPS) et ne permettant que des échanges internes à cette même messagerie.

Ce dispositif comprend également un volet mobilité, qui permet via une application iOS et Android, de rattacher au service un ou plusieurs terminaux. Un QR code, valable 2 minutes, permet d’associer le terminal mobile à la plate-forme - ce dispositif a été élaboré en collaboration avec la Cnil, précise Vladimir Vilter. Des outils de gestion sont également proposés permettant par exemple de bloquer ou de supprimer un appareil en cas de perte ou de vol. Enfin l’Asip Santé confirme travailler à un client Thunderbird. Ce client ainsi que l’application mobile devraient être disponibles en avril 2014.
Pour rejoindre le projet MSSanté, les établissements de santé, « au coeur du dispositif », rappelle l’Asip, peuvent devenir « des opérateurs de messagerie, peuvent s’appuyer sur un opérateur tiers et référencé dans une liste blanche ou encore équiper leur personnel soignant d’une boîte aux lettres sécurisée en utilisant le premier service MSSanté », précise encore l’agence.

Le déploiement auprès des 15 établissements bêta-testeurs (5 CHU, 5 CH, 1 ESPIC - établissements de santé privés d’intérêts collectif - , 2 cliniques, 1 CLCC) devrait permettre de « roder le dispositif d’accompagnement », souligne Claire Lenain, en charge du déploiement de MSSanté à l’Asip. Une nouvelle phase sera ensuite initiée en janvier 2014 auprès de 3 000 établissements de santé. Il s'agira de les accompagner « à leur rythme » vers l’adoption de MSSanté. L’agence, qui indique qu'« Il existe une vraie attente » a présenté un protocole d’accompagnement pour les établissements.

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