JPMorgan massacre Capgemini et Dassault Systèmes, qui s’effondrent en bourse

Les banques d’affaires ont beau avoir montré leurs limites - doux euphémisme -, les marchés boursiers très nerveux suivent toujours leurs recommandations. Résultats : quand JPMorgan abaisse ses prévisions sur Capgemini et Dassault Systèmes, les titres des deux vedettes françaises de l'IT chutent lourdement. Sans que l’argumentaire des analystes ne soit réellement transcendant.

Jeu de massacre aujourd’hui à la bourse de Paris. La banque d’affaire américaine JPMorgan a mis à mal deux des fleurons de l'IT français : Capgemini, numéro un hexagonal des services informatiques, et Dassault Systèmes, le premier des éditeurs de logiciel français. En cause ? L’impact qu’aurait, selon les oracles de l’établissement financier, la crise qui s’annonce pour le secteur industriel américain, fortement consommateur d’informatique.

Ainsi la recommandation pour Capgemini est passé de « surpondérer » à « neutre » tandis que celle de Dassault Systèmes dégringole de « neutre » à « souspondérer ». Ces notations indicatives agissent comme un véritable baromètre pour les investisseurs et notamment les petits porteurs. Le résultat a été immédiat. Quelques heures après qu’elles aient été rendues publiques, la sanction est tombée : à la clôture, Capgemini rendait 15,45 % à la bourse de Paris et Dassault Systèmes reculait de 12,26 % sur un marché à l’agonie, qui a vu le CAC 40 chuter de 9,04%.

Cap, une SSII solide mais...

Et pourtant dans son analyse JPMorgan reconnaît que Cap est plutôt bien armé pour résister, notamment du fait de ses compétences en externalisation qui risquent très vite d’être sollicitées par des entreprises impatientes de rentrer des liquidités à court terme tout en optimisant leurs coûts à moyen terme. Donc, globalement, JPMorgan estime la SSII plutôt solide mais pronostique qu’en temps de crise majeure, tout le monde est susceptible d’être affecté… 

Cette valse des recommandations est habituelle et toutes les entreprises cotées savent qu’elles doivent s’y soumettre. Reste que le dispositif repose essentiellement sur la qualité des analystes et sur la crédibilité de leur institution.

Dans une période trouble pour le système bancaire, notamment américain, JPMorgan fait partie des rares établissements qui semble devoir tenir le choc. Mais il est fortement soupçonné de savonner la planche de ses petits camarades. Des informations du Sunday Times, relayées en France par le site du Nouvel Observateur, font état d’une intervention de cet établissement ayant entraîné la chute de Lehman Brothers.

Après avoir participé à l’allumage de l’incendie, JPMorgan semble vouloir jouer les pompiers pyromanes en orientant les investissements… quitte à saborder les quelques secteurs qui, jusqu’à présent, s’avéraient plutôt rassurant face à la crise.

A lire en complément : les interviews de Jean Mounet (Syntec Informatique) et de François Enaud (Steria) sur les conséquences de la crise financière.

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