François Enaud, Steria : « avec Xansa, nous avons le bon profil pour traverser la crise »

Pour le Pdg de Steria, SSII qui s'est récemment renforcée à l'offshore via le rachat de l'Anglais Xansa, l'impact de la crise financière sur sa société est nul. Du moins pour l'instant. Steria estime également avoir le profil idéal pour traverser la tempête, grâce précisément à sa récente acquisition.

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Avez-vous déjà une idée précise des retombées qu'aura la crise financière sur l'activité de Steria ?
François Enaud : Nous suivons la crise des marchés financiers au jour le jour. Il est difficile d'évaluer l'impact qu'aura à terme cette crise sur nos métiers. Ce qu'on peut dire en revanche, c'est qu'aujourd'hui nous restons sur le même rythme d’activités. Pour ce qui concerne Steria spécifiquement, nous n'avions aucune exposition directe aux établissements touchés par la crise. Je reste donc en mesure de maintenir les objectifs que j'ai annoncés pour la société (notamment une marge opérationnelle proche de 8 % en 2008 et un retour de la croissance au second semestre, ndlr : voir notre traitement des récents résultats semestriels de la société).

Et pour 2009 ?

F.E. : Evidemment, la crise aura des conséquences à terme. Mais je pense qu'à l'occasion de cette crise, on va tous réaliser que l'IT n'est plus une variable d'ajustement dans les entreprises. Qui plus est, l'informatique s'est fortement industrialisée ces dernières années. La base est donc saine. Il n'y a plus beaucoup de "gras" dont les entreprises pourraient facilement se passer.

Bien sûr, les banques peuvent réduire leurs investissements dans les nouveaux projets - ce qui risque de toucher le conseil - ou le volume de leurs régies. Mais pour les prestataires qui ont des offres industrialisées, cette crise constitue une opportunité. Je suis ravi d'avoir pu mener à bien le rachat de Xansa (SSII anglaise fortement présente en Inde et rachetée par Steria en octobre 2007), malgré la nervosité des marchés autour de cette opération à l'époque. Cette acquisition, grâce à laquelle nous sommes bien positionnés sur l'externalisation et le BPO, nous confère le profil idéal pour traverser cette crise. Je suis convaincu que les banques notamment vont déplacer leur énergie des nouveaux projets vers les problématiques d'externalisation et d'industrialisation de leur informatique, domaines où elles affichent un retard important.

Steria réalisait au premier semestre 26 % de son activité dans les services financiers. Quelle est la part de régie ?
F.E. : Elle est très faible. Nous avons quelques régies sur ce secteur d'activité en France et en Espagne. Pas du tout en Allemagne ou en Angleterre. Au niveau du groupe, la régie représente une part très minoritaire de notre activité.

Quelles hypothèses de travail avez-vous retenues pour élaborer le budget de Steria en 2009 ?

F.E. : Je privilégie la prudence en écartant des hypothèses de croissance trop élevées. Même si je crois que, in fine, nous dépasserons ce niveau. Nous sommes en effet actuellement en pleine analyse de notre plan de développement à trois ans. Et toutes les remontées de nos patrons de pays ou de nos lignes d'activité démentent pour l'heure une crise sévère. Nous sommes toujours en ligne pour faire une croissance à deux chiffres en 2010.

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